Ukraine et Pologne : candidature pour la Coupe du Monde 2040
L’idée est lancée, presque à voix basse, au détour d’une interview. L’Ukraine et la Pologne discutent de la possibilité de déposer une candidature commune pour accueillir une Coupe du monde de football. Pas demain, ni après-demain. Dans les années 2040.
C’est le ministre ukrainien de la Jeunesse et des Sports, Matviy Bidnyy, qui a ouvert cette fenêtre sur l’avenir dans un entretien accordé à Politico. Une phrase, surtout, résume l’ambition : « La prochaine date disponible pour la Coupe du monde se situe quelque part dans les années 2040. Nous devons commencer à planifier cela dès maintenant. »
Un projet pensé au long cours
Dans le contexte actuel, l’idée surprend. Le pays est en guerre, ses infrastructures sont frappées, son avenir immédiat reste suspendu aux événements du front. Et pourtant, Bidnyy insiste : l’Ukraine veut rester un pays de grands rendez-vous sportifs, un pays qui se projette.
La Pologne apparaît naturellement comme partenaire potentiel. Les deux pays ont déjà coorganisé un grand tournoi, l’Euro 2012, avec un succès reconnu. Les stades, les savoir-faire, la mémoire commune de cet événement forment une base. Mais cette fois, l’échelle est bien différente : il s’agirait du plus grand tournoi de la planète.
Une idée, pas encore un dossier
La nuance est cruciale : pour l’instant, il ne s’agit que de discussions préliminaires, d’un horizon, pas d’un projet ficelé. Bidnyy le précise lui-même : une candidature officielle ne peut pas venir d’un ministère, mais doit naître de la communauté sportive ou de la fédération compétente.
Après la publication de l’interview, le ministère de la Jeunesse et des Sports a d’ailleurs tenu à rectifier toute interprétation trop rapide. Aucune négociation officielle ni consultation formelle n’est en cours avec la Pologne au sujet d’une candidature conjointe pour la Coupe du monde.
Le message est clair : on parle de vision, pas de procédure. De rêve, pas encore de dossier technique.
Priorités immédiates : la guerre et la sécurité
Dans ce contexte, Kiev ne veut laisser aucun doute sur l’ordre de ses priorités. Le ministère insiste : la victoire dans la guerre et la sécurité des citoyens restent les objectifs absolus. L’hypothèse d’un Mondial sur le sol ukrainien appartient à un futur lointain, à inscrire dans un calendrier de reconstruction et de normalisation.
L’idée n’en est pas moins révélatrice. Imaginer un tournoi mondial dans les années 2040, c’est affirmer que l’Ukraine se voit debout, reconstruite, capable d’accueillir le monde. C’est une projection politique autant que sportive.
Un calendrier mondial déjà chargé
Le décor global, lui, est déjà en partie fixé. Les prochaines éditions de la Coupe du monde ont leurs hôtes. L’édition 2030 sera organisée par l’Espagne, le Portugal et le Maroc, une première triangulaire intercontinentale pour marquer le centenaire de la compétition. En 2034, ce sera au tour de l’Arabie saoudite d’accueillir le tournoi.
La fenêtre évoquée par Bidnyy se situe donc au-delà, dans une décennie encore floue, où la FIFA n’a pas officiellement ouvert le jeu. C’est précisément ce temps long que le ministre veut investir, en rappelant la nécessité de « commencer à planifier maintenant ».
Entre les ruines à relever, les routes à reconstruire, les stades à moderniser ou à rebâtir, la perspective paraît lointaine. Mais c’est aussi ce qui lui donne sa force symbolique : pour l’Ukraine, viser une Coupe du monde dans les années 2040, c’est se projeter dans un futur où le pays ne sera plus seulement en train de survivre, mais de rayonner à nouveau.
Reste une question, simple et immense : quand la FIFA ouvrira enfin ce créneau, l’Ukraine et la Pologne seront-elles prêtes à transformer cette esquisse de conversation en véritable candidature ?




