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Carlos Alcaraz prêt pour le défi face à Ben Shelton

Carlos Alcaraz n’a pas cherché à minimiser l’ampleur de ce qui l’attend. Au lendemain d’une semaine parisienne parfaitement maîtrisée, l’Espagnol s’avance vers une finale explosive du Rolex Paris Masters contre Ben Shelton, l’homme qui a brisé sa défense de titre à l’US Open il y a quelques semaines.

« Je suis prêt à affronter Ben Shelton en finale. C’est probablement l’un des défis les plus difficiles que l’on puisse avoir en ce moment dans le tennis », a lancé le numéro 3 mondial. Le ton est donné.

De la nuit new-yorkaise à la lumière parisienne

Leur dernière rencontre remonte à septembre, à New York. Un quart de finale incandescent, cinq sets, une fin de match à 3h34 du matin, et un vainqueur : Shelton. Ce soir-là, Alcaraz quittait l’US Open, son titre en poche mais son trône vacillant, au terme d’un combat qui avait laissé des traces.

C’était aussi son premier tournoi après quatre mois d’arrêt pour soigner un poignet récalcitrant. Depuis, le décor a changé. Le corps a répondu, le jeu s’est affûté, la confiance est revenue. À Paris, Alcaraz n’est plus en convalescence. Il est en mission.

Ruud balayé, message envoyé

En demi-finale, Casper Ruud n’a jamais vraiment existé. Victoire sèche, 6-4, 6-4, en 86 minutes. Une partition clinique, mais jouée avec une autorité qui rappelle ses plus grandes semaines.

Alcaraz a régné sur tous les compartiments : 86 % de points gagnés derrière sa première balle, 20 coups gagnants dont 13 en coup droit, 11 points pris sur 13 au filet. Une seule balle de break convertie par set, mais à chaque fois au moment juste. Et pour sceller l’affaire, un ace pour conclure chaque manche, comme un point d’exclamation planté en plein cœur de l’Accor Arena.

Ruud, déjà battu par l’Espagnol en finale de l’US Open 2022 pour offrir à Alcaraz son premier titre du Grand Chelem et le sommet du classement mondial, a une nouvelle fois constaté l’écart. Dans la capitale française, l’Espagnol a semblé jouer un tennis d’un niveau au-dessus.

L’homme qui n’avait jamais dépassé les quarts à Paris se retrouve désormais en finale de son premier Masters 1000 dans la ville, et a atteint la finale dans sept des neuf tournois de cette catégorie qu’il a disputés. Une statistique qui dit tout de son appétit et de sa constance, malgré une saison tronquée.

Une saison tronquée, une dynamique irrésistible

Malgré une longue absence, Alcaraz a signé une saison de haut vol. Seuls Ben Shelton et Jannik Sinner ont, comme lui, atteint six finales sur le circuit en 2026. La différence, c’est que l’Espagnol arrive à Paris lancé par une série qui commence à peser : il n’a perdu qu’un seul de ses 16 derniers matchs depuis sa défaite face à Shelton à New York.

Il reste surtout sur huit victoires consécutives, série entamée par son titre à Vienne la semaine dernière, symbole d’un retour au premier plan après sa blessure. Son tennis, lui, a retrouvé cette intensité électrique, cette capacité à accélérer à tout moment qui avait fait de lui le plus jeune numéro 1 mondial de l’histoire.

« Je vais profiter de ce moment, parce que je courais après cette finale ici depuis longtemps. Ça va être un grand jour pour moi », a-t-il confié. Paris, longtemps frustrante, devient enfin le théâtre de ses ambitions.

Shelton, l’Américain qui bouscule la hiérarchie

En face, Ben Shelton ne viendra pas en figurant. Le numéro 4 mondial, finaliste de l’US Open cette année, a renversé Luca van Assche en trois sets, 5-7, 6-3, 6-4, porté par une confiance qui ne cesse de gonfler en cette fin de saison.

Avec 45 victoires en 2026, son meilleur total en carrière, l’Américain s’est installé durablement dans le haut du panier. À Paris, il devient le premier finaliste américain en simple chez les hommes depuis 2017. Un symbole de plus de son ascension fulgurante.

« Évidemment, Carlos est en forme incroyable. C’est déjà une jeune légende de notre sport et chaque match qu’il joue est un blockbuster », a reconnu Shelton. Les mots sont forts, mais le contexte l’est tout autant.

Car si Shelton a remporté leur dernier duel à l’US Open, le face-à-face global penche nettement en faveur d’Alcaraz, vainqueur des trois premières confrontations. Et l’Américain, aussi explosif soit-il, a souvent buté sur les tous meilleurs lors des grands rendez-vous.

Une finale qui dépasse le simple titre

Tout est en place pour un choc de styles et de trajectoires. D’un côté, Alcaraz, le prodige déjà titré en Grand Chelem, en quête de reconquête après les blessures et décidé à réaffirmer sa place au sommet du jeu. De l’autre, Shelton, incarnation de la nouvelle vague américaine, service tonitruant, énergie brute, capable de faire exploser un match en quelques jeux.

Alcaraz sait ce qui l’attend. Shelton aussi. L’un veut effacer le souvenir d’une nuit new-yorkaise qui lui a échappé, l’autre veut prouver que sa victoire de septembre n’était pas un accident.

Paris n’offre pas de titres faciles. Celui-ci, encore moins. Reste une question : au moment de servir pour le trophée, qui aura le dernier mot dans cette rivalité naissante qui pourrait bien marquer la décennie à venir ?