logo

Cristiano Ronaldo met fin à sa carrière internationale

La nouvelle est tombée sur un écran de téléphone, pas dans un vestiaire ni dans un bureau de la fédération. À 41 ans, Cristiano Ronaldo a annoncé, dans une vidéo publiée sur Instagram, qu’il mettait un terme à sa carrière internationale avec le Portugal. Un message au monde entier… et à son propre sélectionneur.

Car Jorge Jesus l’a découvert comme tout le monde.

« Je l’ai appris en même temps que vous », a-t-il lâché devant la presse, vendredi, à la veille de l’annonce de sa liste pour les prochains matches de Nations League. Pas de coup de fil préalable, pas de rendez-vous discret à la Cidade do Futebol. Rien.

Un cadre… jusqu’à la dernière minute

Dans l’esprit de Jesus, Ronaldo faisait toujours partie du plan. L’attaquant d’Al-Nassr, en pleine réussite devant le but, figurait sur la liste de travail du sélectionneur.

« Jusqu’à ce moment-là, je ne savais rien. Il jouait, il marquait, il faisait partie des joueurs sur ma liste », a insisté le technicien portugais.

Ronaldo venait tout juste de purger une suspension de 30 jours de sélection, une sanction symbolique qui n’avait d’ailleurs privé le Portugal d’aucun match officiel sur cette période. La porte était donc de nouveau ouverte. Elle s’est refermée d’un seul geste, celui de la star, sur les réseaux sociaux.

La cicatrice de septembre

En arrière-plan, une cassure. Elle remonte à septembre.

Ronaldo avait alors quitté le rassemblement de la Seleção après avoir appris qu’il ne débuterait pas le match de Nations League contre le Danemark, quatre jours plus tard. Une décision forte de Jorge Jesus, qui avait déjà laissé le quintuple Ballon d’Or sur le banc contre la Norvège le 27 septembre, sans le faire entrer en jeu.

Le dernier match international de Ronaldo restera donc cette victoire 1-0 contre le pays de Galles à Lisbonne, trois jours plus tôt. Une soirée qui portait déjà le parfum de la fin, sans que personne ne l’admette encore.

Plus tard, Ronaldo avait accusé Jesus d’avoir « rompu sa parole », tout en acceptant la sanction pour son départ prématuré du stage. À l’époque, il jurait pourtant qu’il ne songeait pas à la retraite internationale.

Vendredi, en conférence de presse, le sujet a vite fait monter la tension. Question après question, la même querelle ressassée. Jorge Jesus a fini par se crisper.

« Toutes mes décisions ont été prises en pensant à l’équipe », a-t-il répété, visiblement agacé.

« Comme entraîneur, j’ai toujours défendu ce qui était le mieux pour l’équipe. Je suis en paix avec ma décision. »

Aucun contact depuis l’annonce de Ronaldo, a confirmé le sélectionneur. Chacun dans son camp, désormais.

Un héritage impossible à égaler

Les chiffres, eux, parlent sans nuance.

146 buts en 234 sélections. Deux records mondiaux chez les hommes. Un premier match en 2003, une carrière internationale qui traverse quatre générations de coéquipiers, et au milieu de tout cela, un trophée majeur : l’Euro 2016, conquis à Paris face à la France.

Ronaldo a porté le Portugal dans une dimension nouvelle. Il a transformé une sélection ambitieuse en référence mondiale. Il a imposé ses standards, son obsession de la victoire, son exigence dévorante. La Seleção ne sera plus jamais la même sans lui.

La fédération promet un hommage à la hauteur

Si Jorge Jesus reste sur une ligne stricte, le président de la Fédération portugaise de football, Pedro Proença, a choisi les mots de la reconnaissance.

« Aucun hommage ne sera jamais suffisant pour le remercier de tout ce qu’il a fait pour le football portugais, pour le Portugal », a-t-il déclaré.

Proença a insisté sur ce qui, selon lui, définit le mieux le capitaine historique de la Seleção : « La meilleure façon de l’honorer et de le célébrer, c’est d’honorer son ambition sans limites, de toujours jouer pour gagner, de ne jamais avoir peur d’être le meilleur au monde. »

Puis cette phrase, simple, définitive : « Merci pour tout, capitaine. Ici est et restera toujours ta maison. »

La maison, justement, va devoir apprendre à vivre sans lui. Le Portugal entre dans une nouvelle ère, brutalement, sans transition douce ni tournée d’adieu. La page Ronaldo est tournée d’un geste sec. Reste à savoir qui écrira la suivante.