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Elena Rybakina, nouvelle numéro 1 mondiale après l'US Open

Il fallait un décor à la hauteur de l’événement. Arthur Ashe Stadium, plein soleil, ombres capricieuses sur le court et tension à couper au couteau. Elena Rybakina y a signé bien plus qu’une qualification pour les demi-finales de l’US Open : elle s’est offert, à 27 ans, la première place mondiale qui lui échappait encore.

Bousculée, menée, puis renversante. La Kazakhe a dompté la championne olympique Zheng Qinwen en trois sets, 3-6, 6-1, 6-4, au terme de 2h14 d’un combat dense, parfois nerveux, souvent spectaculaire. Cette victoire la propulse en demi-finale jeudi et, surtout, la garantit de détrôner Aryna Sabalenka en tête du classement la semaine prochaine.

Une numéro 1 qui se fabrique dans la douleur

Rybakina n’avait jamais gagné un match à l’US Open après avoir perdu le premier set. Six fois, elle avait échoué. Zheng a bien cru prolonger la série.

La Chinoise, revenue de loin après une longue absence pour une opération au coude, a frappé la première. Solide au service, incisive en retour, elle décroche le break dans le huitième jeu lorsque Rybakina accroche un coup droit dans le filet.

Le neuvième jeu devient un bras de fer. Quatorze minutes, cinq balles de débreak sauvées par Zheng, un ace, un revers gagnant long de ligne, un service gagnant. À la quatrième balle de set, Rybakina renvoie un retour de coup droit trop long. Le premier acte est pour Zheng, 6-3, et la future numéro 1 tangue.

Rybakina ne s’en cache pas : elle démarre mal, se crispe, se noie dans le négatif. Match programmé tôt, lumière changeante, ombres sur la ligne de fond, elle peste intérieurement. Mais elle refuse de s’y perdre. Elle se répète de continuer à se battre, de chasser ces pensées parasites. Le tournant commence là.

Le réveil de la patronne

Dès le début du deuxième set, le ton change. Deux aces d’entrée, un jeu blanc qui claque comme une déclaration d’intention. Rybakina avance, prend la balle plus tôt, impose son poids de frappe. Elle breake immédiatement Zheng sur un coup droit gagnant pour mener 2-0, puis écarte une balle de débreak sur un nouveau coup droit gagnant pour s’envoler à 4-1.

Les échanges s’allongent, mais cette fois c’est elle qui dicte. Elle s’ouvre le court, pilonne en coup droit, verrouille en revers. Nouveau break, encore sur un coup droit gagnant, pour 5-1. Elle conclut sans trembler. 6-1. Tout est à refaire pour Zheng, tout est relancé pour Rybakina.

La Kazakhe a retrouvé son tennis et son autorité. Le court lui appartient à nouveau.

Un troisième set sous haute tension

Le dernier acte se joue à la corde raide. Zheng refuse de céder. Elle sauve une balle de break dans le cinquième jeu, s’accroche sur chaque point, s’offre même plusieurs opportunités de faire basculer le match dans le troisième set. Elle le dira elle-même : les occasions étaient là, mais elle ne les a pas saisies.

À 4-4, la pression devient écrasante. C’est Zheng qui craque la première. Une double faute au pire moment, sur balle de break, offre le jeu à Rybakina. La future numéro 1 ne laisse pas passer ce cadeau. Elle sert pour le match, verrouille sa mise en jeu et plie l’affaire. 6-4. Poing serré, regard fermé : mission accomplie.

Rybakina signe sa cinquième victoire en six confrontations face à Zheng, sa troisième de l’année, sans le moindre signe de la blessure au pied qui avait perturbé sa préparation pour New York.

Une première historique pour le Kazakhstan

Avec ce succès, Rybakina devient la première joueuse kazakhe de l’histoire à s’asseoir sur le trône mondial. Elle rejoint le cercle très fermé des 30 femmes qui ont occupé la place de numéro 1 depuis la création du classement.

Pour elle, ce rang reste « juste un numéro » pendant le tournoi. Mais elle sait ce que cela représente. Peu importe la durée de son règne, la marque est indélébile. Une saison déjà couronnée par un titre à l’Open d’Australie, après Wimbledon en 2022, et désormais par cette ascension au sommet.

Son parcours à Flushing Meadows prend une autre dimension : elle était l’une des quatre joueuses encore en lice pour repartir de New York en patronne du circuit. Sa victoire enterre les espoirs de Sabalenka, Coco Gauff et Jessica Pegula de lui griller la priorité au classement.

Zheng repart avec des réponses

Zheng, 23 ans, quitte le tournoi aux portes de sa première demi-finale à l’US Open, mais avec un capital confiance regonflé. Partie des qualifications, classée 121 mondiale après environ huit mois d’absence, elle enchaîne sept victoires à New York et s’assure de réintégrer le top 60.

Elle sait aussi où le match lui a échappé : un peu trop de prudence sur les deuxièmes balles de Rybakina, trop d’erreurs au retour dans les moments clés, des balles de break non converties dans le troisième set. Des détails, mais des détails qui coûtent très cher à ce niveau.

Une demi-finale à haute tension en perspective

Pour Rybakina, le chemin ne s’arrête pas là. Elle retrouvera jeudi en demi-finale la gagnante du duel entre Coco Gauff et Mirra Andreeva, la jeune championne de Roland-Garros. De l’autre côté du tableau, Sabalenka et Pegula s’affronteront pour la seconde place en finale.

Numéro 1 assurée, double lauréate en Grand Chelem et en quête d’un troisième titre majeur, Rybakina arrive désormais en patronne assumée dans le dernier carré.

La question n’est plus de savoir si elle mérite le trône. Elle est de savoir qui osera encore la déloger à New York.