Qinwen Zheng renverse Iga Swiatek à l'US Open
À New York, Qinwen Zheng joue avec le feu… et gagne à chaque fois. Qualifiée sortie des limbes du classement, revenue d’une longue blessure au coude, la Chinoise s’est offert une nouvelle nuit irréelle à l’US Open en renversant Iga Swiatek, six titres du Grand Chelem au compteur, pour s’ouvrir les portes des quarts de finale.
Score final : 7-5, 6-3. Mais ce n’est qu’une partie de l’histoire.
De 0-5 à la furia
Deux jours plus tôt, Zheng était déjà passée tout près de la sortie. Menée 0-5, balle de match contre elle dans le troisième set face à Madison Keys, elle avait enchaîné sept jeux consécutifs pour renverser l’Américaine, tête de série n°22, 1-6, 7-6 (7-3), 7-5. Une remontée qu’on classe d’ordinaire dans la catégorie des miracles.
Elle vient d’en signer une deuxième.
Face à Swiatek, ancienne championne de l’US Open et tête de série n°8, Zheng se retrouve encore une fois menée 0-5 dans le premier set sur Arthur Ashe. La logique voudrait qu’elle plie. Elle refuse. Point par point, elle s’accroche, retrouve ses repères sur le plus grand court du monde, casse le rythme, installe sa puissance. Sept jeux d’affilée plus tard, le tableau d’affichage affiche 7-5 pour elle. Même scénario, autre victime.
Elle raconte avoir « oublié le score » à 4-5 dans ce premier set, tellement absorbée dans son combat. La concentration totale comme seule boussole. La preuve aussi que ce retour de 0-5 n’a rien d’un coup de chance isolé à ses yeux.
Swiatek s’effondre, Zheng s’envole
La déflagration du premier set laisse des traces. Swiatek, déjà touchée mentalement par une série de sorties précoces en Grand Chelem depuis son sacre à Wimbledon 2025, ne s’en remet pas. Les fautes directes s’enchaînent, 28 au total. Les épaules se voûtent, le regard se perd. Quand la Polonaise quitte Arthur Ashe, c’est en larmes.
Zheng, elle, ne tremble plus. Dans la deuxième manche, elle s’empare de la seule balle de break du set et ne lâche plus sa proie. Service solide, prises de balle précoces, conviction totale dans chaque frappe. 6-3, affaire pliée, quatrième balle de match convertie, et la Chinoise s’effondre sur le dos, bras en croix, au centre de ce stade qu’elle dit avoir tant manqué.
Sept victoires d’affilée à New York, qualifications comprises. Troisième quart de finale à l’US Open. Et une première victoire sur une joueuse du top 10 depuis longtemps, un cap mental franchi au moment où sa carrière semblait avoir déraillé.
De l’ombre du classement à la lumière d’Arthur Ashe
Il y a encore quelques mois, Zheng n’était plus qu’un nom éloigné dans les tableaux. Une blessure au coude l’a tenue à l’écart de longs mois en 2025, la faisant chuter jusqu’à la 121e place mondiale. Pour entrer dans le tableau principal à New York, elle a dû passer par les qualifications, retrouver le rythme, la confiance, le goût de la bagarre.
Aujourd’hui, la voilà de retour là où elle avait brillé : face à Swiatek, qu’elle avait déjà battue en finale olympique à Paris deux ans plus tôt. Même adversaire, même issue, mais cette fois sur la plus grande scène du tennis dur. Et une fois encore, c’est Zheng qui sort debout.
Son discours après match résume bien le chemin parcouru : elle insiste sur le temps passé loin des grands courts, sur le plaisir simple de rejouer sur Arthur Ashe, sur la difficulté de battre à nouveau une joueuse du top 10. Pas de triomphalisme, mais une gratitude palpable envers le public qui l’a portée dans chaque remontée.
Andreeva s’invite, Potapova s’écroule
La journée à New York n’a pas offert qu’un seul renversement de situation. Plus tôt, Mirra Andreeva, récente lauréate de Roland-Garros, a signé son propre retour pour atteindre, elle aussi, son premier quart de finale à l’US Open.
La Russe, tête de série n°5, s’impose 5-7, 6-4, 6-3 face à Anastasia Potapova, qui représente l’Autriche. Potapova arrache le premier set, mène la vie dure à Andreeva, et le match bascule dans le troisième. À 5-3 contre elle, elle se jette sur un coup droit en bout de course, se tord violemment le genou. Les cris, puis les larmes. Strap lourd, visage fermé, mais elle choisit de continuer.
Elle ne gagnera plus un seul point.
Andreeva, touchée par la scène, le dira ensuite : ce n’est pas de cette façon qu’elle voulait conclure un tel combat. Elle rappelle l’amitié qui la lie à Potapova, loue sa force de caractère, promet un retour plus fort encore pour son adversaire, « une guerrière » selon ses mots.
Un tableau qui s’enflamme
Pour Zheng, l’histoire ne s’arrête pas là. En quart de finale, elle retrouvera soit Elena Rybakina, tête de série n°2, soit Naomi Osaka, double championne de l’US Open. Deux montagnes, deux styles, deux références du circuit. Mais après deux retours de 0-5 en deux matchs, qui osera encore la donner battue d’avance ?
À New York, Qinwen Zheng a déjà fait de ce tournoi une résurrection. Reste à savoir jusqu’où cette renaissance peut la mener.




