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FA Cup : Oxford City défie Leicester City

Sous les projecteurs du The MGroup Stadium, sur une pelouse artificielle que ses joueurs connaissent par cœur, Oxford City se prépare à accueillir un monument blessé : Leicester City, ancien vainqueur de la Premier League et de la FA Cup. Sur le papier, l’affiche du premier tour ressemble à un choc de mondes. Sur le terrain, Scott Pollock refuse d’y voir un simple conte de fées.

Le milieu de terrain de 25 ans, arrivé en juillet en provenance du monde professionnel, ne se cache pas. Il croit à l’exploit. Et il assume l’idée de mettre un peu plus de pression sur… son propre club de cœur.

« Il n’y a aucune raison pour qu’on ne puisse pas le refaire », martèle-t-il en substance. Pour lui, Leicester n’est pas seulement le géant de la soirée. C’est aussi une cible prenable.

Un fan de Leicester au cœur de la fronde

L’histoire est presque trop parfaite. Pollock a grandi en supportant Leicester City. Enfant, il a même porté leurs couleurs à l’essai. Gardien de but, à l’époque. Le rêve s’est arrêté net lorsque le club l’a recalé.

Ce refus a tout changé : il abandonne les gants, se réinvente joueur de champ et finit, des années plus tard, par se retrouver… en face des Foxes, en FA Cup, avec un maillot d’outsider sur les épaules.

« Ça donnait l’impression que c’était écrit », confie-t-il à BBC Radio Oxford. Le tirage aurait pu l’envoyer à l’extérieur, dans un King Power Stadium plein à craquer. Mais Pollock préfère presque ce scénario-là : une nuit de coupe, à domicile, sur ce synthétique que Leicester ne maîtrise pas.

« À l’extérieur, ça aurait été sympa, mais chez nous on a une vraie chance de passer », glisse-t-il. Le décor est planté : un National League North face à un ancien champion d’Angleterre, mais sans complexe.

Oxford City, habitué aux frissons de la coupe

Oxford City n’arrive pas là par hasard. Le club retrouve le premier tour « proper » de la FA Cup pour la première fois depuis quatre ans, après avoir arraché sa qualification de justesse face à Torquay United lors du dernier tour préliminaire.

Pollock, lui, connaît déjà le rôle du petit qui renverse le grand. En 2020, il portait le maillot de Northampton Town quand Oxford City, alors club à temps partiel, était venu créer la sensation : victoire 2-1, élimination d’une équipe de League One, et une soirée gravée dans la mémoire du club.

Cette fois, il est dans l’autre vestiaire. Mais l’expérience lui sert de boussole. Il sait comment naissent ces soirs-là, comment un favori se crispe, comment un outsider s’enhardit à chaque duel gagné.

Toute la pression sur Leicester

Face à lui, Leicester arrive cabossé. Le club sort de deux relégations consécutives, de la Premier League au Championship, puis du Championship à la League One. Le début de saison en troisième division ne ressemble pas à une promenade. Loin de là.

Dans ce contexte, la FA Cup n’est plus seulement une parenthèse glamour. Elle devient un terrain miné. Un faux pas contre une équipe de National League North et la pression grimperait encore d’un cran sur les Foxes.

Pollock le sait, et il le dit : « La pression est sur eux pour bien faire en championnat et en coupe. Nous, on est chez nous, on connaît la pelouse, ça nous avantage. » Le message est clair : Oxford City n’a rien à perdre, Leicester a tout à perdre.

L’excitation monte dans le vestiaire des Hoops. Pas de discours de martyr, pas de fausse modestie. Juste la conscience que le contexte joue pour eux : le terrain, l’ambiance, le statut, l’histoire récente.

Un géant à respecter, mais à défier

Pollock ne tombe pas pour autant dans la fanfaronnade. Il connaît la qualité de Leicester, même au creux de la vague. « On sait que c’est une bonne équipe, il faudra être au niveau », prévient-il.

Le plan est simple : s’accrocher, courir plus, jouer juste, profiter du moindre flottement. Oxford City a déjà prouvé qu’il savait faire tomber plus gros que lui. Les joueurs le répètent entre eux : pourquoi pas encore ?

La nuit de coupe s’annonce électrique. Un club de League One sous tension, un supporter de Leicester prêt à le bousculer avec un autre maillot, un synthétique piégeux et une FA Cup toujours prête à offrir un nouveau chapitre à sa légende.

La question n’est plus de savoir si Oxford City a le droit d’y croire. Elle est de savoir si Leicester peut se permettre, une fois de plus, de décevoir.