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Millwall – West Ham : Le derby londonien au cœur de la rivalité

Le calendrier l’avait presque oublié. Les supporters, jamais. Samedi, Millwall et West Ham rallument une vieille haine à The Den, pour un choc de Championship qui sent la poudre et les souvenirs enfouis. Coup d’envoi à 10h30 GMT, 06h30 sur la côte Est américaine. Londres se réveille avec un derby qui ne ressemble à aucun autre.

Les deux clubs ne se sont plus croisés depuis 2012. Ce jour-là, West Ham s’était imposé 2-1 grâce à Carlton Cole et Winston Reid, avec Gary O’Neil sorti du banc côté Hammers et un certain Harry Kane entré en jeu pour Millwall. Une autre époque, d’autres trajectoires, mais la même animosité dans les tribunes. Rien n’a vraiment cicatrisé entre ces deux publics-là.

Millwall en panne, mais à l’affût

Sur le papier, Millwall n’aborde pas ce rendez-vous dans la sérénité. Trois victoires, un nul, trois défaites en championnat, une 13e place mais seulement quatre points de retard sur le sommet du classement : la saison des Lions oscille entre promesses et inquiétudes. Le problème, c’est la dynamique.

Aucune victoire lors des trois dernières rencontres toutes compétitions confondues, quatre revers sur les six plus récentes, dont un 5-1 encaissé face à Southampton et, tout récemment, un 3-1 à domicile contre Blackburn Rovers. Sur leurs cinq derniers matches, les hommes d’Alex Neil affichent un bilan d’une victoire et quatre défaites, huit buts marqués, quatorze concédés. Une série qui grince, surtout à l’approche d’un derby où la moindre faille se paie au prix fort.

Le seul rayon de soleil récent reste ce 4-0 infligé à Bolton Wanderers. Un score large, des automatismes offensifs entrevus, mais aussitôt effacés par la spirale négative qui a suivi. The Den, d’ordinaire forteresse hostile, attend une réaction. Et un rival comme West Ham est parfois l’adversaire idéal pour se révolter… ou pour plonger encore un peu plus.

West Ham en patron, Bowen en étendard

En face, West Ham arrive avec le costume du favori et la confiance des équipes qui tournent juste. Relégués mais déterminés à remonter immédiatement, les Hammers ont pris le Championship à bras-le-corps. Quatorze points en sept journées, une première place partagée avec Swansea, Middlesbrough et West Brom, et une attaque qui carbure.

Jarrod Bowen mène la charge. Le capitaine brille dans tous les compartiments offensifs : huit occasions créées, meilleur total de la division, quatre buts, trois passes décisives. A lui seul, il incarne l’ambition de West Ham : dominer, créer, punir. Statistiquement, il est le joueur le plus productif du championnat, au niveau du duo de Southampton, Cyle Larin et Finn Azaz.

La forme collective suit. Sur leurs cinq dernières sorties, les joueurs de Nuno Espírito Santo affichent quatre victoires et un nul. Seize buts marqués, seulement quatre encaissés. Ils restent sur un 6-0 sans appel contre Wrexham, où Kyle Walker-Peters, entré pour remplacer le blessé Joel Veltman, a signé deux passes décisives depuis le couloir droit. De quoi lui offrir logiquement une place de titulaire à The Den.

Les succès 3-0 contre Derby County, 3-2 à Bolton Wanderers, et le nul 1-1 face à Watford complètent une série qui respire la maîtrise. West Ham avance vite, fort, sûr de son football.

Des XIs probables taillés pour la bataille

Alex Neil devrait rester fidèle à son 4-2-3-1 pour Millwall :

  • Crocombe ; Osei-Tutu, Taylor, Cooper, Sturge ; Metcalfe, Mazou-Sacko ; Sykes, Dykes, Neghli ; Arconte.

Une structure pensée pour densifier l’axe, fermer les lignes de passes et piquer en transition. Les Lions auront besoin d’un bloc compact et d’une agressivité contrôlée pour contenir la qualité technique adverse.

En face, Nuno Espírito Santo s’appuie sur un 4-3-3 offensif, presque proclamé, avec une projection massive vers l’avant :

  • Herrick ; Walker-Peters, Mavropanos, Morato, Kilman ; Bowen, Mukasa, Engels, Solomon ; Piroe, Castellanos.

Un onze qui respire le contrôle du ballon et la menace constante dans les demi-espaces. La présence de Bowen dans un rôle de milieu offensif excentré promet un duel électrique avec le couloir gauche de Millwall.

Les deux clubs n’ont pas encore communiqué de liste officielle de blessés ou suspendus, les dernières confirmations tomberont à l’approche du coup d’envoi. Mais les grandes lignes sont tracées, et l’intensité ne dépendra pas des feuilles de match. Elle est déjà inscrite dans l’histoire du duel.

Une rivalité, une histoire, un contexte brûlant

Les chiffres récents entre les deux équipes restent limités, mais ils racontent déjà quelque chose. Sur les cinq dernières confrontations répertoriées, West Ham en a gagné deux, Millwall une, deux nuls. Le dernier passage des Hammers à The Den, en septembre 2011, s’était soldé par un 0-0 étouffant, plus marqué par la tension que par le jeu.

La victoire 2-1 de West Ham en février 2012 avait ensuite prolongé la frustration des Lions. Depuis, les trajectoires se sont croisées sans se recroiser : West Ham a vécu l’Europe, Millwall a bataillé dans les étages inférieurs. Ce samedi, les rôles se redéfinissent dans un décor familier.

D’un côté, un leader qui vise un retour express en Premier League. De l’autre, un club en difficulté immédiate mais toujours capable de se transcender quand la ville devient un ring.

The Den comme révélateur

Le classement est clair : West Ham arrive en patron, Millwall en outsider. Mais un derby ne lit pas les tableaux de points, il les déchire parfois. Les Hammers surfent sur quatre victoires consécutives, Millwall reste sur quatre défaites d’affilée. Le contraste est brutal.

Reste une question, la seule qui comptera au coup de sifflet final : la forme du moment suffira-t-elle à étouffer la rage d’un stade qui ne demande qu’à exploser, ou The Den rappellera-t-il à West Ham que, dans ce coin de Londres, rien n’est jamais acquis ?