Alcaraz en finale du Rolex Paris Masters contre Ben Shelton
Carlos Alcaraz retrouve le sommet. Et, à Paris, le sommet a un nom : Ben Shelton.
Après avoir frôlé la sortie de route en quart de finale face à Taylor Fritz – deux balles de match sauvées, un retour venu de nulle part –, l’Espagnol a cette fois plié l’affaire sans trembler contre Casper Ruud. Victoire sèche, 6-4, 6-4, et première finale au Rolex Paris Masters pour le numéro trois mondial.
Alcaraz, le retour du patron
On l’avait quitté meurtri, stoppé net par une blessure au poignet et une saison coupée pendant quatre mois. On le retrouve en patron, chiffres à l’appui. Depuis sa défaite face à Shelton en quart de finale de l’US Open, Alcaraz a remporté 15 de ses 16 matchs. Il reste sur huit succès consécutifs, titre à Vienne en poche, et une impression de montée en puissance semaine après semaine.
Face à Ruud, il a imposé une supériorité totale sur toutes les zones du court. 86 % de points gagnés derrière sa première balle, 20 coups gagnants dont 13 en coup droit, 11 points remportés sur 13 au filet. Un tennis propre, tranchant, sans fioritures.
Un break par set lui a suffi. Chaque manche s’est conclue sur un ace, comme un point d’exclamation planté au cœur de l’Accor Arena. Ruud, finaliste de l’US Open 2022 déjà battu par Alcaraz ce jour-là, n’a jamais obtenu la moindre balle de break en 86 minutes de jeu. Fermé, verrouillé, étouffé.
Pour Alcaraz, ce n’est pas seulement une finale de plus. C’est une étape dans sa reconquête. Longtemps freiné par son poignet, il s’était jusque-là toujours arrêté au stade des quarts à Paris. Le voilà désormais finaliste dans sept des neuf tournois ATP Masters 1000 du calendrier. Une statistique qui en dit plus que n’importe quel discours.
« Je suis prêt à affronter Ben Shelton en finale. C’est probablement l’un des défis les plus difficiles que l’on puisse affronter dans le tennis en ce moment », a-t-il lancé, lucide, mais visiblement porté par le moment. « Ben joue un tennis incroyable. La dernière fois, c’était un match de fou. Mais je vais profiter de ce moment, je poursuivais cette finale ici depuis longtemps. Ça va être un grand jour pour moi. »
Shelton, la menace américaine
En face, ce ne sera pas n’importe qui. Ce sera l’homme qui l’a fait tomber à New York, dans un quart de finale en cinq sets terminé à 3 h 34 du matin, début septembre. Un match qui a brisé la défense de titre d’Alcaraz à l’US Open, mais qui a aussi servi de point de départ à sa remontée.
Ben Shelton arrive à Paris porté par sa meilleure saison. Quarante-cinq victoires sur le circuit en 2026, un statut de finaliste à l’US Open, et désormais une première finale au Rolex Paris Masters. Il s’est offert ce ticket en renversant le Français Luca Van Assche, 5-7, 6-3, 6-4, dans une ambiance bouillante.
À 24 ans, il devient le premier Américain à atteindre la finale du tournoi parisien depuis 2017. Service dévastateur, agressivité permanente, confiance affichée : Shelton joue en ce moment comme un homme qui ne doute de rien.
« Évidemment, Carlos est en forme incroyable. C’est déjà une jeune légende de notre sport et tout match où il apparaît est un blockbuster », a reconnu l’Américain. Le respect est là. La crainte, beaucoup moins.
Une revanche sous haute tension
L’histoire entre les deux hommes est déjà bien entamée. Shelton a remporté leur dernier duel, celui qui comptait tant pour Alcaraz à New York. Mais avant cette nuit new-yorkaise, l’Espagnol avait remporté leurs trois premières confrontations.
Le rapport de force est clair : contre les tous meilleurs, Shelton a souvent buté. Face à Alcaraz, il a enfin trouvé la clé lors de leur précédent choc. Reste à savoir s’il peut la réutiliser dans une finale de Masters 1000, sous le toit parisien, face à un adversaire qui joue comme s’il rattrapait le temps perdu.
Malgré son absence prolongée cette saison, Alcaraz affiche déjà six finales sur le circuit en 2026. Seuls Shelton et Jannik Sinner peuvent en dire autant. Pour un joueur qui revient d’une longue blessure, la statistique frôle l’indécence.
Le décor est planté : d’un côté, un champion déjà septuple vainqueur en Grand Chelem, lancé dans une course pour retrouver les sommets. De l’autre, un Américain au service tonitruant, en pleine explosion, qui a déjà prouvé qu’il pouvait le faire chuter dans les grandes nuits.
Paris aura droit à une revanche. Alcaraz, lui, à l’un des « défis les plus difficiles » de sa jeune carrière. Reste une question : qui, entre la jeune légende et la nouvelle menace, fera du court central de Bercy son territoire ?



