US Open : Coco Gauff avance en quarts après une victoire contre Iva Jovic
Sous la chaleur moite d’un soir de Labour Day à New York, Coco Gauff a rappelé pourquoi Flushing Meadows est devenu son terrain de jeu favori. La tenante du titre a remporté le duel 100 % américain face à la jeune Iva Jovic, 18 ans, en deux sets secs, 6-1, 6-4, pour se hisser en quarts de finale du US Open.
Le score paraît net. L’histoire, elle, a mis quelques minutes à se mettre en place.
Un départ hésitant, puis la tornade
Gauff, 22 ans, a commencé la rencontre avec une nervosité étonnante pour une championne en titre. Double faute, break d’entrée offert à Jovic, et un Arthur Ashe qui retient un instant son souffle. La cadette prend les devants, la favorite se cherche.
Mais le doute n’a pas duré.
Balles plus lourdes, déplacements plus tranchants, regards plus durs : Gauff a très vite haussé le ton. Jovic, elle aussi tendue, a cédé sous la pression. La Floridienne a enchaîné six jeux d’affilée pour boucler un premier set à sens unique, 6-1, étouffant complètement l’élan de son adversaire.
La différence d’expérience s’est vue dans chaque échange important. Gauff savait où frapper, quand accélérer, comment faire reculer la jeune joueuse. Jovic, courageuse, subissait le tempo.
Jovic se rebelle, Gauff répond avec autorité
Le deuxième set a offert un autre visage. Jovic s’est accrochée, a enfin tenu son service pour mener 1-0, puis s’est installée un peu mieux dans la diagonale. Le bras s’est délié, les frappes ont gagné en profondeur. Le match, lui, a gagné en intensité.
Mais chaque fois que la rencontre menaçait de basculer, Gauff a serré le jeu.
À 2-2, trois points d’anthologie ont fait lever le public : défense désespérée transformée en contre-attaque fulgurante, courses de fond de court, changements de direction millimétrés. Sur cette séquence, Gauff a arraché le break pour mener 3-2. Une démonstration de ce mélange de puissance et d’instinct défensif qui fait sa marque.
Jovic a eu le mérite de répliquer immédiatement, débreak dans la foulée. Signe qu’elle n’était pas venue pour admirer. Mais le bras de fer n’a pas duré. Gauff a repris le service de la jeune Américaine blanc de blanc, break à zéro, pour reprendre le contrôle à 4-3.
Dès lors, la championne n’a plus tremblé. Service solide, choix justes, gestion clinique des points importants. Elle a conclu l’affaire en 1h33, sans jamais avoir lâché le moindre set depuis le début du tournoi.
La parole de l’aînée
Une fois la poignée de main échangée, Gauff a pris le temps de se tourner vers Jovic, comme pour lui tendre la main au-delà du filet. Elle a salué « une joueuse incroyable, un talent incroyable » et insisté sur le niveau déjà très mûr de sa compatriote de 18 ans.
Elle a aussi rappelé ce que représente cet âge-là sur le circuit : des défaites qui font très mal, des victoires qui emportent très haut. Elle n’a pas oublié ses propres débuts. Et elle a souligné l’essentiel : Jovic joue déjà un tennis de très haut niveau, et son heure viendra.
Pour l’instant, la scène reste à Gauff. Mais la relève, elle, frappe déjà à la porte.
Andreeva, l’obstacle qui revient toujours
Le succès du soir lui offre un quart de finale à la saveur particulière : un choc face à Mirra Andreeva, récente lauréate de Roland-Garros. Les deux jeunes stars se connaissent par cœur. Cinq confrontations, cinq victoires pour Gauff. Mais l’histoire ne dit rien de la suite.
La numéro 3 mondiale sait que le décor a changé. Andreeva arrive désormais avec un statut de championne du Grand Chelem, une confiance d’un tout autre calibre, une place assumée parmi les joueuses qui comptent. Gauff s’attend à un match différent, plus dur, plus serré, où chaque point pourra faire basculer l’équilibre.
Le tableau féminin, lui, est désormais complet en quarts : Aryna Sabalenka affrontera Linda Noskova, Jessica Pegula défiera Emma Navarro, Gauff croisera donc Andreeva, tandis que Qinwen Zheng se mesurera à Elena Rybakina pour une place dans le dernier carré.
Gauff n’a pas encore perdu un set de la quinzaine. Elle avance, sûre de ses forces, portée par un stade qui l’a vue soulever son premier Grand Chelem il y a un an.
La question n’est plus de savoir si elle est prête.
Elle est de savoir qui, à Flushing Meadows, pourra l’arrêter.




