logo

Sao Paulo : Verstappen en fond de grille, duel Antonelli – Norris pour la pole

Max Verstappen a signé le meilleur temps de la dernière séance d’essais du Grand Prix de Sao Paulo, mais le triple champion du monde regardera la course de très loin sur la grille. Red Bull a décidé de changer entièrement son unité de puissance : sanction immédiate, départ en fond de peloton.

Sur un tour, pourtant, le Néerlandais reste la référence. Il a devancé le nouveau champion du monde Kimi Antonelli de seulement 0’’025, un souffle, un rien. Mais les regards, eux, se tournent déjà vers l’Italien et vers Lando Norris, soudain propulsés grands favoris pour la pole.

Antonelli – Norris : duel annoncé pour la pole

Sans Verstappen, sans Lewis Hamilton ni Charles Leclerc aux avant-postes à cause des pénalités moteur, la hiérarchie de la qualification s’ouvre brutalement.

Antonelli, installé tout en haut du classement général, a encore confirmé sa forme du moment. Norris, troisième à 0’’106, a passé la journée à échanger les meilleurs temps avec le pilote Mercedes. Les nouvelles pièces de McLaren au Brésil ont visiblement frappé juste : la voiture a réagi, et Norris sent la fenêtre s’ouvrir.

La pluie attendue pour la séance de qualification, à 18h heure locale, pourrait encore rebattre les cartes. Mais sur le papier, la première ligne se dessine déjà entre Antonelli et Norris.

Pénalités en chaîne : Mercedes et Ferrari payent l’addition

Le jeu des pénalités a frappé large. Outre Verstappen envoyé au fond, Hamilton et Leclerc écopent chacun de dix places de recul pour avoir dépassé leur allocation de moteurs à combustion interne. Mercedes avait déjà annoncé vendredi que George Russell prendrait cinq places pour un nouveau bloc thermique, la deuxième fois qu’il dépasse cette limite.

Chez Ferrari, c’est la première infraction de la saison sur cet élément, d’où une sanction plus lourde. Leclerc, lui, a au moins retrouvé de la vitesse : après une journée de vendredi poussive, les changements radicaux de réglages ont payé. Le Monégasque termine la séance à seulement 0’’274 de Verstappen, avec un rythme bien plus convaincant.

Hamilton, en revanche, a vécu une matinée cauchemardesque. Sept tours seulement, un problème moteur, des vibrations signalées à la radio, puis de la fumée qui s’échappe de l’arrière de la voiture. Séance terminée, et une équipe Ferrari lancée dans une course contre la montre pour remettre la monoplace en état avant la qualification.

Russell solide, Piastri à l’affût

Dans ce contexte chahuté, Russell s’est glissé au quatrième rang, dans le sillage des hommes de tête. Son rythme brut inspire confiance, même si sa pénalité le renverra plus loin sur la grille qu’il ne le mérite sportivement.

Juste derrière, Oscar Piastri pointe à la sixième place. L’Australien traverse une deuxième moitié de saison compliquée, moins tranchante que son début d’année, mais le scénario de ce week-end lui ouvre une opportunité rare. Avec Verstappen, Hamilton, Leclerc et Russell repoussés, la voie se dégage pour un départ en très haut de grille. À lui de convertir cette promesse en tour lancé parfait.

Les outsiders s’invitent : Racing Bulls, Red Bull et Audi en embuscade

La séance a aussi mis en lumière des visages moins habitués aux gros titres. Les deux Racing Bulls, Arvid Lindblad et Liam Lawson, se sont invités aux septième et huitième places, juste devant la Red Bull d’Isack Hadjar, neuvième. Trois voitures regroupées en quelques dixièmes, trois candidats sérieux pour la deuxième ligne si la qualification tourne à la loterie.

À domicile, Gabriel Bortoleto poursuit son beau week-end. Le pilote Audi décroche le dixième temps et confirme une forme solide devant son public. Un peu plus loin, Rafael Camara, quinzième, signe un petit jalon personnel : il devance pour la première fois son équipier Haas Oliver Bearman en essais.

Camara vit son baptême en F1 au Brésil, dans un contexte agité chez Haas. L’équipe a officialisé le retrait d’Esteban Ocon pour le reste de la saison après une semaine de tensions au Mexique. Le baquet reste officiellement vacant pour les dernières manches à Las Vegas, au Qatar et à Abu Dhabi. Un vide qui attise forcément les convoitises dans le paddock.

Une grille bouleversée, un samedi sous tension

Entre les pénalités massives, les soucis mécaniques et la menace de la pluie, Sao Paulo s’apprête à offrir une séance de qualification explosive. Les favoris naturels reculent, les jeunes poussent, les équipes de milieu de grille flairent l’aubaine.

Verstappen a rappelé ce matin qu’il restait l’homme à battre sur un tour. Mais cette fois, la bataille pour la pole se jouera sans lui. La question est simple : Antonelli et Norris saisiront-ils cette brèche, ou la folie d’Interlagos offrira-t-elle la première ligne à un invité surprise ?