logo

Elena Rybakina renonce aux WTA Finals : coup dur pour le tournoi

Le tournoi n’avait pas encore commencé qu’il perdait déjà sa reine. Numéro un mondiale, Elena Rybakina a annoncé son forfait pour les WTA Finals à Indian Wells, terrassée par un virus au terme de la saison la plus aboutie de sa carrière.

Elle devait arriver en Californie en patronne, auréolée de ses titres à l’Open d’Australie et à l’US Open, prête à défendre la couronne conquise l’an dernier et à marcher sur les traces de Serena Williams, dernière joueuse à avoir enchaîné deux WTA Finals d’affilée, en 2013 et 2014. Le décor était planté. Le duel annoncé. La chasse à la numéro un mondiale aussi.

Tout s’effondre la veille du coup d’envoi.

Rybakina, 27 ans, a confirmé qu’elle ne serait pas en mesure de tenir sa place : une maladie virale, un corps à bout après une année à très haute intensité, et la perspective d’un doublé historique qui s’évanouit. Elle ne défendra donc pas son titre à Indian Wells, théâtre de l’un de ses grands runs de 2026, où elle avait déjà atteint la finale.

La Kazakhe sort pourtant d’une campagne monumentale. Deux titres du Grand Chelem – Melbourne et New York –, des trophées à Stuttgart et Ningbo, des finales à Indian Wells et Toronto, et surtout une régularité de métronome au plus haut niveau. Elle boucle l’année avec 54 victoires en 68 matchs, dont 17 succès sur 19 rencontres disputées en Grand Chelem. Des chiffres de patronne, sans discussion possible.

Le tournant symbolique est venu en octobre, à Tokyo. C’est là qu’elle a verrouillé sa place de numéro un mondiale en fin de saison, confirmant un changement de hiérarchie déjà entamé à Flushing Meadows. Six semaines plus tôt, à l’US Open, elle avait mis fin aux 99 semaines de règne d’Aryna Sabalenka au sommet du classement en la battant en finale. Une passation de pouvoir nette, sur le court, raquette en main.

Depuis octobre dernier, Rybakina a empilé six titres sur les quinze qu’elle compte en carrière. Un rythme de championne en pleine accélération, qui a enfin donné une suite concrète à son premier sacre en Grand Chelem à Wimbledon en 2022. Il aura fallu près de quatre ans pour qu’elle transforme ce premier coup d’éclat en domination durable. Une fois lancée, elle n’a plus levé le pied.

Son règne s’appuie d’abord sur une arme : le service. Personne ne fait mieux sur le circuit. Cette saison, elle a claqué 438 aces, soit 140 de plus que la deuxième de ce classement, Sabalenka. Une marge énorme à ce niveau. Mais réduire sa domination à ce seul secteur serait trompeur. Rybakina a aussi matraqué le circuit avec 1 775 coups gagnants, total inégalé, et une férocité particulière face aux meilleures : 10 victoires contre des joueuses du top 10, là encore un record sur la saison.

Ce cocktail – service dévastateur, prise de balle précoce, sang-froid dans les grands rendez-vous – a fait d’elle la référence de 2026. Les chiffres le disent, le ressenti du vestiaire aussi.

Et pourtant, au moment où elle s’apprêtait à boucler l’année sous les projecteurs, son corps a dit stop. Elle l’a reconnu elle-même : après une saison « incroyable », elle n’est tout simplement plus en état de repartir au combat. Elle va rentrer chez elle, couper, soigner ce virus, reconstruire une base physique pour 2027.

Son absence rebat les cartes à Indian Wells. Le trophée des WTA Finals s’ouvre d’un coup, la pression change d’épaules, la lutte pour le statut de patronne officieuse du vestiaire se jouera sans celle qui en a été la mesure étalon tout au long de l’année.

Reste une question, déjà : après avoir imposé sa loi en 2026, dans quel état et avec quelle faim Elena Rybakina reviendra-t-elle pour 2027 ?