logo

Roberto Mancini : une liste XXL pour relancer l’Italie

Roberto Mancini n’a même pas encore donné sa liste que l’Italie bruisse déjà de noms, de paris et de retours inattendus. Selon La Gazzetta dello Sport, le sélectionneur de retour aux commandes s’apprête à convoquer jusqu’à 35 joueurs pour le prochain rassemblement. Un chiffre qui dit tout : l’Azzurra entre dans un tunnel de onze jours, quatre matches de Nations League, et Mancini veut voir large.

Un calendrier infernal, une liste en conséquence

Le programme est brutal : Belgique à Rome le 25 septembre, puis deux déplacements en Turquie et en France, avant de retrouver la Turquie à Bologne. Quatre rencontres en 11 jours, un groupe A de Nations League à négocier pour viser au minimum le top 2 et un billet pour les quarts de finale. Impossible de tenir sans rotation massive.

D’où cette pré-liste élargie, pensée comme un laboratoire express. Mancini veut des certitudes, mais aussi des révélations.

Des paris forts : Romano, Zoma, Samuel Inacio

Parmi les surprises annoncées, plusieurs noms sans aucune cape : Romano, Zoma, Samuel Inacio. Des profils encore inconnus du grand public, mais déjà bien présents dans les dossiers du staff.

Romano, milieu axial, a frappé à la porte avec ses performances récentes. Dans une zone du terrain où les options se raréfient, son dynamisme et sa forme du moment le propulsent naturellement dans la discussion. L’urgence du poste lui ouvre une brèche.

Zoma, lui, arrive d’Allemagne avec une mission claire : offrir de la largeur à un secteur offensif qui en manque cruellement. L’Italie cherche des joueurs capables d’étirer les défenses, de fixer sur les côtés, de créer des un-contre-un. Le profil est rare, Mancini tente le coup.

Samuel Inacio complète ce trio de paris, symbole d’un sélectionneur décidé à ouvrir les portes, sans pour autant tout casser.

Doumbia et Ahanor pourraient également profiter de cette vague de renouvellement partiel, signe qu’aucun poste n’est figé.

Une hiérarchie bousculée… mais pas renversée

Derrière ces nouveautés, l’ossature du groupe reste bien visible. Les héros de l’Euro 2020 n’ont pas disparu du paysage. Nicolò Barella, Giovanni Di Lorenzo, Bryan Cristante, Alessandro Bastoni : le noyau dur est toujours là, colonne vertébrale d’un vestiaire que Mancini connaît intimement.

Certains noms réapparaissent aussi, presque à contre-courant. Federico Bernardeschi, champion d’Europe mais longtemps éloigné des radars, figure parmi les possibles retours. Rolando Mandragora est également cité pour une convocation surprise. Des profils expérimentés, capables de tenir un match compliqué dans un cycle où les minutes vont s’enchaîner.

Dans les buts, la hiérarchie s’élargit sans se renier. Gianluigi Donnarumma reste le numéro un attendu, mais Marco Carnesecchi et Guglielmo Vicario continuent de s’installer dans le paysage. Pessina, portier de Bologne, pourrait venir compléter ce groupe, récompensé par une première apparition dans l’univers Azzurro.

Les absents de marque et un équilibre délicat avec les Espoirs

Le tableau n’est pas complet sans la liste des forfaits, lourde. Federico Chiesa, Nicolò Zaniolo, Manuel Locatelli, Alessandro Buongiorno : autant de titulaires ou quasi-titulaires qui disparaissent de l’équation pour cause de blessure. Des manques criants, surtout dans les couloirs et au milieu.

Mateo Retegui, lui, se trouve encore en vacances en Argentine. Son cas reste ouvert : Mancini pourrait le rappeler en urgence si la situation l’exige, mais pour l’instant, le sélectionneur semble préférer garder quelques cartes en main.

Un autre dossier a pesé dans ses choix : ne pas dépouiller l’Italie des moins de 21 ans. Pas de révolution totale, donc. Cher Ndour, Niccolo Pisilli, Luca Koleosho resteront avec le groupe dirigé par Bernardo Baldini, engagé dans des qualifications européennes cruciales. Mancini sait qu’il ne peut pas sacrifier une génération entière sur l’autel de l’urgence immédiate.

Il avance donc sur une ligne de crête : injecter du sang neuf sans affaiblir la base de la pyramide.

Nations League, Euro 2028 : un même enjeu

Derrière cette liste élargie, il n’y a pas seulement la gestion de la fatigue. Chaque minute jouée dans cette Nations League pèsera sur le classement, et ce classement comptera pour le tirage au sort des qualifications de l’Euro 2028 à Belfast. Une mauvaise série maintenant, et l’Italie pourrait se retrouver dans un chapeau moins favorable, avec un parcours piégé dès les éliminatoires.

Mancini le sait. Il n’a pas le luxe du temps long. Il doit reconstruire, tester, gagner, tout à la fois.

Alors, il appelle large. Il ouvre la porte aux Romano, Zoma, Samuel Inacio, sans renier les Barella, Di Lorenzo ou Bastoni. Il protège les jeunes de l’Under-21 tout en préparant déjà ceux qui devront, tôt ou tard, franchir le pas.

La liste officielle dira jusqu’où il est prêt à aller. La vraie réponse, elle, tombera sur le terrain, dans ce sprint de onze jours qui dira si l’Italie peut redevenir une menace, ou si la reconstruction ne fait que commencer.

Roberto Mancini : une liste XXL pour relancer l’Italie