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US Open : les sœurs Williams échouent face à Chan et Joint

Arthur Ashe Stadium, nuit new-yorkaise, tribunes pleines. Plus de vingt ans après leurs premiers titres, Serena et Venus Williams restaient encore, une fois de plus, l’affiche que personne ne voulait manquer. Carlos Alcaraz non plus.

Le tenant du titre avait prévenu après sa victoire du jour : son programme de récupération passait par un détour obligé devant l’écran. Traitement physique, oui, mais devant le double des Williams. Parce que ces nuits-là, à New York, appartiennent encore aux deux sœurs.

Un retour, un frisson, puis le trou noir

Le scénario avait tout d’un hommage vivant à leur carrière. Un match de double accroché, des regards complices, des fulgurances qui rappellent pourquoi elles ont régné sur la discipline. Face à Hao-Ching Chan et Maya Joint, les deux légendes arrachent un super tie-break décisif après avoir été menées 4-1 dans le troisième set. Le stade se lève, sent le basculement.

Le score final raconte pourtant une autre histoire : 6-3, 6-7 (6), 7-6 (10-7) pour Chan et Joint, après un super tie-break que les sœurs Williams avaient commencé en trombe, 5-0 devant. Cinq points d’avance, la foule qui rugit, l’odeur d’un comeback mythique. Puis le vide.

Les doubles fautes surgissent au pire moment, comme un rappel cruel du temps qui passe. Serena, 44 ans, revenue cette année après une longue parenthèse. Venus, 46 ans, toujours présente sur le circuit. Les jambes suivent par séquences, la main reste d’or, mais les nerfs lâchent sur quelques secondes, celles qui comptent le plus.

Les deux sœurs avaient pourtant parfaitement relancé le match en effaçant ce retard dans le troisième set. Arthur Ashe vibrait comme aux grandes années. L’illusion d’un retour éternel a tenu jusqu’à ce super tie-break. Puis tout s’est effondré.

L’US Tennis Association a indiqué que les Williams ne seraient pas disponibles pour réagir. Silence lourd, presque symbolique, au bout d’une soirée qui ressemblait à un chapitre de plus dans une histoire déjà immense.

Maya Joint, encore elle

Pour Serena, la blessure est double. Elle s’incline pour la deuxième fois cet été face à Maya Joint. La première avait déjà fait du bruit : un revers en trois manches à Wimbledon pour son retour en simple. Le double devait être une respiration, une parenthèse heureuse avec Venus. Il se transforme en nouvelle déception.

Entre-temps, les deux sœurs avaient dû se retirer d’un autre double après une blessure au genou de Serena. Leur retour sur la scène des Grands Chelems s’est donc fait attendre jusqu’à New York, leur jardin, où elles avaient triomphé en 1999 et 2009 et où leur bilan en double reste impressionnant : 27 victoires pour seulement 8 défaites en 10 participations.

Que ce match obtienne une place en session de nuit sur Arthur Ashe pour un premier tour de double en dit long. Normalement, ce privilège est réservé aux stars du simple. Les Williams, elles, dépassent ce cadre depuis longtemps.

Quatorze titres du Grand Chelem en double, trois médailles d’or olympiques (2000, 2008, 2012), une place partagée de numéro 1 mondiale en double pendant huit semaines : leur palmarès parle pour elles. En 2022, une défaite au premier tour laissait penser que leur dernière page commune avait été tournée, Serena quittant alors le tennis après 23 titres majeurs en simple.

Elle est revenue cet été. Pour l’instant, le destin lui renvoie deux défaites cruelles aux côtés de sa sœur, à Cincinnati déjà en match tie-break, puis ce soir à New York. Venus, elle, a aussi quitté le simple dès le premier tour. La question n’est plus de savoir ce qu’elles peuvent encore gagner, mais jusqu’où elles accepteront de lutter contre le temps.

Sabalenka bousculée, mais toujours en marche

Pendant que la nuit s’enflammait pour les sœurs Williams, la numéro 1 mondiale Aryna Sabalenka a enfin trouvé un peu de résistance. Kamilla Rakhimova l’a obligée à jouer un vrai match, mais pas seulement. La Biélorusse a aussi dû composer avec une odeur persistante de marijuana autour du court, un élément perturbateur de plus dans une soirée déjà dense.

Sabalenka s’en sort en deux sets, 6-3, 6-4. Le deuxième acte dure 54 minutes, soit une minute de plus que l’intégralité de son match précédent. Cette fois, elle doit serrer le jeu, accepter les longs échanges, gérer quelques froncements de sourcils et une concentration mise à l’épreuve.

La récompense est claire : un billet pour les huitièmes de finale, où l’attend Taylor Townsend. Sabalenka vise un triplé historique à New York. Personne n’a réussi à enchaîner trois titres de suite à l’US Open depuis Serena Williams entre 2012 et 2014. Le parallèle est évident, le défi immense. Mais pour l’instant, elle avance.

Alcaraz, retour express aux affaires

Carlos Alcaraz, lui, ne s’attarde pas. De retour après quatre mois d’absence en raison d’une blessure au poignet droit, le double vainqueur du tournoi remet la machine en route avec une aisance déconcertante. Wu Yibing ne peut rien faire : 6-3, 6-4, 6-1, propre, net, presque clinique.

Le jeune Espagnol retrouve les huitièmes de finale, comme si rien ne s’était passé. Il assure même se sentir « mieux » qu’il ne l’imaginait en arrivant à New York. Son prochain obstacle porte un nom bien connu : Tommy Paul, tête de série numéro 20, qui vient de sortir Alexander Bublik au bout de cinq sets.

Le tableau masculin se tend, la pression monte, mais Alcaraz garde ce mélange de fraîcheur et de détermination qui fait déjà de lui un habitué des grands rendez-vous. Pendant que d’autres s’accrochent, lui impose sa loi.

Sur le ciment brûlant de Flushing Meadows, la nouvelle génération avance à grandes enjambées, tandis que deux icônes se battent désormais pour quelques instants de grâce de plus. Combien de nuits comme celle-ci Serena et Venus Williams accepteront-elles encore de disputer avant de poser définitivement la raquette ?