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Sao Paulo : Hamilton et Verstappen au fond de la grille pour le titre constructeurs

Le Grand Prix de Sao Paulo s’annonçait déjà explosif. Il vient de basculer dans autre chose : un véritable jeu d’échecs stratégique, avec Lewis Hamilton et Max Verstappen condamnés à s’élancer depuis le fond de la grille.

Hamilton, du coup de poker au coup de massue

Chez Mercedes, le plan semblait clair. On acceptait une pénalité pour monter un cinquième moteur thermique de la saison sur la monoplace de Lewis Hamilton, soit dix places de recul sur la grille. Un pari calculé, dans la lignée de la fin de saison, pour disposer d’un bloc frais sur un circuit exigeant comme Interlagos.

Mais la mécanique a trahi le Britannique presque aussitôt. En essais libres, le nouveau moteur ne tient que sept tours. De la fumée s’échappe, la séance est écourtée, et avec elle l’optimisme de l’équipe.

Le verdict tombe rapidement : moteur retiré, contrôles poussés, puis décision radicale. Mercedes change l’intégralité du groupe propulseur. Conséquence immédiate : la pénalité explose, Hamilton est envoyé au fond de la grille pour le Grand Prix de dimanche.

Un coup dur pour ses ambitions personnelles, alors qu’il se bat encore pour la deuxième place du championnat pilotes. Mais un pari qui pourrait, malgré tout, servir la cause du titre constructeurs.

Verstappen, pénalité assumée et souvenirs de remontées

Chez Red Bull, la stratégie est assumée depuis le départ. En amont de la dernière séance d’essais, l’équipe confirme qu’elle change plusieurs éléments moteur sur la voiture de Max Verstappen. Trop pour rester dans les limites réglementaires. Le Néerlandais partira lui aussi tout au fond.

Le scénario n’est pas nouveau pour lui à Interlagos. Il connaît le chemin. Il y a deux ans, il avait triomphé sous la pluie après s’être élancé seulement 17e. La saison suivante, parti depuis la voie des stands dans des conditions sèches, il avait terminé sur le podium, troisième.

Le message est clair : même avec une pénalité maximale, Verstappen reste une menace. Et sous la pluie annoncée dimanche, le peloton sait déjà qu’il faudra surveiller les rétroviseurs.

Ferrari pénalisée, Mercedes respirent

Ferrari n’échappe pas à la vague de sanctions techniques. Charles Leclerc, lui aussi passé à un cinquième moteur thermique, écope d’une pénalité de dix places. Contrairement à Hamilton, son équipe ne change pas l’ensemble du groupe propulseur : la sanction reste donc limitée à ce recul initial.

George Russell, de son côté, paie également le franchissement du quota de moteurs, mais dans une moindre mesure. Pour lui, seulement cinq places de pénalité, car il ne dépasse la limite de l’ICE que pour la deuxième fois de la saison.

Ce jeu de chaises musicales sur la grille pourrait bien faire les affaires de Mercedes. Les pénalités infligées aux pilotes Ferrari offrent une opportunité en or dans la course au titre constructeurs. Le calcul est simple : si l’équipe allemande marque au moins trois points de plus que sa rivale dimanche, elle sera sacrée.

Dans ce contexte, la position de Russell, moins pénalisé que les autres, prend une importance capitale. Hamilton partira de loin, mais avec un moteur neuf et un talent reconnu dans le trafic. Mercedes sait que chaque dépassement comptera.

Une lutte à quatre pour la place de dauphin

Derrière un titre pilotes déjà joué, un autre combat s’enflamme. Verstappen, Hamilton, Russell et Leclerc se tiennent en seulement 16 points pour la deuxième place du championnat, avec encore quatre courses au calendrier.

Les pénalités redistribuent brutalement les cartes. Trois de ces quatre prétendants partiront loin sur la grille. L’occasion est peut-être belle pour celui qui limitera le mieux la casse dans le chaos annoncé d’Interlagos.

La pluie prévue à l’heure du départ promet d’ajouter une couche d’incertitude à une grille déjà bouleversée par les sanctions. Interlagos adore ce genre de scénarios. L’histoire du circuit le rappelle sans cesse : ici, rien ne se passe jamais comme prévu.

Dimanche, à 17h, quand les feux s’éteindront, les regards ne se tourneront pas seulement vers la première ligne. Une bonne partie du destin du titre constructeurs et de la lutte pour la deuxième place mondiale se jouera, très loin devant… et tout au fond de la grille.