Jessica Pegula renverse Leylah Fernandez à l'US Open
À New York, Jessica Pegula a vacillé, puis s’est redressée. Brutalement. Spectaculairement.
Bousculée d’entrée, la tête de série numéro 3 a renversé Leylah Fernandez, ancienne finaliste de l’US Open, 1-6, 6-4, 6-3, pour s’ouvrir les portes des huitièmes de finale à Flushing Meadows vendredi.
Fernandez démarre en trombe
Arthur Ashe Stadium, de nouveau. Le décor du rêve brisé de Leylah Fernandez en 2021, face à Emma Raducanu en finale, semblait prêt à l’accueillir en héroïne retrouvée. La Canadienne de 23 ans a attaqué le match comme si elle voulait effacer trois années de frustration en une demi-heure.
Gauche agressive, prise de balle précoce, longueur constante : Fernandez a étouffé Pegula. L’Américaine ne trouve ni rythme ni repères, repoussée loin de sa ligne par des frappes profondes, des variations de rythme et d’angles parfaitement dosées. En 30 minutes, le premier set est bouclé, 6-1. À ce moment-là, Pegula ne ressemble pas à une prétendante au titre, mais à une victime annoncée.
Pegula s’accroche, puis inverse la tendance
C’est là que son statut de candidate au trophée a pris tout son sens. Menée, bousculée, Pegula ne panique pas. Elle resserre ses trajectoires, allonge l’échange, accepte de souffrir dans les rallyes. La pression finit par fissurer Fernandez.
Dans le deuxième set, l’Américaine frappe au bon moment : break dans le sixième jeu, une prise de contrôle discrète mais capitale. Derrière, elle doit encore batailler pour conserver son avance. Le jeu suivant tourne au bras de fer, Fernandez se révolte, pousse, menace le débreak. Pegula tient. Service sauvé, nerfs solides, et la dynamique change de camp.
Fernandez tente un retour tardif, mais la porte se referme. Pegula verrouille le set 6-4 et arrache un troisième acte qu’on n’imaginait pas forcément après la première manche à sens unique.
L’expérience fait la différence
À 32 ans, Pegula connaît ces matches qui se jouent sur quelques points. Le début du troisième set le confirme. Elle doit d’abord sauver des balles de break, sous la pression d’une Fernandez qui refuse de lâcher. Là encore, elle s’en sort, presque froide, presque clinique.
Puis l’ouverture arrive. À 2-1, la Canadienne envoie une balle trop large. Pegula bondit sur l’occasion, s’empare du break pour mener 3-1. Cette fois, elle ne regarde plus en arrière.
La numéro 3 mondiale s’installe dans le court, dicte l’échange, fait reculer Fernandez à son tour. Les jeux défilent. L’Américaine gère, sans s’affoler, jusqu’à la balle de match. Un dernier geste net : une volée de revers gagnante, propre, tranchante, pour conclure l’affaire.
Cap sur Sorana Cirstea
Pegula sait pourtant qu’il reste du travail. Ce démarrage poussif, ces flottements du premier set, ne pardonneront pas toujours, surtout à l’approche de la deuxième semaine d’un Grand Chelem. Face à Sorana Cirstea en huitièmes, elle devra gommer ces scories.
Mais ce que la soirée a rappelé, avec force, c’est autre chose : sa capacité à encaisser, à se réinventer en cours de match, à transformer un naufrage annoncé en victoire maîtrisée. À l’US Open, ce genre de résilience vaut parfois plus qu’un tableau de stats parfait.
La quête du premier titre du Grand Chelem continue. Et Pegula, malgré les secousses, est toujours debout.




