Federico Gatti : l'été en suspens à la Juventus
Federico Gatti vit un mercato sans fin. Bloqué à la Juventus, convoité mais jamais vraiment choisi, le défenseur italien reste au milieu du gué. Porto a tenté un dernier coup de filet avant la clôture des listes pour la UEFA Champions League, mais la Juventus a dit non. Pas par attachement absolu au joueur. Par question de chiffres, de formules, de conditions.
Selon Alfredo Pedullà, le club turinois n’était pas opposé, sur le principe, à l’idée de se séparer de Gatti. Le vrai blocage se situait sur la structure de l’opération et sur les montants proposés. Prêt, obligation, option, indemnité : c’est là que la négociation a buté.
Pendant ce temps, la hiérarchie a changé derrière. L’arrivée de Jhon Lucumi a encore repoussé Gatti un peu plus bas dans l’ordre des choix. Et le joueur, lui, ne ferme plus la porte. Il sait qu’il ne part pas pour être titulaire à Turin. Il sait aussi qu’à 26 ans, rester à regarder les autres jouer n’est plus une option.
Une porte se ferme, d’autres restent entrouvertes
Le marché est fermé dans la plupart des grands championnats européens, mais pas partout. Certains pays peuvent encore recruter, et c’est là que se joue désormais l’avenir de Gatti.
L’idée d’un départ vers les Émirats arabes unis est réelle : le défenseur est prêt à envisager la UAE pour retrouver du temps de jeu, une place stable, un rôle central. Quitter la Juventus, quitter l’Europe de haut niveau, mais retrouver le terrain semaine après semaine. Un choix de carrière, presque de vie.
Une piste, en revanche, semble s’être définitivement éteinte. Al-Sadd, qui cherchait depuis un an un défenseur italien d’envergure, avait coché plusieurs noms. Le club qatari a finalement trouvé un accord avec la Lazio et Alessio Romagnoli. Le joueur a déjà pris l’avion pour passer sa visite médicale. Dossier bouclé.
La Lazio, elle, avait anticipé. Romagnoli et Mario Gila ont été remplacés par Danilho Doekhi et Josip Sutalo. Les Biancocelesti ont tourné la page. Et avec Romagnoli à Al-Sadd, la fenêtre Gatti dans le Golfe se réduit encore.
Un pion sous-coté dans un effectif fragile
Reste la question centrale : la Juventus peut-elle vraiment se permettre de laisser partir Gatti maintenant ? Sportivement, le débat existe. Le défenseur n’est pas au niveau des cadres de l’équipe, mais il rend des services. Il connaît le club, le contexte, les exigences.
Certains au sein de l’entourage bianconero estiment qu’il mérite un peu plus de considération. D’autant que Gleison Bremer traîne un historique de pépins physiques qui impose une gestion fine. Perdre une rotation fiable sans pouvoir la remplacer sur le marché serait un pari risqué.
La Juventus dispose aujourd’hui de plus de solutions sur les côtés, avec un latéral comme Zeki Celik, plus solide que ce que le club a connu récemment à ce poste. Cela ouvre la possibilité d’utiliser Pierre Kalulu plus souvent dans l’axe, si le staff le décide. Une option tactique intéressante, mais qui ne gomme pas totalement le besoin de profondeur en défense centrale.
Pour accepter de lâcher Gatti, la Juventus devra donc recevoir une offre jugée vraiment significative. Pas seulement correcte. Assez forte pour justifier la perte d’un élément de rotation, dans une saison longue, dense, où les blessures ne pardonnent jamais.
Entre un banc qui se refroidit à Turin et la promesse d’un rôle majeur ailleurs, Gatti approche du moment où il devra trancher. La Juventus aussi. Jusqu’où ce club, en pleine reconstruction, peut-il rogner sur ses certitudes défensives sans le payer au printemps ?




