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Le nouveau visage de la USMNT version Pochettino

Le gamin prodige, le revenant et les oubliés : le nouveau visage de la USMNT version Pochettino

On l’attendait. Le voilà. À 16 ans seulement, Sullivan débarque en sélection comme on entre en scène, sous un projecteur déjà brûlant. Cela fait des années que son nom circule, que les vidéos tournent, que les promesses s’empilent. Cette saison, enfin, les chiffres ont rattrapé le battage. Des passes décisives, des buts, de l’influence. Assez pour convaincre Pochettino, qui ne sélectionne pas des stars de réseaux sociaux, mais des footballeurs capables de faire gagner des matches.

L’Argentin ne s’en cache pas : Sullivan mérite les louanges. Il les mérite parce qu’il performe, parce qu’il pèse, parce qu’il ose. Et parce qu’il le fait à 16 ans. Mais derrière le sourire, le discours reste ferme : c’est un gamin, un talent brut, un joueur à accompagner, à structurer, à faire grandir. Le sélectionneur le répète : il doit encore montrer, progresser, évoluer, mûrir. La porte est ouverte, mais le chemin est long.

Ce rassemblement est donc un test. Un vrai. Sullivan est peut-être prêt pour ce niveau… ou peut-être pas. Il peut illuminer le camp comme il l’a fait partout où il est passé, ou buter sur le palier supérieur. Au fond, ce n’est pas l’essentiel aujourd’hui. Ce qui compte, c’est qu’il ait le droit d’essayer. Qu’il ait le droit d’échouer aussi, si nécessaire.

Car l’idée est claire : multiplier ces opportunités pour qu’en 2030, à 20 ans, il soit armé pour porter la sélection. Le compte à rebours a commencé. À lui désormais de transformer cette première convocation en tremplin plutôt qu’en simple souvenir. Les projecteurs ne le lâcheront pas. Ils ne l’ont jamais vraiment lâché.

Pulisic, l’absent qui pèse encore

Si Sullivan attire la lumière, c’est aussi parce qu’une autre figure se retire du cadre. Pulisic n’est pas là, et la raison saute aux yeux. Il revient tout juste de blessure, vient à peine de rejouer avec son club. Le faire traverser l’Atlantique pour quatre matches en deux semaines aurait frôlé l’irresponsabilité, sportivement comme physiquement.

Logique sportive, donc. Mais situation loin d’être idéale. L’ombre du dernier Mondial plane toujours, et beaucoup de récits autour de cet échec continuent de coller à la peau de Pulisic. Sans lui, impossible de les bousculer. Il ne changera pas l’histoire sur une série d’amicaux à plus de trois ans et demi de la prochaine Coupe du monde, mais il aurait au moins pu commencer à réécrire le scénario.

Certains supporters attendent de lui plus de rage, plus de signes visibles de détermination. Ils ne les verront pas cet automne. Pour lui, c’est un contretemps de plus. Pulisic a quelque chose à prouver, et le moment de le prouver est encore repoussé.

Pendant ce temps, Pochettino trace sa ligne. Pour lui, on entre dans une nouvelle ère. Mondial dans quatre ans, objectifs différents, groupe remodelé. Cette liste, insiste-t-il, est celle qui lui semble la plus adaptée pour ce camp précis. Une page se tourne, même si les anciens noms continuent de résonner.

Musah, le retour d’un talent cabossé

Un autre visage, longtemps disparu du paysage, refait surface : Musah. Plus d’un an et demi loin de la sélection, des saisons compliquées, un prêt morose à Atalanta, une progression stoppée net. Rien n’a été simple. Mais le milieu est resté debout.

Aujourd’hui, il est de retour à Milan, il joue, il contribue. Et cela change tout. Sa confiance remonte, celle de Pochettino aussi. À 23 ans, Musah se retrouve paradoxalement parmi les plus expérimentés de ce groupe, alors qu’il reste un joueur en construction, avec une marge évidente devant lui. Sa trajectoire n’a rien de linéaire. Elle a zigzagué, mais elle le ramène là où il voulait être : au cœur de la USMNT.

Le sélectionneur le rappelle : Musah est encore jeune, il n’a pas disputé le dernier Mondial, mais il répond enfin aux attentes du staff. Certains jouent beaucoup sans vraiment performer. Lui, en ce début de saison, coche les cases. D’où ce rappel, et ce message : la porte reste grande ouverte pour tous ceux qui assument leur niveau.

À Musah maintenant de transformer ce retour en vrai nouveau départ. Il doit convaincre, marquer les esprits, installer une deuxième impression plus forte que la première. Ce camp peut devenir le point de bascule de sa carrière internationale.

Les champions du monde de l’été déjà sous pression

Sur 28 joueurs convoqués, 13 étaient présents au Mondial cet été. Les tauliers sont là : Tyler Adams, Chris Richards, Antonee Robinson, Sergino Dest, Matt Freese. Les absences de Pulisic, Weston McKennie et Folarin Balogun s’expliquent par les blessures. Le cas Tim Ream est différent : 38 ans, un avenir incertain en sélection, même si ni Pochettino ni le défenseur n’ont officiellement fermé la porte.

Pour les remplaçants de ce Mondial, en revanche, la facture est plus salée. Matt Turner, Max Arfsten, Mark McKenzie, Joe Scally, Cristian Roldan, Brenden Aaronson, Tim Weah, Alejandro Zendejas. Tous ont goûté à la Coupe du monde. Aucun n’est là cette fois.

Le message est limpide. Quand on élargit le vivier, ce sont les joueurs 15 à 26 d’une liste de Mondial qui se retrouvent en première ligne, obligés de se battre pour ne pas glisser dans l’oubli. Ce combat a déjà commencé, loin des caméras, dans les clubs, chaque week-end.

Pochettino, lui, se veut catégorique : rien n’est définitif. Les portes ne claquent pas, elles s’entrouvrent et se referment au rythme des performances. Ce rassemblement n’est pas la récompense de ce qui s’est passé il y a un an ou au Qatar, mais le reflet de ce que le staff juge le plus pertinent aujourd’hui. Une nouvelle base, un nouveau cycle, une nouvelle hiérarchie à construire.

Albert, pari assumé sur un diamant brut

Et puis il y a le cas Albert. Si le jeune milieu joue 93 minutes pendant ce camp, il aura passé plus de temps sur le terrain avec son pays qu’avec son club. Un paradoxe frappant. Et un signal fort de Pochettino.

Contrairement à Sullivan, Neil Pierre ou Adri Mehmeti, Albert n’a pas encore empilé les performances en club. Son CV est plus maigre, ses références plus limitées. Mais un élément change tout : il appartient à Dortmund, un club qui ne distribue pas la confiance à la légère. À 17 ans, il gravite déjà autour du groupe professionnel. Là-bas, on croit en lui. Généralement, ce n’est pas un hasard.

Dans ce camp, Albert est le plus inexpérimenté. Il est aussi peut-être celui qui possède le plafond le plus élevé. C’est précisément pour cela que Pochettino le veut sous la main, au quotidien, à l’entraînement, dans le vestiaire. Pour observer de près, pour jauger, pour accélérer son apprentissage.

Ce séjour en sélection ressemble à un séminaire express sur le très haut niveau, une immersion qui peut changer le cours d’une carrière. S’il répond, Dortmund y gagnera. La USMNT aussi.

Une génération s’avance, une autre refuse de s’effacer. Pochettino a ouvert la porte, redistribué les cartes et fixé le décor. Reste une question, brutale et simple : qui aura le courage et le niveau pour s’y installer durablement ?