Zverev s'impose face à Khachanov et atteint la finale de l'US Open
Alexander Zverev avance désormais au rythme des très grands. Tête de série numéro 1 à New York, l’Allemand a écarté Karen Khachanov en trois sets, 6-3, 7-6 (9/7), 7-6 (8/6), pour se hisser en finale de l’US Open pour la deuxième fois de sa carrière, et signer surtout une troisième finale majeure consécutive après Roland-Garros et Wimbledon.
Sur le papier, c’est une victoire en trois manches. Sur le court, c’était tout sauf une promenade.
Un départ maîtrisé, puis la bagarre
Le premier set ressemble à un avertissement sec. Zverev impose tout de suite sa cadence, prend l’échange tôt, dicte avec son service et son coup droit. Khachanov, 50e mondial, ne parvient pas à s’installer. Une rupture rapide, un score de 6-3, et l’impression que le numéro 1 du tableau a trouvé son rythme de croisière.
Mais le Russe refuse de jouer le figurant. Dès le deuxième set, il se durcit, tient mieux l’échange, prend plus de risques en retour. Zverev le break, pense s’envoler, et se fait aussitôt reprendre. Le moment clé arrive dans le quatrième jeu : Khachanov glisse un passing gagnant qui lui arrache un sourire, puis s’offre sa première balle de break sur un coup droit tonitruant. Zverev craque, double faute, et le match change de ton.
Les échanges s’allongent, les regards se durcissent. Les deux hommes se rendent coup pour coup jusqu’au tie-break. Là, la tension grimpe d’un cran. Zverev se procure deux balles de set. Khachanov les efface, d’abord avec un coup droit surpuissant, puis avec un revers long de ligne somptueux. Le stade retient son souffle. L’Allemand insiste, s’accroche, finit par arracher la manche 9/7. Premier tournant.
« Victoire en trois sets, mais tout sauf simple », reconnaîtra Zverev. « Il a joué de manière incroyable, il s’est battu de manière incroyable. »
Un troisième set sous haute tension
Le troisième acte devient un bras de fer mental. Plus une seule balle de break pour l’un comme pour l’autre. Les services dominent, la moindre ouverture est refermée d’un ace ou d’un premier coup de raquette agressif. Khachanov ne lâche rien, Zverev non plus. On sait que tout va se jouer à la corde.
Nouveau tie-break. Cette fois, c’est le Russe qui frappe en premier. Il mène 6-4, deux balles de set, l’espoir de relancer totalement la demi-finale. Mais la main tremble au moment de conclure : deux fautes en coup droit, deux occasions envolées. Zverev n’en demande pas tant. Il plante son 15e ace pour s’offrir une balle de match, et Khachanov finit par envoyer un dernier coup droit trop long. Rideau.
« Sur les deuxième et troisième sets, c’est évident que ça pouvait basculer d’un côté comme de l’autre », souffle Zverev. « J’ai juste joué quelques points un peu mieux ici ou là, et je suis heureux de la victoire. »
Deux heures et 57 minutes de combat, et le Russe voit s’échapper sa tentative de devenir le finaliste de Grand Chelem le moins bien classé depuis Marcos Baghdatis, 54e mondial, à l’Open d’Australie 2006. Trois ans après la finale olympique de Tokyo perdue face au même homme, il tombe encore sur un Zverev trop solide dans les moments clés.
De la souffrance du début à la puissance de la fin
Cette montée en puissance n’était pourtant pas écrite. Zverev avait démarré le tournoi dans la douleur, avec deux marathons en cinq sets lors des deux premiers tours, pour un total de neuf heures et 26 minutes passées sur le court. L’ombre de la fatigue planait. Match après match, il a resserré le jeu, haussé le niveau, jusqu’à ce vendredi où il a tenu la distance dans un match tendu sans jamais céder un set.
Il retrouve ainsi la finale de l’US Open, quatre ans après cette défaite crève-cœur en cinq manches face à Dominic Thiem, alors qu’il menait deux sets à rien. Le fantôme de 2020 plane toujours au-dessus de Flushing Meadows quand il s’agit de l’Allemand. Dimanche, il aura une nouvelle chance de le chasser définitivement.
Le rêve américain en ligne de mire… à contrarier
En face, l’attend le vainqueur de la demi-finale 100 % américaine entre Ben Shelton, tête de série n°8, et Frances Tiafoe, n°11. Deux joueurs portés par un public qui rêve de mettre fin à une disette longue de 23 ans : aucun Américain n’a remporté un titre du Grand Chelem depuis Andy Roddick à l’US Open 2003.
Shelton arrive lancé, après avoir renversé le tenant du titre et septuple vainqueur en Grand Chelem, Carlos Alcaraz, au terme d’un quart de finale irrespirable conclu à 3 h 34 du matin, le match le plus tardif de l’histoire du tournoi. Tiafoe, lui, court toujours derrière sa première finale majeure, tout comme son compatriote.
Leur face-à-face est équilibré : Shelton mène dans leurs confrontations, mais les deux hommes se sont partagé leurs deux duels à l’US Open. Shelton l’avait emporté en quart de finale en 2023, Tiafoe avait pris sa revanche au troisième tour l’année suivante. Un décor parfait pour une bataille sous haute tension, avec l’histoire du tennis américain en toile de fond.
Zverev, lui, a déjà choisi son rôle. « J’espère pouvoir empêcher que le rêve américain se réalise dimanche », a-t-il lancé, sourire en coin. Le message est clair : il ne compte pas être un figurant dans la grande quête nationale.
Une journée marquée par la mémoire, et un week-end de finales
Cette journée de demi-finales s’est jouée dans une atmosphère particulière. Lors des hymnes des sessions de jour et de nuit, le stade a marqué le 25e anniversaire des attentats du 11 septembre, qui avaient fait s’effondrer les tours du World Trade Center. Un moment solennel, suspendu, avant que la fureur du jeu ne reprenne ses droits.
Chez les femmes, la scène est déjà dressée pour samedi : Elena Rybakina tentera de priver Aryna Sabalenka d’un troisième sacre consécutif à New York. La Kazakhe arrive lancée, quelques jours après avoir mis fin au règne de près de deux ans de la Biélorusse au sommet du classement mondial en atteignant le dernier carré.
Reste une question, immense : ce week-end, l’US Open couronnera-t-il le retour d’un champion américain chez les hommes, ou la consécration d’un Zverev enfin maître de ses démons en finale de Grand Chelem ?




