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Aryna Sabalenka surmonte l'odeur de cannabis à l'US Open

À New York, Aryna Sabalenka n’a pas seulement dû gérer le vent, la pression et les balles de Kamilla Rakhimova. Elle a aussi dû composer avec une odeur tenace de cannabis qui a brièvement stoppé son US Open avant qu’elle ne remette la machine en route pour filer, imperturbable, en huitièmes de finale.

Sur le Louis Armstrong Stadium, la numéro un mondiale démarre pied au plancher. 3-0 en quelques minutes, service en feu, frappes lourdes qui claquent dans la nuit new-yorkaise. Puis, soudain, Sabalenka lève la main. Elle se dirige vers la chaise d’Eva Asderaki-Moore. Elle se penche et lâche, agacée : « quelqu’un est en train de fumer de l’herbe ». L’odeur est « trop forte », demande-t-elle à l’arbitre d’intervenir.

L’échange est bref. Asderaki-Moore prend sa radio, fait un geste explicite de fumée vers les officiels derrière elle. Le jeu reprend. Le décor, lui, ne change pas : New York, Flushing Meadows, ses nuits électriques… et parfois ses effluves de Corona Park, tout proche, où le cannabis est autorisé pour les plus de 21 ans.

Sabalenka, elle, ne se laisse pas sortir du match. Deux fois tenante du titre, la Bélarusse referme le premier set 6-3 en ne concédant que quatre petits points sur son engagement. Une démonstration de puissance maîtrisée, presque clinique, malgré la gêne olfactive.

La deuxième manche offre un peu plus de résistance. Kamilla Rakhimova s’accroche, trouve un peu plus de longueur, tente de briser le rythme. Mais la pression finit par peser. À 4-4, Sabalenka appuie encore. Le break tombe, 5-4. Elle sert pour le match et ne tremble pas : 6-4. Rideau.

Les chiffres racontent le même récit d’autorité. Dix aces pour Sabalenka, seulement deux pour Rakhimova. Aucune balle de break à défendre. Seize victoires de rang désormais pour la reine de Flushing Meadows, qui poursuit sa quête d’un triplé historique à l’US Open, performance plus vue depuis Serena Williams entre 2012 et 2014.

L’épisode du cannabis n’est pas isolé. Depuis le début du tournoi, plusieurs joueuses britanniques – Katie Boulter, Harriet Dart, Francesca Jones – ont signalé la même odeur dérangeante sur les courts. Avant elles, Novak Djokovic ou Alexander Zverev s’en étaient déjà plaints les années précédentes. Le règlement interdit de fumer sur le site, mais les effluves venus de l’extérieur s’invitent parfois dans l’arène.

Sabalenka, elle, préfère laisser parler sa raquette. Troisième tour expédié, mission suivante déjà en ligne de mire. En huitièmes, elle affrontera soit l’Américaine Taylor Townsend, soit la tête de série numéro 15, Diana Shnaider, qui l’avait surprise en quart de finale à Roland-Garros en juin.

Une revanche potentielle, un public new-yorkais bouillant, une odeur de soufre — et parfois d’autre chose — dans l’air. Sabalenka avance, sans flancher, vers un morceau d’histoire.