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Zverev bat Khachanov et atteint la finale de l'US Open

Alexander Zverev a remis le costume des grands soirs à Flushing Meadows. En trois sets serrés, tendus, parfois étouffants, l’Allemand a écarté Karen Khachanov 6-3, 7-6(7), 7-6(6) pour décrocher son billet pour la finale de l’US Open et se rapprocher d’un deuxième titre du Grand Chelem.

De la survie au contrôle total

Il y a une semaine, Zverev jouait avec le feu, poussé cinq sets lors de ses deux premiers tours. On le sentait vulnérable, encore en rodage après son sacre à Roland-Garros. Depuis, le décor a changé. Quatre matchs, aucun set concédé. Une montée en puissance implacable qui l’amène à une troisième finale majeure consécutive.

Face à Khachanov, le ton a été donné d’entrée. Zverev a frappé le premier, break rapide, première manche maîtrisée 6-3, service solide, trajectoires lourdes. L’Allemand a imposé son tempo, sans laisser l’ombre d’une ouverture à un Russe encore en rodage.

Le début du deuxième set a semblé confirmer cette tendance : Zverev a immédiatement pris le service de son adversaire, étirant une série impressionnante de jeux de service remportés. Mais Khachanov, non tête de série mais loin d’être résigné, a fini par se libérer.

Khachanov se rebelle, Zverev serre le jeu

Le Russe a trouvé sa longueur, lâché ses frappes, et brisé une statistique qui commençait à peser : il a mis fin à une série de 37 jeux de service consécutifs remportés par Zverev en Grand Chelem. Soudain, le match s’est enflammé. Les échanges se sont allongés, les coups de massue ont fusé des deux côtés, et le deuxième set s’est logiquement joué au tie-break.

Là, la tension a été maximale. Un jeu décisif de 14 minutes, accroché, où Khachanov a plusieurs fois semblé en mesure de faire basculer la rencontre. Mais au moment de conclure, la différence s’est faite sur le sang-froid. Zverev a tenu sa ligne, a accepté l’échange supplémentaire, a laissé les erreurs venir. Khachanov a craqué sur les points qui comptent, l’Allemand a arraché le set et pris une vraie option sur le match.

Le troisième acte a repris le même scénario. Bras de fer, aucun des deux hommes ne voulant lâcher sa mise en jeu, puis un nouveau tie-break. Cette fois, Khachanov a pris les devants, comme un dernier sursaut. Il a mené, a entrevu l’espoir de prolonger la soirée. Zverev, lui, n’a pas paniqué.

Point après point, il a grignoté son retard, imposé sa régularité, jusqu’à retourner complètement la situation. À la fin, un chiffre résume ce bras de fer psychologique : septième victoire de Zverev en dix confrontations face au Russe. Une habitude, presque une emprise.

Une saison de Grand Chelem XXL

Avec ce succès, Zverev affiche désormais un bilan de 24 victoires pour seulement 2 défaites en Grand Chelem cette saison. Des chiffres de patron. Il disputera dimanche sa deuxième finale à l’US Open, quatre ans après avoir laissé filer le titre face à Dominic Thiem, alors qu’il menait deux sets à rien.

Cette cicatrice-là n’a jamais vraiment disparu. Elle donne à ce retour en finale une dimension particulière. L’Allemand revient sur le même court, avec un palmarès alourdi d’un Roland-Garros et une constance retrouvée au plus haut niveau.

En face, il trouvera un public chauffé à blanc. Son adversaire sortira d’une demi-finale 100 % américaine entre Frances Tiafoe et Ben Shelton, deux chouchous de New York. Zverev le sait, il ne sera pas l’homme du peuple dimanche.

« Je ne peux pas attendre dimanche. Ça va être incroyablement spécial, Frances et Ben sont les favoris du public ici à New York », a-t-il confié après le match. Il a déjà l’œil tourné vers cette demi-finale américaine qu’il a qualifiée d’« épique », espérant pouvoir « empêcher le rêve américain de se réaliser ».

Le décor est planté. Un champion de Roland-Garros en quête de rédemption à Flushing Meadows, face à une vague américaine portée par le public. Zverev a déjà laissé passer une fois l’occasion d’inscrire son nom au palmarès à New York. Peut-il vraiment se permettre de la laisser filer une deuxième fois ?