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Sao Paulo : Verstappen et Antonelli en tête sous la pluie

Le ciel de São Paulo a décidé de s’inviter dans le scénario. À l’Autódromo José Carlos Pace, la séance de qualifications du Grand Prix du Brésil s’annonçait déjà explosive avec un plateau serré, des pénalités en série et un Max Verstappen vexé par la veille. La pluie a ajouté une couche de chaos dès les premières minutes.

Q1 stoppée net, Bearman rappelé à l’ordre

Le ton a été donné très tôt. À peine deux minutes de Q1 disputées, drapeau rouge. La pluie s’abat lourdement sur Interlagos, la piste se transforme en piège et la direction de course n’hésite pas : tout le monde rentre.

Avant même ce coup d’arrêt, un premier épisode avait agité la pitlane : Oliver Bearman a été réprimandé pour avoir reculé dans la voie des stands au début de la séance. Geste rare, immédiatement sanctionné par un rappel à l’ordre. La pression, le trafic, l’averse qui arrive… Interlagos ne pardonne rien.

La reprise de la séance est programmée pour 15h00, heure locale (18h00 GMT), si les conditions le permettent. Le timing devient un adversaire de plus.

Verstappen réplique, Antonelli et Norris en embuscade

La matinée avait déjà donné le ton sportif. Max Verstappen a signé le meilleur temps de la FP3, devant Andrea Kimi Antonelli et Lando Norris. Une réponse nette après un vendredi frustrant, marqué par ce que le Néerlandais a qualifié de problèmes « inacceptables » sur sa Red Bull.

Depuis le début du week-end, le haut de la feuille des temps ressemble à un duel technologique entre McLaren et Mercedes. Norris et Antonelli se sont partagé les deux séances d’hier, l’Italien – au volant d’une McLaren évoluée – claquant en FP2 un tour 0”263 plus rapide que Norris. De quoi arriver ce samedi matin dans la peau de l’homme le plus rapide du plateau.

Red Bull, elle, s’accroche à ce train très rapide. Verstappen a réussi à se glisser entre les quatre monoplaces motorisées par Mercedes, terminant troisième de la séance d’hier après-midi, devant George Russell et Oscar Piastri. Ce matin, il a remis l’église au centre du village en reprenant le dessus sur Norris et Antonelli. Message clair : même contrarié, le triple champion du monde reste la référence.

Hamilton et Leclerc plombés par les moteurs

Derrière, Ferrari souffre. Lewis Hamilton – au volant d’une Mercedes – a tourné quelques dixièmes plus vite que Charles Leclerc, mais les deux hommes restent à 0”4 du rythme imposé par Antonelli. L’écart est réel, la marge de manœuvre mince.

Leclerc a tenu à éteindre un autre foyer : la tension née au Mexique avec Hamilton. Selon le Monégasque, le différend est désormais « réglé ». Sur la piste, pourtant, les accrochages n’ont pas disparu. Leclerc s’est retrouvé impliqué dans un incident avec le débutant Haas Rafael Camara, incident qui a valu au Brésilien une réprimande.

Le week-end de Hamilton et Leclerc est déjà compliqué sur le plan stratégique. Les deux ont pris des pénalités moteur, après le montage de nouveaux éléments de groupe propulseur au-delà du quota autorisé. Hamilton, malgré ces pièces fraîches, a vu sa FP3 coupée en deux par un problème mécanique qui l’a privé de toute la seconde partie de la séance. Un avertissement à la veille d’une qualification piégeuse.

Ils ne sont pas les seuls à reculer sur la grille. Verstappen, Russell et Sergio Perez devront eux aussi composer avec des pénalités pour de nouveaux composants moteur. Le jeu des positions va se lire à deux niveaux : le chronomètre, puis la feuille des sanctions.

Antonelli titré, Mercedes vise la couronne reine

Andrea Kimi Antonelli a déjà verrouillé le titre pilotes avant même ce week-end brésilien. Une sécurité personnelle qui ne change rien à son approche : l’Italien attaque chaque session comme si le championnat se jouait encore à chaque tour.

Pour Mercedes, l’enjeu est plus vaste. Le titre constructeurs reste ouvert, et l’écurie de Brackley a l’occasion de sceller une huitième couronne ce week-end. Avec une voiture dans le coup, un Antonelli en confiance et un Hamilton contraint de remonter malgré ses pénalités, la formation allemande se retrouve au cœur d’un samedi à haut risque mais à très haut potentiel.

La pluie, les pénalités, un Verstappen piqué dans son orgueil, des McLaren affûtées et une Ferrari en quête de réponses : tout est en place pour une séance de qualifications tendue, hachée, peut-être folle. Reste une question, simple et brutale : qui saura dompter Interlagos quand le ciel décidera, à son tour, d’attaquer ?