Alexander Zverev atteint la finale de l'US Open 2024
Alexander Zverev a tenu son rang. Trois sets, aucun concédé, mais une demi-finale loin d’être tranquille face à un Karen Khachanov accrocheur, sur un Arthur Ashe Stadium partagé entre lumière crue et tension lourde. Le numéro 1 mondial s’est imposé 6-3, 7-6 (7), 7-6 (6) et s’est offert une deuxième finale à Flushing Meadows, quatre ans après celle perdue en 2020.
Zverev démarre fort, Khachanov s’accroche
Le début de match ressemble à une mise au point. Zverev entre vite dans sa finale avant l’heure, prend le contrôle de l’échange, verrouille son service et emporte la première manche 6-3. En face, Khachanov se brûle les ailes : presque deux fois plus de fautes directes que l’Allemand dans ce premier acte, un handicap impossible à compenser à ce niveau.
On croit alors à une autoroute. Mais le Russe refuse le rôle de figurant. Non tête de série, 30 ans, il s’accroche à chaque jeu, corrige la mire, sert mieux, frappe plus lourd. La rencontre change de ton. Zverev continue de tenir sa ligne, mais les échanges s’allongent, les points deviennent physiques, la marge se réduit. Le deuxième set se joue au couteau, jusqu’au tie-break.
Là encore, Zverev trouve la faille au bon moment. Il serre le jeu, s’impose 7-6 (7) et se retrouve à un set de la finale. Khachanov a tout donné, mais l’Allemand a gardé le sang-froid.
Le soleil, la bronca… et un nouveau tie-break
Le troisième set repart sur le même fil. Personne ne lâche son service, les jeux défilent, 3-3, 4-4, 5-5. La moindre hésitation peut tout faire basculer. À 6-5 pour Zverev, l’Allemand a l’occasion de conclure sans passer par un nouveau jeu décisif. C’est là qu’un autre adversaire surgit : le soleil.
Gêné par un reflet, Zverev se plaint à l’arbitre. Selon la diffusion d’ESPN, l’éblouissement vient des vitres des loges, portes ouvertes. Le public gronde, n’apprécie pas la scène. L’Allemand perd le fil, puis le jeu. 6-6. Deuxième tie-break.
La lumière continue de le perturber. Zverev se retrouve mené 4-1 dans ce jeu décisif. La dynamique semble basculer, Khachanov sent l’ouverture, l’ombre d’un quatrième set plane sur l’Ashe. Mais le numéro 1 mondial refuse de reculer. Point après point, il remonte, recolle, revient à 6-6. Il sauve deux balles de set, se procure une balle de match, et cette fois ne tremble pas. 7-6 (6). Rideau.
En trois manches, mais au prix d’un vrai bras de fer mental, Zverev rejoint la finale. Il disputera dimanche sa troisième finale consécutive en Grand Chelem, lui qui a décroché son premier majeur à Roland-Garros en juin.
Une revanche à prendre, une ambiance à apprivoiser
Cette finale à New York a un goût particulier pour lui. La dernière fois qu’il s’y est retrouvé, en 2020, il avait laissé filer le titre. Quatre ans plus tard, il revient avec un statut, une expérience et une autre certitude : le stade ne sera probablement pas pour lui.
En face, il trouvera un Américain, forcément porté par un public prêt à rugir sur chaque point. Le vainqueur de la deuxième demi-finale, un duel 100 % US entre Ben Shelton (tête de série n°8) et Frances Tiafoe (n°11), aura tout le stade dans le dos. Zverev le sait, et l’assume. Interrogé par ESPN, il a glissé, à propos de Shelton et Tiafoe, que “tout le monde les aime ici à New York” avant de lâcher, mi-sourire mi-défi : il espère “ne pas réaliser le rêve américain.”
Shelton – Tiafoe, une demi-finale qui marque l’histoire
Le programme de la soirée a des allures de chapitre historique pour le tennis américain. Ben Shelton et Frances Tiafoe s’affrontent pour une place en finale, avec un double enjeu : une première finale en Grand Chelem pour l’un comme pour l’autre, et la perspective de voir, pour la première fois depuis Taylor Fritz en 2024, un joueur américain disputer la finale de l’US Open.
Le poids des années est encore plus lourd : aucun joueur américain n’a remporté le tournoi depuis Andy Roddick en 2003. Vingt-trois ans d’attente, de générations qui passent sans toucher le trophée à New York.
Ce duel va aussi au-delà du simple tableau des résultats. Pour la première fois, deux joueurs noirs américains se retrouvent face à face en demi-finale du simple messieurs à l’US Open. Quel que soit le vainqueur, un joueur noir américain disputera la finale pour la première fois depuis la dernière apparition d’Arthur Ashe en 1972. Une ligne de plus dans l’histoire du tournoi, et un symbole fort un jour particulièrement chargé d’émotion aux États-Unis.
Dimanche, à 14 h (heure de la côte Est), Alexander Zverev se dressera donc face à l’un d’eux pour le titre. L’Allemand veut effacer 2020, le public rêve d’un sacre à domicile. Reste à savoir qui imposera sa loi sur le plus grand court du monde.




