Arsenal en route pour la Champions League : défi à Naples
Arsenal replonge dans l’Europe qui compte. Direction l’Italie, le bouillant Napoli, pour lancer une nouvelle campagne de Champions League qui doit, cette fois, mener au trophée que le club courtise depuis des décennies.
Les bases sont déjà posées : trois victoires en trois matches de Premier League, une impression de continuité après une saison terminée en finale de Champions League. Arsenal ne se cache plus. Le club veut rester champion d’Angleterre et retourner très loin en Europe. Idéalement, jusqu’au bout.
Un départ capital dans la nouvelle phase de ligue
Dans ce format de phase de ligue, bien démarrer n’est pas un luxe, c’est une obligation. Finir dans le top 8, c’est s’offrir un billet direct pour les huitièmes, sans tour de barrage. L’an dernier, Arsenal avait signé un parfait huit sur huit, verrouillant la première place avec une autorité rare.
Répéter une telle série relève presque de l’exploit. Mais tout commence par un premier succès. Gagner à Napoli ne garantirait rien, mais rendrait chaque match suivant un peu plus abordable, un peu plus respirable.
Infirmerie : un calme relatif, une grande attente
La victoire face à Chelsea dimanche a laissé plus que des sourires : aucun blessé à déplorer. Arsenal a terminé avec les honneurs… et une feuille médicale intacte. L’absence de Moises Caicedo côté Chelsea a sans doute facilité la soirée des Gunners au milieu, mais personne à Londres ne s’en plaindra.
La seule vraie alerte récente concerne Cristhian Mosquera, touché aux ischios contre Aston Villa. Sorti par précaution, il n’était même pas sur le banc face à Chelsea. Rien d’alarmant, mais assez pour susciter un léger doute avant le voyage en Italie. S’il répond présent mercredi, ce sera déjà une bonne nouvelle pour Mikel Arteta.
La grande information de la semaine reste toutefois ailleurs : Jurrien Timber a enfin retrouvé l’entraînement avec le groupe. Son absence prolongée a longtemps pesé comme une ombre sur la défense. Le Néerlandais se rapproche, mais personne ne sait encore quand il pourra réellement postuler à une place dans le onze. Il faudra du temps, des minutes, du rythme.
Une certitude en revanche : William Saliba ne sera pas là, toujours freiné par un problème au dos.
Forfait : William Saliba (dos)
Incertain : Jurrien Timber (aine), Cristhian Mosquera (ischio)
Un onze remodelé, sans renier l’ambition
Arteta veut faire tourner sans déséquilibrer. Reposer certains cadres, offrir du temps de jeu à d’autres, tout en restant compétitif sur un terrain où beaucoup trébuchent. L’équilibre est délicat, mais l’effectif d’Arsenal le permet.
L’attaque : Tzolis, Gyökeres, Madueke
Sur le côté gauche, Christos Tzolis a répondu présent au bon moment. Après une prestation à oublier lundi précédent, le Grec a réagi contre Chelsea avec une attitude transformée : disponible, tranchant, et surtout décisif avec une passe pour le but vainqueur de Martin Ødegaard. Quand un ailier commence à sentir le jeu et la confiance, le priver de minutes serait contre-productif. Même avec l’idée de rotation, il a tout pour enchaîner à Napoli.
Dans l’axe, Viktor Gyökeres attend son heure. Invisible lors des deux premiers matches, il est entré pour les vingt dernières minutes face à Chelsea, dans un rôle de gestion plus que de sauveur. Rien de spectaculaire, mais un premier contact avec l’équipe en situation réelle. Ce déplacement en Italie ressemble au moment idéal pour lui offrir une titularisation, tester ses automatismes et, peut-être, bousculer la hiérarchie au poste de numéro 9.
À droite, Noni Madueke reste le remplaçant naturel de Bukayo Saka. Entré lui aussi en fin de match contre Chelsea pour verrouiller le score, il connaît désormais parfaitement les circuits offensifs d’Arsenal. Sa polyvalence lui permettrait de glisser à gauche si besoin, surtout avec l’émergence de Max Dowman la saison passée, mais pour ce rendez-vous européen, il tient la corde sur son couloir droit.
Le milieu : Bruno, Zubimendi, Eze
Au cœur du jeu, les choix racontent souvent les intentions. Ici, ils disent rotation intelligente.
