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US Open : Zverev surmonte Khachanov pour atteindre la finale

Alexander Zverev a choisi son soir. Sur le Arthur Ashe, l’Allemand a muselé Karen Khachanov en trois sets serrés – 6-3, 7-6 (9-7), 7-6 (8-6) – pour s’ouvrir les portes de la finale du simple messieurs du US Open, au terme d’un match où son service a dicté la loi et étouffé les révoltes du Russe.

Zverev, des doutes à 3h du matin à la finale du US Open

Quelques jours plus tôt, Zverev riait de lui-même avec son équipe dans le vestiaire, à 3h du matin, après un deuxième tour poussif. Il parlait d’un niveau de jeu médiocre, d’une balle qu’il ne « sentait » pas. Ce soir, la même raquette a claqué 15 aces, pour seulement 6 doubles fautes. Un contraste brutal, presque symbolique de sa quinzaine.

Face à lui, Karen Khachanov n’a pas démérité. Trois doubles fautes seulement, 6 aces, une présence constante dans l’échange et une vraie audace dans les moments chauds. Il a mené dans les tie-breaks du deuxième et du troisième set. Il a souvent semblé tenir le fil du match. Mais ce fil a fini par se rompre dans les mains de Zverev.

L’Allemand a frappé plus fort, surtout sur deuxième balle : 112 mph de moyenne, près de 20 mph de plus que son adversaire. Cette seconde balle, d’ordinaire zone de turbulence pour beaucoup, lui a servi de parachute. Elle l’a sorti de plusieurs situations critiques, l’a maintenu debout quand Khachanov cognait à la porte d’un quatrième set.

Tie-breaks brûlants, Zverev glacé

Le tournant du match se lit dans ces deux jeux décisifs. Dans le troisième set, Khachanov mène, joue libéré, attaque le filet avec succès – 13 points gagnés sur 14 montées. Il frappe fort du fond, décroche un énorme coup droit dans le coin, se tourne vers le public, presque détaché, comme un gladiateur qui sait qu’il fait mal.

En face, Zverev vacille. Il rentre dans le filet, paraît jouer « comme un homme sous pression », alors que Khachanov frappe sans retenue. Annabel Croft, ancienne numéro un britannique, souligne à l’antenne la perfection de certaines frappes du Russe, la tension évidente chez l’Allemand.

Et puis, le rapport de force se renverse. Poussé en défense par un lob, Zverev arrache un coup croisé gagnant, son 37e coup gagnant du match. Un éclair. Khachanov dévisse, le score se resserre. Deux points sur son service pour le Russe, la promesse d’un quatrième set à portée de main. Il ne les prendra pas.

Le dernier ace de Zverev, son 15e, tombe comme un couperet. Croft lâche un « d’où ça sort, ça ? » admiratif. L’Allemand vient de choisir le plus gros moment pour envoyer l’une de ses meilleures premières. Khachanov, lui, quitte Flushing Meadows sous les applaudissements, signe quelques autographes, la tête haute mais avec le goût amer des occasions manquées. Sur une autre soirée, ce match allait au bout.

Son parcours n’en reste pas moins précieux : une demi-finale, des points engrangés, un bond attendu au classement. Mais cette fois, la marche Zverev était un peu trop haute.

« Ne pas réaliser leur rêve américain »

Zverev, désormais en finale, sait ce qui l’attend : un stade acquis à la cause de son futur adversaire. Dimanche, ce sera Frances Tiafoe ou Ben Shelton, deux chouchous du public américain, deux énergies différentes mais un même point commun : le soutien massif des tribunes.

L’Allemand ne s’en cache pas : la soirée l’excite. Il parle d’un match « spécial », d’une demi-finale entre Tiafoe et Shelton qu’il se réjouit de regarder, et glisse, avec un sourire, qu’il espère « ne pas réaliser leur rêve américain ». La formule dit tout : il sait qu’il jouera contre un joueur… et contre une ambiance.

Après ses déceptions en Grand Chelem, ses « struggles » répétés, comme il le rappelle lui-même, Zverev donne presque l’impression d’un rendez-vous avec son histoire. Il affirme qu’il s’est amélioré, qu’il profite enfin, qu’il aime ces grandes finales. Dimanche dira si ce nouveau discours se transforme en trophée.

Hewett/Reid en danger dans la finale du double fauteuil

Pendant que Zverev se fraye un chemin vers la grande scène, un autre combat se joue plus loin, sur le Court 11, dans un décor plus discret mais avec une mise énorme : la finale du double fauteuil masculin.

Alfie Hewett et Gordon Reid, têtes de série numéro un, visent un sixième titre au US Open. Pour l’instant, ils souffrent. Le duo britannique a perdu le premier set 6-2 face à Martin de la Puente et Ruben Spaargaren, auteurs d’une série implacable de six jeux de suite pour boucler la manche. Dans le deuxième set, Hewett et Reid se retrouvent menés d’un break, puis recollent : 2-6, 3-3, puis 2-2 un peu plus tôt dans la partie. Le match se remet à flot, les débats s’équilibrent, mais la marge de manœuvre est mince.

Ils connaissent pourtant la route du retour : la veille, ils avaient déjà renversé une demi-finale monumentale contre Gustavo Fernandez et Tokito Oda, tenants du titre. Il faudra puiser dans les mêmes ressources mentales pour espérer arracher un troisième set et garder en vie leur rêve de sixième couronne.

La nuit avance sur New York, les tribunes se vident par endroits, mais la tension reste intacte sur tous les courts. Une finale majeure se prépare, une autre se joue au couteau. Et une question s’impose : ce US Open sera-t-il le tournoi où Alexander Zverev transforme enfin sa promesse en titre, pendant que Hewett et Reid défendent, eux, un empire déjà bâti ?