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Carlos Alcaraz en route vers les huitièmes de finale de l'US Open

Carlos Alcaraz accélère. Et New York recommence à y croire.

Sur le Arthur Ashe, l’Espagnol a balayé Wu Yibing en trois sets secs, 6-3, 6-4, 6-1, pour filer en huitièmes de finale de l’US Open. Deux heures et vingt minutes de contrôle, de montée en puissance, et surtout de réponses très claires à toutes les questions qui entouraient son retour après une longue blessure au poignet.

Un retour qui prend de l’ampleur

Son premier match en simple depuis 139 jours, au premier tour, ressemblait à une simple prise de repères. Le second, face au Portugais Jaime Faria, avait réveillé quelques doutes avec un premier set perdu avant une réaction musclée. Contre Wu, il n’a laissé aucune brèche.

Alcaraz a imposé son rythme dès les premiers échanges, enfonçant progressivement un adversaire vite débordé par l’intensité, la variation et la précision du numéro deux mondial. Les jeux de service se sont enchaînés sans réelle alerte, les accélérations en coup droit ont fait reculer le Chinois de plusieurs mètres, et le score a fini par refléter l’écart de niveau du jour.

Le plus frappant, c’est ce qu’il dit de son propre état : il se sent mieux que prévu. Il s’attendait à souffrir physiquement après son entrée en lice. Au contraire, il explique récupérer très bien, porté par un travail invisible mais massif en dehors du court. Sensation nette : il a retrouvé le “rythme de la compétition” qu’il recherchait.

Match après match, il revendique la même ligne : tout donner, s’améliorer, hausser le niveau. À Flushing Meadows, ce n’est plus seulement un discours de circonstance. C’est en train de redevenir une menace concrète pour tout le tableau.

Un tableau qui s’ouvre devant lui

La victoire face à Wu n’est pas seulement un pas de plus vers la deuxième semaine. Elle s’inscrit dans un contexte qui lui devient de plus en plus favorable.

En huitièmes de finale, l’attend Tommy Paul, tête de série numéro 20. Un adversaire sérieux, solide, porté par le public américain. Mais un adversaire qu’Alcaraz a déjà battu six fois de suite. L’obstacle existe, la confiance aussi.

Devant lui, la route vers un huitième titre du Grand Chelem s’est éclaircie ces derniers jours. L’absence du numéro un mondial Jannik Sinner, blessé, a redistribué les cartes. C’est désormais Alexander Zverev, vainqueur de Roland-Garros et finaliste à Wimbledon, qui mène le tableau masculin. En tant que tête de série numéro deux, Alcaraz ne peut le croiser qu’en finale.

Et l’Allemand laisse déjà des forces. Deux matches poussés en cinq sets, des fins de rencontres à 2 heures du matin : la facture physique pourrait se présenter au pire moment.

Le reste du décor a lui aussi bougé. Novak Djokovic a quitté la scène dès le premier tour, surpris par Mariano Navone. Felix Auger-Aliassime, tête de série numéro 3, est tombé face à Karen Khachanov au deuxième tour. Les favoris tombent, les lignes bougent, et laissent un couloir plus dégagé au tenant du titre.

À l’heure actuelle, Ben Shelton, tête de série numéro 8, est le seul joueur du top 10 que l’Espagnol peut croiser avant les demi-finales. Un duel qu’il aborderait avec un net avantage statistique : trois victoires en trois confrontations. En cas de dernier carré, un choc avec Daniil Medvedev, tête de série numéro 7, se dessine. Là encore, les chiffres penchent de son côté, avec six succès pour trois défaites. Reste ce rappel récent : le Russe, imprévisible et parfois inégal, l’a battu à Indian Wells en mars.

De l’autre côté du tableau, Alexander Zverev voit se profiler des menaces bien identifiées : Taylor Fritz, porté par le public américain, et Flavio Cobolli, finaliste à Roland-Garros, pourraient se dresser sur sa route avant une éventuelle finale.

New York guette la suite

Le décor est planté, les portes s’entrouvrent, mais rien n’est encore offert. Alcaraz le sait : un tableau qui s’ouvre, c’est aussi un poids supplémentaire sur les épaules du favori désigné.

Pour l’instant, il avance à son propre rythme, sans forcer les images, sans jouer le héros blessé. Il gagne, il monte en puissance, il se rassure. Et il redonne au tournoi ce sentiment familier : tant qu’il est encore là, la question n’est pas seulement de savoir qui joue le mieux, mais qui sera capable de l’arrêter.