US Open : les sœurs Williams s’inclinent après un combat épique
Elles ont fait remonter le temps. Elles ont rallumé le bruit, la ferveur, la légende. Mais pas le score. Serena et Venus Williams ont chuté dès le premier tour du double dames de l’US Open, battues par Maya Joint et Chan Hao-Ching au terme d’un combat de plus de trois heures : 6-3, 6-7 (8-6), 7-6 (10-7).
Un match de nuit, un stade plein, une affiche que personne n’osait encore espérer. Les deux icônes disputaient leur premier tournoi du Grand Chelem ensemble depuis l’US Open 2022, vingt-sept ans après leur premier sacre commun à New York. Entre-temps : 14 titres du Grand Chelem en double, deux couronnes à Flushing Meadows, trois médailles d’or olympiques, et 30 titres majeurs en simple cumulés. Un héritage qui pesait sur chaque échange.
Une remontée, un trou d’air, et une fin cruelle
Le scénario a épousé leur carrière : dramatique, intense, parfois irrationnel. Menées une manche à rien, les Williams ont arraché un tie-break dans le deuxième set, convertissant enfin leur cinquième balle de manche lorsque le smash de Joint a terminé derrière la ligne. Le stade Arthur Ashe a explosé. Les bras levés, Serena a rugi, Venus a serré le poing. L’illusion d’un nouveau chapitre prenait forme.
Le troisième set a suivi la même voie : personne ne lâchait, chaque jeu de service devenait une épreuve. Pour la première fois depuis 2001, les deux sœurs passaient la barre du 5-5 dans un troisième set en double en Grand Chelem. La nuit avançait, mais leur tennis, par séquences, retrouvait la lumière.
Arrive alors le super tie-break décisif. Les Williams s’envolent, 5-0. Le public se lève, déjà prêt à célébrer un retour gagnant. Les cris redoublent à chaque point, chaque échange gagné semble repousser le temps.
Puis tout s’effondre. Point après point, Joint et Chan grignotent l’écart. Les fautes s’installent dans les raquettes des Américaines, la fluidité disparaît. Le 5-0 se transforme en cauchemar. Chan conclut finalement la rencontre d’une volée, mettant fin à la folle tentative de come-back. 10-7. Rideau.
Une nuit de légende… pour la relève aussi
Face à elles, une jeune joueuse de 20 ans a vécu un été qu’elle n’oubliera jamais. Maya Joint, Australienne, avait déjà créé la sensation à Wimbledon en battant Serena en simple sur le Centre Court. La voilà de nouveau face à son idole, cette fois dans un Arthur Ashe comble de 23 000 spectateurs.
Sur le court, Joint a laissé filtrer son émotion : jouer contre « de telles légendes du jeu » était « super spécial ». Elle a rappelé qu’elle avait grandi dans le Michigan, en admirant les deux sœurs, avant de les affronter deux fois en un été. Une trajectoire qui dit beaucoup de la bascule des générations.
Les organisateurs avaient offert des wild cards à Serena, 44 ans, et Venus, 46 ans. Le pari a été largement rentabilisé : chaque point gagné par les deux championnes a été accueilli comme un titre, chaque amortie, chaque volée gagnante déclenchant une ovation. Arthur Ashe vibrait comme aux plus grandes heures de leur règne.
Le retour de Serena en simple en ligne de mire ?
La soirée a aussi alimenté une autre intrigue : Serena va-t-elle revenir en simple ? Caroline Wozniacki, aujourd’hui consultante pour ESPN, a affirmé à l’antenne qu’elle pensait que la détentrice de 23 titres du Grand Chelem en simple envisageait un retour sur le circuit l’an prochain. La décision n’a pas été confirmée, mais la simple idée suffit à enflammer l’imaginaire du tournoi.
Serena, déjà apparue affûtée à Wimbledon, avait montré de belles choses en double mixte la semaine précédente aux côtés de Carlos Alcaraz. À New York, malgré deux jeux de service concédés qui leur coûtent le premier set, sa mise en jeu est restée solide par séquences, agressive, capable encore de faire reculer n’importe qui.
Un point résume la soirée : une volée tranchante de Venus, suivie d’un coup gagnant décroisé de Serena. Arthur Ashe s’est levé comme un seul homme, conscient d’assister, peut-être, à l’une des dernières grandes étincelles du duo.
Après la défaite, la Fédération américaine de tennis a indiqué que les sœurs Williams ne seraient pas disponibles pour des commentaires. Le silence, cette fois, a remplacé les adieux officiels. Mais la question plane : était-ce vraiment la dernière danse en double à New York ?
Tsitsipas se fraye enfin un chemin, Tiafoe déroule
La soirée n’a pas appartenu qu’aux Williams. Sur les autres courts, un autre scénario de reconstruction s’est écrit. Stefanos Tsitsipas, revigoré, a renversé Jiri Lehecka, tête de série numéro 18, après avoir perdu le premier set : 2-6, 6-1, 7-6 (7-3), 6-1. Le Grec atteint pour la première fois de sa carrière le quatrième tour de l’US Open, une étape longtemps restée hors de portée dans ce tournoi où il a souvent buté trop tôt.
Son tie-break du troisième set a fait basculer la rencontre. Une fois ce passage serré négocié, Tsitsipas a déroulé, imposant son rythme et sa puissance, laissant Lehecka à distance.
Sur un autre court, Frances Tiafoe, tête de série numéro 11, n’a pas traîné. L’Américain a dominé Valentin Vacherot, représentant de Monaco, en trois manches maîtrisées : 6-4, 6-2, 6-4. Sérieux, appliqué, il avance dans son tableau sans fracas, mais avec l’efficacité de ceux qui visent loin.
Pendant que la nouvelle génération trace sa route, Serena et Venus ont offert, peut-être, un dernier grand frisson new-yorkais. La relève gagne, la légende résiste encore par instants. Combien de temps ce fil pourra-t-il encore tenir ?




