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Enzo Maresca déçu : la polémique Haaland éclipsée par le derby

Enzo Maresca n’a pas levé la voix, mais le message est passé. Pour l’entraîneur de Manchester City, réduire le derby d’Old Trafford à une seule image figée – celle du but d’Erling Haaland validé par la VAR puis reconnu comme une erreur – frôle l’insulte au travail de son équipe.

Dimanche, City a gagné 1-0 sur la pelouse de Manchester United grâce à ce but du Norvégien à l’heure de jeu. Un succès arraché alors que les champions d’Angleterre ont joué près de 70 à 75 minutes à dix après l’expulsion de Phil Foden. Quatre victoires de rang en Premier League, un derby maîtrisé en infériorité numérique… et pourtant, on ne parle que d’une décision arbitrale.

« Parler d’un épisode ou d’un moment après ce match, quand on a joué pendant 70-75 minutes à dix, je trouve ça assez pauvre », a lâché Maresca avant le déplacement de City à Norwich City en Carabao Cup. « Je pense que la performance a été incroyable, et je suis très content de la performance. »

Un but, deux hors-jeu et une bourde

Sur le terrain, l’arbitre de touche lève d’abord son drapeau : Haaland est signalé hors-jeu. La VAR intervient, trace ses lignes, juge que l’attaquant est finalement juste en position licite. Le but est accordé. City mène, Old Trafford gronde.

Mais très vite, un autre détail surgit au ralenti. Enzo Fernandez se jette vers le ballon, plein axe, en position d’hors-jeu et interfère avec les défenseurs. Cette action-là aurait dû déclencher le coup de sifflet. Elle ne l’a pas fait.

Le corps arbitral l’a reconnu par la suite : la décision était erronée. Le but aurait dû être refusé pour la faute de position de Fernandez. La polémique a aussitôt enflé, au point d’éclipser presque totalement le contenu du match et la résistance de City à dix contre onze.

Maresca, lui, refuse de se laisser enfermer dans ce seul cadre.

« On sait qu’il y a eu une erreur et c’est tout. Parfois c’est pour toi, parfois c’est contre toi. C’est le football », a-t-il rappelé, sans dramatiser.

Maresca n’oublie pas le précédent de 2023

Si l’Italien appelle au calme, il n’a pas la mémoire courte. Il se souvient très bien qu’à Old Trafford, le scénario avait déjà tourné autour d’un hors-jeu discutable… mais en sens inverse.

« Il y a trois ans, quand j’étais ici comme adjoint de Guardiola, il s’est passé exactement la même chose contre United », a-t-il souligné. « Le but n’était pas régulier et personne ne s’est excusé. On attend toujours les excuses pour ça. »

La référence est claire : une décision VAR défavorable à City lors d’une défaite 2-1 face à United en janvier 2023. À l’époque, pas de mea culpa public, pas de débat sans fin sur les plateaux. Juste une frustration rangée dans un coin de vestiaire.

Pour Maresca, cette asymétrie dans le traitement médiatique en dit long. Il ne nie pas l’importance de la transparence, mais il exige que l’on regarde aussi le match dans son ensemble : l’organisation défensive, la capacité à souffrir à dix, la lucidité d’Haaland au moment décisif.

Howard Webb admet l’erreur

Côté arbitres, le constat est sans détour. Le patron du corps arbitral de la Premier League, Howard Webb, a reconnu publiquement que la VAR n’avait pas pris en compte la position de Fernandez avant que Haaland ne conclue.

« J’ai été vraiment déçu par ce résultat. Nous le sommes tous », a reconnu Webb dans l’émission ‘Match Officials Mic’d Up’. « Personne ne l’est plus que les arbitres eux-mêmes. Ils tirent une grande fierté personnelle de ce qu’ils font et ils souffrent évidemment d’avoir été en dessous dans cette situation. »

Un aveu rare, qui n’efface pas l’erreur mais confirme au moins ce que tout le monde avait vu. Maresca, lui, ne s’y attarde pas plus que nécessaire. Il sait que le débat continuera de tourner, que chaque ralenti sera disséqué. Il préfère, visiblement, que l’on parle de son équipe.

City a gagné un derby à dix contre onze, sur la pelouse de son rival historique, en imposant son jeu pendant de longues séquences. Le reste, pour l’Italien, appartient au bruit de fond de la saison. La vraie question, désormais, est simple : qui saura vraiment profiter de ce City-là, même quand il se retrouve à dix ?