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Gaël Monfils devient capitaine de l'équipe de France

Gaël Monfils n’a jamais fait les choses comme les autres. Il ne quittera pas non plus la scène comme les autres. Un mois à peine après avoir mis un terme, presque en silence, à une carrière longue de vingt-deux ans, le Parisien prend déjà les rênes de l’équipe de France de Coupe Davis.

À 40 ans, l’ancien numéro 6 mondial succède à Paul-Henri Mathieu et devient capitaine d’une sélection qu’il a longtemps incarnée raquette en main. Désormais, il dirigera depuis le banc les campagnes bleues, avec une première échéance dès février lors des qualifications.

Une retraite discrète, un hommage vibrant

La sortie s’était faite dans l’ombre. Son nom apparu sur la liste des joueurs inactifs de l’International Tennis Integrity Agency, pas de conférence de presse, pas de tour d’honneur. En toile de fond, une vie personnelle bousculée, marquée par la séparation avec Elina Svitolina.

Le décor a changé cette semaine. Paris lui a offert la cérémonie qu’il méritait. Dans la capitale, Monfils a été célébré entouré de visages familiers et populaires : Jo-Wilfried Tsonga, Gilles Simon, Richard Gasquet, Benoît Paire. Une génération entière réunie pour saluer l’un de ses plus grands artistes.

Quelques jours plus tard, le voilà propulsé à un nouveau rôle majeur : celui de capitaine de Coupe Davis.

« Ce maillot bleu représente tellement pour moi »

Monfils n’a jamais caché ce que l’équipe de France signifiait pour lui. Les mots sont tombés, simples et forts, au moment de sa nomination.

« C’est une grande source de fierté de devenir capitaine de l’équipe de France. Ce maillot bleu représente tellement pour moi. Je veux construire un vrai projet collectif et créer une dynamique qui nous permettra de gagner des titres ensemble. »

Pas de posture, pas de faux suspense. Le ton est donné : il ne s’agit pas d’un rôle honorifique, mais d’une mission. Bâtir un groupe, insuffler une énergie, viser les trophées.

La Fédération française de tennis a, de son côté, salué le travail de Paul-Henri Mathieu, en poste depuis trois ans et qui avait emmené les Bleus jusqu’en quarts de finale en 2025. Une page se tourne, une autre s’ouvre avec un capitaine qui connaît intimement chaque recoin de cette compétition.

Un guerrier de Coupe Davis

Les chiffres parlent pour lui. Huit campagnes de Coupe Davis disputées, quinze simples joués, douze remportés. Monfils a longtemps été l’une des armes majeures de l’équipe de France.

Son sommet en bleu reste cette finale 2014. À Lille, porté par un public incandescent, il étouffe Roger Federer en trois sets secs, match référence, performance de patron. La France perdra finalement la rencontre face à la Suisse, mais ce jour-là, Monfils avait incarné à lui seul l’espoir d’un pays.

Ironie de l’histoire, il n’était pas dans l’équipe lorsque la France a décroché sa dixième Coupe Davis en 2017. Un titre qu’il n’a pas soulevé en tant que joueur. Il entend bien se rattraper en tant que capitaine, dans ce rôle non joueur où sa voix, son regard et son expérience pèseront autant qu’un ace sur balle de break.

Un staff taillé dans la même génération

Monfils ne sera pas seul. La FFT a précisé qu’il serait épaulé par plusieurs de ses anciens partenaires de vestiaire, notamment Gilles Simon et Richard Gasquet. Des hommes qui ont partagé les mêmes batailles, les mêmes vestiaires, les mêmes désillusions.

« Nous sommes très heureux d’accueillir Gaël à la tête de l’équipe de France, a déclaré le président de la FFT, Gilles Moretton. Nous sommes convaincus que son énergie communicative et son enthousiasme seront des atouts précieux pour faire progresser les ambitions du tennis français. »

Sur le papier, le casting intrigue et séduit. Une génération dorée, parfois frustrée en sélection, se retrouve aujourd’hui aux commandes. Les rôles ont changé, l’objectif reste le même : remettre la France sur la carte des nations qui gagnent.

Monfils, lui, n’a jamais fui la lumière. Cette fois, il la partage avec tout un groupe. La prochaine question n’est plus de savoir quel coup spectaculaire il va tenter, mais jusqu’où ce nouveau capitaine pourra emmener le tennis français en Coupe Davis.