Cristiano Ronaldo annonce sa retraite internationale : fin d'un règne de 23 ans
Cristiano Ronaldo a posé les mots que tout un pays redoutait d’entendre. À 41 ans, l’icône a annoncé sa retraite internationale, refermant une histoire commencée en 2003 et devenue, au fil des années, l’un des plus grands chapitres de l’histoire du football de sélections.
L’annonce est tombée le 5 novembre, dans une vidéo adressée directement aux supporters portugais. Pas de scène grandiose, pas de stade plein à craquer. Juste Ronaldo face à la caméra, face à son peuple.
234 sélections. 146 buts. Des records mondiaux chez les hommes, validés par la FIFA, qui racontent une carrière mais ne suffisent même pas à la résumer.
Le numéro 7 passe à quelqu’un d’autre
Dans son message, Ronaldo a parlé de son maillot, ce numéro 7 qu’il a transformé en symbole planétaire. Il a expliqué que « le moment est venu de le transmettre au futur », selon la traduction fournie par la FIFA. Une phrase simple, lourde de sens. On n’arrache pas un tel numéro à son propriétaire ; c’est lui qui décide de le rendre.
Il a reconnu une décision douloureuse, guidée autant par l’émotion que par des considérations plus terre-à-terre. Le corps, le temps, la place des autres. Tout ce qu’un compétiteur de ce niveau repousse le plus longtemps possible.
Ronaldo a pris le temps de remercier les siens. Sa famille, d’abord, pour les absences, les étés écourtés, les rassemblements en plein milieu de saison, les sacrifices silencieux. Puis les coéquipiers, les entraîneurs, les médecins, le staff de l’ombre, ceux qui ne posent jamais avec les trophées mais sans qui rien ne fonctionne.
Il a aussi parlé de ceux qui regardent de loin. Ces Portugais éparpillés à travers le monde, pour qui un match de la sélection devient un morceau de maison. Il a évoqué ces hymnes chantés en regardant les tribunes, ces familles serrées les unes contre les autres, ces quelques minutes où les différences s’effacent derrière un seul drapeau. C’est là que se mesurait, pour lui, la portée de ce maillot.
Une fracture avec Jorge Jesus qui a tout changé
Cette fin n’est pas arrivée dans un vide émotionnel. Elle porte la trace d’une tension ouverte avec le sélectionneur Jorge Jesus lors du rassemblement de septembre.
Le 27 septembre, face à la Norvège, Ronaldo reste sur le banc. Il s’échauffe, attend le signal, ne le reçoit jamais. Portugal s’impose 2-1, lui ne joue pas une minute. Trois jours plus tard, le 30 septembre, il quitte le rassemblement, à la veille du match contre le Danemark.
Le 6 octobre, il sort du silence. Dans un communiqué, il accuse Jorge Jesus d’avoir rompu des promesses sur son temps de jeu, notamment l’assurance de jouer contre la Norvège. De son côté, le sélectionneur dément toute garantie, comme l’a rapporté Sky Sports.
Ronaldo finit par présenter ses excuses à ses coéquipiers et aux supporters pour son départ prématuré, admettant qu’il n’aurait pas dû quitter le groupe. Il réaffirme alors sa disponibilité pour la sélection. La fédération tranche quand même : 30 jours de suspension et une amende de 255 €. La sanction est purgée avant même l’annonce de sa retraite, mais la fissure est là.
Le 5 novembre, quelques heures avant de dévoiler sa première liste, Jorge Jesus raconte sur Canal 11 avoir demandé à Ronaldo de continuer, parce qu’il le voulait à ses côtés. Il dit accepter désormais la décision du joueur, comme relayé par RTP. Il confie aussi avoir fait installer une grande photo de Ronaldo dans l’auditorium de l’équipe, destinée à inspirer les plus jeunes. Le mythe reste, même si l’homme ne reviendra plus en sélection.
Une carrière internationale monumentale
Tout avait commencé en août 2003, face au Kazakhstan. Ronaldo a 18 ans, entre à la pause à la place de Luis Figo. Le relais symbolique, déjà. Vingt-trois ans plus tard, c’est tout un cycle qui se clôt.
Avec le Portugal, il décroche le premier grand titre de l’histoire de la sélection à l’Euro 2016, capitaine blessé mais chef de meute depuis le banc lors de la finale. Il ajoute la Nations League en 2019, puis une nouvelle victoire dans la compétition en 2025. Trois trophées majeurs qui ont changé le regard du monde sur la sélection portugaise.
Sur la scène mondiale, sa longévité défie la logique. Il marque lors de six Coupes du monde, pour un total de 11 buts, dont trois lors de la dernière édition. Sa dernière apparition dans le tournoi s’achève sur une défaite 1-0 contre l’Espagne en huitièmes de finale. Une sortie brutale, presque trop discrète pour un joueur habitué aux grandes scènes.
La sélection sans lui, la quête personnelle continue
Si Ronaldo tourne la page avec le Portugal, il n’a pas rangé ses crampons. Il reste joueur d’Al Nassr, en Arabie saoudite, lancé dans une course folle vers un objectif presque irréel : atteindre les 1 000 buts en carrière professionnelle.
Pendant ce temps, la vie de la sélection continue. Jorge Jesus doit annoncer une liste sans son capitaine historique, sans l’ombre tutélaire qui planait sur chaque rassemblement depuis deux décennies. Les derniers matches de groupe de Nations League, face au Danemark et au Pays de Galles, s’annoncent comme le début d’une nouvelle ère.
La fédération, elle, a déjà promis un hommage à la hauteur de l’ancien capitaine. Une cérémonie, un adieu officiel, un moment pour figer une dernière fois cette image : Ronaldo en rouge, main sur le cœur, regard tourné vers l’hymne.
Le Portugal va devoir apprendre à vivre sans lui. Le reste du monde, lui, devra s’habituer à une réalité étrange : une trêve internationale sans Cristiano Ronaldo sur la feuille de match.



