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Mahama alerte sur l'exode des talents du football ghanéen

Le décor est symbolique et assumé. Au Jubilee House, siège de la présidence ghanéenne, John Dramani Mahama n’a pas parlé économie ni diplomatie, mais football. Face aux délégations de Nations FC, Medeama SC et Ampem Darkoa Ladies, le chef de l’État a mis des mots sur une inquiétude qui traverse tout le pays : la fuite précoce des meilleurs joueurs est en train de vider le championnat local de sa substance.

Un championnat qui se vide de ses forces

Pour Mahama, le constat est brutal. À peine un jeune joueur laisse entrevoir un réel potentiel que les recruteurs se bousculent. Le talent éclot, les scouts débarquent, le transfert suit. Trop vite. Beaucoup trop vite.

Selon lui, cette mécanique bien huilée affaiblit progressivement le niveau du championnat ghanéen. Les clubs forment, exposent, mais n’ont pas le temps de capitaliser sportivement sur leurs pépites. Les tribunes voient passer des promesses, rarement des figures durables.

Le président insiste : le pays perd ses jeunes talents trop tôt. Il ne s’agit pas de fermer la porte à l’étranger, mais de retarder le départ, de créer les conditions pour que ces joueurs grandissent d’abord dans la Premier League locale, qu’ils y laissent une empreinte avant de s’envoler.

Garder les talents, les faire grandir chez eux

Au cœur de son message, une idée simple : trouver des moyens concrets pour retenir plus longtemps les meilleurs éléments dans le championnat national. Protéger la formation locale, donner de la valeur au temps passé au pays, ne plus considérer le départ à l’étranger comme l’unique horizon dès les premiers dribbles réussis.

Mahama ne parle pas seulement de patriotisme sportif. Il parle de niveau de jeu, de compétitivité, d’identité. Un championnat qui perd systématiquement ses joueurs les plus prometteurs avant leur maturité peine à s’installer dans la durée, à construire des rivalités fortes, à offrir au public des figures auxquelles s’attacher.

La sélection comme tremplin, pas comme vitrine de départ

Le président avance alors une piste clé : ouvrir davantage les portes de l’équipe nationale aux jeunes joueurs prometteurs du championnat local. Leur offrir un passage par les Black Stars, ou par les sélections de jeunes, pour qu’ils se frottent au haut niveau international tout en restant encore liés à leurs clubs ghanéens.

Dans sa vision, cette étape internationale doit servir de laboratoire et de tremplin. Le joueur y gagne de l’expérience, de la maturité, un autre regard sur le jeu. Il revient plus fort dans son club, plus influent dans le championnat, avant – seulement ensuite – d’attirer, dans de meilleures conditions, l’attention des recruteurs étrangers ou des grands clubs du continent.

L’idée est claire : que le Ghana ne soit plus seulement un pays de transit pour talents en devenir, mais un véritable environnement de développement, où l’on apprend à gagner, à durer, à porter un club et un championnat.

La balle est désormais dans le camp des dirigeants de clubs, des techniciens et des instances du football ghanéen. Reste à savoir si le message lancé depuis le Jubilee House restera un discours, ou deviendra enfin une politique qui change le destin des futures générations de joueurs.