Bruno Guimarães a déjà coché la case “blessure précoce” typique des recrues d’Arsenal, touché lors du Community Shield. Présent sur le banc dimanche sans entrer en jeu, il a pu souffler encore un peu. Naples offre une fenêtre parfaite : laisser Declan Rice au repos, donner à Bruno sa première titularisation de la saison dans un match qui compte vraiment, après des minutes très prometteuses contre Aston Villa.
Derrière lui, Martin Zubimendi reste une valeur sûre. Son statut a été bousculé par l’ascension de Myles Lewis-Skelly, mais pas au point de le reléguer au second plan. Sa saison dernière l’a vu enchaîner jusqu’à l’épuisement. Cette fois, il aborde l’automne avec des jambes plus fraîches et des entrées tranchantes. En pleine forme, il offre à Arsenal un véritable métronome au poste de sentinelle. Il a tout pour reprendre sa place dans le onze au San Paolo.
Plus haut, Eberechi Eze incarne la flexibilité offensive d’Arteta. Faute de recrue supplémentaire devant, beaucoup l’imaginaient cantonné au rôle d’ailier cette saison. Mais la Champions League ouvre d’autres portes. Dans ce contexte, le voir évoluer en numéro 10, derrière l’attaquant, a du sens. Sa capacité à éliminer, à casser des lignes balle au pied et à trouver des angles de passe inhabituels peut faire énormément de dégâts entre les lignes napolitaines. Si Eze n’est pas choisi, Mikel Merino reste une option crédible, lui qui a déjà suppléé Ødegaard dans l’axe lors de ses deux dernières apparitions.
La défense : Hincapié, Gabriel, Konsa, Mosquera
À gauche, Piero Hincapié paie la forme exceptionnelle de Riccardo Calafiori. Difficile de déloger l’Italien, tant il a marqué les esprits depuis le début de saison. Hincapié, lui, se contente pour l’instant d’entrées en fin de match – deux sur trois rencontres. Ce duel à Naples arrive à point nommé pour lui donner une titularisation pleine, sans baisser le niveau global de la ligne arrière.
Dans l’axe, Gabriel reste l’ancre. Arteta ne devrait pas toucher à son rôle de patron à gauche de la charnière. Leader vocal, dominateur dans les duels, il s’est imposé comme l’un des meilleurs défenseurs centraux du monde. Avec lui, la défense garde un point fixe, une garantie.
À ses côtés, Ezri Konsa a déjà vécu un baptême du feu contre Chelsea. Une entame hésitante, quelques erreurs, puis des interventions tranchantes et une montée en puissance au fil des minutes. Sans William Saliba, la question était simple : la défense allait-elle perdre sa solidité ? La réponse, au moins pour ce premier test, a rassuré. La paire Gabriel–Konsa n’efface pas Saliba, mais elle offre assez de certitudes pour voyager en Europe sans trembler.
À droite, les options se réduisent. Cristhian Mosquera, malgré son souci musculaire récent, reste le candidat le plus logique. Timber n’est probablement pas encore prêt, Ben White ne peut plus enchaîner trois matches par semaine comme avant, et Marli Salmon semble destiné, pour l’instant, aux coupes nationales. Si Mosquera est apte, il devrait tenir ce couloir droit.
Dans les buts : Raya, sans débat
Arsenal dispose de trois gardiens capables de débuter en Champions League. Sur le papier, du moins. Dans la réalité, un seul s’impose : David Raya.
L’écart de niveau est net, sans que ce soit un reproche pour les autres. Raya a simplement haussé le standard. Contre Chelsea, il a été surpris au premier poteau en début de match, puis a fermé la boutique. Plus rien. Pas même une ouverture. Sa parade tardive sur une frappe enroulée d’Estevao a scellé la victoire et rappelé pourquoi il est numéro un.
Une campagne à assumer
Arsenal se présente à Naples avec un mélange assumé : rotation, ambition, continuité. Le club ne découvre plus ces hauteurs européennes, il y revient avec l’expérience d’une finale perdue et l’envie de ne plus se contenter de presque.
Un premier acte en Italie ne décidera pas de tout. Mais il dira déjà si ces Gunners-là sont prêts à vivre une autre saison à huit victoires sur huit… ou à emprunter un chemin plus sinueux vers le sommet.




