Maresca défend Manchester City après le derby contre United
À Manchester, Maresca refuse que le VAR lui vole son derby
Enzo Maresca n’a pas changé de ton depuis Old Trafford. Trois jours après la victoire de Manchester City sur la pelouse de Manchester United, l’Italien ne digère pas que l’on ne parle que d’un ralenti et de lignes de hors-jeu, plutôt que de l’exploit de son équipe réduite à dix pendant plus d’une heure.
« Parler d’un seul épisode après ce match, alors qu’on a joué 70-75 minutes à dix, je trouve ça assez pauvre », a-t-il lâché avant le troisième tour de Carabao Cup contre Norwich City. Le message est clair : le débat sur le but d’Erling Haaland a pris toute la lumière, et il estime que son équipe mérite mieux.
Un derby étouffé par une ligne de hors-jeu
Le scénario, tout le monde le connaît déjà. Un derby tendu, un Old Trafford bouillant, Phil Foden exclu, City acculé mais discipliné. Puis, à l’heure de jeu, Haaland. Un appel, une finition clinique, un but d’avant-centre pur. Sur le terrain, le drapeau se lève : hors-jeu.
Le VAR intervient. Les lignes se tracent, l’attente s’étire. Verdict : le Norvégien est jugé juste en jeu, le but est validé. City mène 1-0 et ne lâchera plus l’avantage, malgré l’infériorité numérique. Quatrième victoire de rang en Premier League, obtenue dans la souffrance, dans un contexte hostile. Un succès de caractère.
Mais la polémique ne tarde pas à tout recouvrir.
Très vite, les images révèlent une autre zone grise : la position d’Enzo Fernandez, lancé vers le ballon dans l’axe et considéré comme n’ayant pas été correctement évalué pour un éventuel hors-jeu. La faute ne vient pas de la technologie, mais de l’interprétation. Le corps arbitral reconnaît l’erreur, la tempête médiatique enfle, et la performance de City passe au second plan.
Maresca, lui, refuse cette lecture réductrice. « Je pense que la performance a été incroyable, et je suis très content de ce que l’équipe a montré », insiste-t-il. Pour lui, ce derby raconte d’abord la résistance et la maîtrise de ses joueurs, pas un dysfonctionnement du protocole vidéo.
« Parfois pour toi, parfois contre toi »
Le manager italien ne nie pas l’erreur. Il la replace. Il la contextualise. « On sait qu’il y a eu une erreur, et c’est tout. Parfois c’est pour toi, parfois contre toi. C’est le football », tranche-t-il, presque fataliste.
Ce n’est pas la première fois que City se retrouve au cœur d’un débat VAR dans un derby de Manchester. Maresca a bonne mémoire. Il rappelle qu’en janvier 2023, alors qu’il était l’adjoint de Pep Guardiola, son club avait quitté Old Trafford avec un sentiment inverse.
« Il y a trois ans, quand j’étais ici comme adjoint, il s’est passé exactement la même chose contre United. Le but n’était pas régulier et personne ne s’est excusé. On attend toujours les excuses pour ça », glisse-t-il, piquant.
Le message sous-jacent est évident : City a déjà subi des décisions litigieuses sans bénéficier du même niveau d’indignation publique. Cette fois, la pièce est tombée de son côté. Maresca n’a aucune intention de laisser ce contexte effacer ce que son équipe a produit sur le terrain.
Webb assume, les arbitres « souffrent »
Du côté des arbitres, la faute est assumée. Howard Webb, patron de l’instance en charge de l’arbitrage en Premier League, a reconnu que le VAR n’avait tout simplement pas pris en compte la position d’Enzo Fernandez avant la reprise d’Erling Haaland.
« J’ai été vraiment déçu par ce résultat. Nous le sommes tous. Personne plus que les officiels eux-mêmes. Ils prennent énormément de fierté dans ce qu’ils font et ils souffrent en ce moment, après avoir échoué dans cette situation », a expliqué Webb dans l’émission “Match Officials Mic’d Up”.
Reconnaissance de l’erreur, mea culpa public, frustration partagée. Mais pour Maresca, l’essentiel reste ailleurs : une équipe qui a tenu son rang à dix contre onze dans l’un des environnements les plus hostiles du pays, un buteur qui ne tremble pas, un collectif qui enchaîne une quatrième victoire consécutive en championnat.
À l’heure d’aborder la Carabao Cup et un calendrier qui va encore s’alourdir, l’Italien préfère s’appuyer sur cette base-là. City a gagné un derby en survie, dans la difficulté, en assumant le chaos. Que l’histoire retienne le ralenti ou la résistance, c’est là que se jouera vraiment la suite de sa saison.




