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Inde frôle la défaite contre le Japon au Sano Cricket Ground

Au Sano Cricket Ground, les champions du monde ont vacillé. L’Inde s’en est sortie, mais de justesse, en défendant 32 runs dans un T20 réduit à cinq overs par côté, pour finalement battre le Japon de seulement deux runs. Un score minuscule, une pression maximale, et une décision d’arbitre qui fera parler longtemps.

Un géant en difficulté, un outsider décomplexé

Ramenée à 32-4 en cinq overs, l’Inde a semblé méconnaissable. Le rouleau compresseur habituel s’est grippé face à une équipe japonaise audacieuse, parfaitement organisée avec la balle. À 14-3, la perspective d’une humiliation planait. Shreyas Iyer a alors arraché quelques bouffées d’air avec 16 runs en 12 balles, un petit capital mais vital dans ce format éclair.

En face, le Japon a joué sans complexe. À seulement 17 ans, le spinner Charlie Hara-Hinze a frappé fort d’entrée : Abhishek Sharma, renvoyé dès la première balle. Hara-Hinze termine avec 2-17, des chiffres qui, dans ce mini-match, pèsent lourd. L’Inde, elle, ne trouve jamais vraiment le rythme et quitte le terrain avec 32-4, un total qui, sur le papier, laisse la porte grande ouverte.

Une poursuite chaotique… puis l’espoir

Le Japon ne profite pourtant pas immédiatement de la brèche. La chasse démarre mal : 8-2 après deux overs, l’élan est brisé d’entrée. Les batteurs hésitent, l’Inde resserre les lignes, et le scénario semble basculer à nouveau en faveur des favoris.

Mais la rencontre refuse de suivre le script attendu. Sur les troisième et quatrième overs, les Japonais prennent 17 runs. Le doute s’installe côté indien, la confiance change de camp. À l’entame de la dernière over, le calcul est simple : huit runs à marquer pour un exploit retentissant. L’Inde, championne du monde, face à une équipe qui n’a jamais disputé de T20 World Cup, au bord d’une déconvenue historique.

La wide qui change tout

La tension explose sur une seule balle. Alexander Shirai-Patmore, gaucher, tente un reverse-sweep sur le spin d’Axar Patel. La balle part côté leg, ce qui serait normalement une wide en white-ball cricket. L’arbitre lève les bras : signal de wide.

Axar Patel fulmine. Shreyas Iyer le rejoint, les deux Indiens contestent immédiatement. Après la réclamation, les deux arbitres se concertent. Et reviennent sur leur décision. La wide est annulée.

Ce revirement change brutalement l’équation : au lieu de cinq runs à marquer sur quatre balles, le Japon se retrouve avec six à inscrire sur trois. Dans un match aussi court, ce détail devient une fracture.

Les conditions de jeu sont pourtant claires pour les T20 internationaux masculins : à partir du moment où le batteur modifie la position de ses mains ou de ses pieds pour jouer un reverse shot, il perd le « privilège » de voir automatiquement sanctionnée une balle sur la jambe comme une wide. Le texte précise qu’une wide doit être appelée si la balle passe largement à l’écart de l’endroit où se tient le batteur, et qu’elle serait également passée large s’il avait gardé une position normale.

Sur le fond, la décision finale colle donc au règlement. Sur la forme, elle interroge : il n’y avait aucun Decision Review System en place, et pourtant une décision arbitrale a été renversée après contestation des joueurs. Dans un sport qui met en avant le « spirit of cricket » et le principe « accepter la décision de l’arbitre », la scène laisse une drôle d’impression.

Axar ferme la porte, le Japon frôle l’exploit

Une fois la polémique refermée, Axar Patel termine le travail avec un calme glacé. Il boucle ses deux overs avec 0-7, verrouille la fin de manche, et laisse le Japon à 30-3, à deux unités d’un exploit qui aurait fait le tour du monde.

Le contraste est violent : l’Inde s’en sort, mais sans éclat. Le Japon, lui, quitte le terrain avec la frustration d’un rendez-vous manqué, mais aussi la preuve qu’il peut bousculer les meilleures nations.

Pour les deux équipes, ce duel avait valeur de test avant les Asian Games masculins qui débutent le 24 septembre. Pour le Japon, c’est surtout un signal envoyé au continent : ce n’est peut-être que le début.

Inde frôle la défaite contre le Japon au Sano Cricket Ground