Elena Rybakina, nouvelle reine de l'US Open
Elena Rybakina n’a pas seulement remporté un titre. Elle a pris possession d’un territoire. Sur le court central de l’US Open, la nouvelle numéro 1 mondiale a dompté Aryna Sabalenka au terme d’une finale tendue, nerveuse, parfois brutale, conclue en trois sets : 6-4, 5-7, 6-2.
La Kazakhstanaise décroche ainsi son troisième titre du Grand Chelem, après Wimbledon 2022 et l’Open d’Australie en début d’année. Une trajectoire fulgurante, assumée, presque implacable.
Une finale sous pression, un titre sous contrôle
Le décor était parfait pour un choc de patronnes : Sabalenka, championne sortante à New York, face à celle qui venait de lui ravir la place de numéro 1 mondiale. Deux frappes de mule, deux caractères de feu, une ligne de fond transformée en champ de bataille.
Rybakina a frappé la première. Solide sur son engagement, agressive en retour, elle arrache le premier set 6-4, en contrôlant mieux les échanges clés. Sabalenka vacille, mais ne cède pas. La Biélorusse s’accroche, force les échanges, pousse la numéro 1 dans ses retranchements.
Le deuxième set bascule sur des détails. Rybakina sert pour le match, se fait surprendre, Sabalenka s’engouffre dans la brèche et arrache la manche 7-5. Le stade se lève, la tension grimpe, le doute pourrait s’installer.
Il ne durera que quelques minutes.
Le déclic du troisième set
Le début du troisième set raconte tout de la nouvelle dimension d’Elena Rybakina. Là où d’autres se seraient laissé ronger par la frustration, elle, repart. Marion Bartoli, ancienne lauréate de Wimbledon, résume parfaitement ce tournant.
« Son meilleur résultat ici n’était qu’un huitième de finale. C’est extraordinaire de venir avec toute la pression du monde, en sachant qu’elle a le rang de numéro 1 mondiale sur sa raquette, et d’aller chercher le titre », souligne-t-elle, impressionnée.
Bartoli insiste sur ce moment charnière : « La façon dont elle a rebondi au début du troisième set, pour moi, a été absolument extraordinaire. On aurait dit qu’elle avait complètement oublié la fin du deuxième set, quand elle s’est fait surprendre sur son jeu de service. »
Rybakina repart à l’assaut. Elle avance, constamment. Elle casse le rythme, martèle les retours, s’installe dans le camp adverse. Sabalenka, prise à la gorge sur son engagement, voit les jeux défiler. Le 6-2 final, sec, presque brutal, scelle une victoire autant mentale que technique.
Une championne complète… à un titre près
Pour Marion Bartoli, la clé est là : la capacité de Rybakina à imposer sa loi, balle après balle.
« La façon dont elle a attaqué le service de Sabalenka en permanence, en la mettant sous une pression énorme… La qualité de frappe de cette jeune femme, c’est autre chose. Elle peut tout faire sur un court de tennis », s’enthousiasme la Française.
Avec ce triomphe à New York, Rybakina devient triple lauréate en Grand Chelem : Wimbledon, Open d’Australie, US Open. Il ne lui manque plus que Roland-Garros pour compléter le Grand Chelem en carrière. Une perspective qui, soudain, ne relève plus du rêve lointain.
Une page d’histoire à l’US Open
Ce titre n’est pas seulement un trophée de plus sur une étagère déjà bien remplie. Il inscrit Elena Rybakina dans l’histoire du tournoi. Dans l’ère Open, aucune championne n’avait encore remporté l’US Open après avoir gagné en trois sets en quarts de finale, en demi-finales et en finale.
Trois combats, trois fois au bout, trois fois victorieuse. La démonstration d’une puissance physique impressionnante, mais surtout d’une solidité mentale qui la place parmi les joueuses les plus robustes du circuit WTA.
À 27 ans, la Kazakhstanaise donne l’impression d’entrer seulement dans son apogée. Numéro 1 mondiale, triple championne en Grand Chelem, patronne d’un US Open qu’elle a arraché à la force du poignet, elle a désormais le temps… et le jeu… pour viser encore plus haut.
Pour l’instant, place au repos. Elle l’a largement mérité. Mais une question flotte déjà au-dessus du circuit : qui pourra vraiment l’empêcher, à moyen terme, de s’emparer aussi de la terre battue de Paris ?




