Elena Rybakina bat Coco Gauff et affronte Aryna Sabalenka en finale
Le Arthur Ashe Stadium vibrait pour Coco Gauff, les cris montaient à chaque point, les drapeaux américains s’agitaient. Mais au bout de deux heures de bras de fer, c’est Elena Rybakina qui a éteint le vacarme et brisé le scénario rêvé du public new-yorkais.
Menée un set à rien, la Kazakhe a renversé la favorite locale 3-6, 6-4, 6-4 pour s’offrir une finale de rêve à l’US Open face à Aryna Sabalenka, tenante du titre, déjà double lauréate à Flushing Meadows et désormais à une victoire d’un triplé historique.
Rybakina refroidit la nuit new-yorkaise
D’entrée, tout semblait écrit pour Coco Gauff. Portée par une foule en fusion, sous les yeux notamment de Michelle Obama, l’Américaine a parfaitement absorbé la puissance de Rybakina. Solide en défense, chirurgicale en contre, elle a poussé la Kazakhe à la faute, jusqu’à faire craquer son service dans le sixième jeu. Le premier set tombe logiquement dans son escarcelle : 6-3, le stade explose.
En face, Rybakina serre les dents. Elle l’admettra elle-même : la nervosité est bien là, le bras parfois un peu lourd, le service moins précis. Mais elle refuse de céder à la panique. Elle s’accroche, se parle, se force à rester agressive. Et peu à peu, la tension change de camp.
Gauff commence à laisser filer quelques points qu’elle ne perdait pas au début. Quelques fautes directes, une première balle moins tranchante, un léger flottement dans les choix. Rybakina, elle, ne demande qu’une chose : une brèche. Elle la trouve dans le deuxième set, profite de ce relâchement pour prendre le contrôle des échanges et punir chaque approximation. Un break, puis une gestion clinique de ses jeux de service, et la voilà revenue à une manche partout.
Le match bascule alors sur la puissance pure. L’ancienne championne de Wimbledon, sacrée aussi à l’Open d’Australie, impose son rythme. Les frappes claquent, les lignes se rapprochent, Gauff recule. À 5-3 dans le troisième set, Rybakina semble avoir la mainmise. Mais l’Américaine refuse de s’effacer sans réagir. Elle arrache un débreak, rallume un instant l’espoir du public.
L’élan reste pourtant trop fragile. Incapable de confirmer sur son service, Gauff cède à nouveau. Rybakina se jette sur l’occasion, arrache le dernier break et conclut l’affaire, implacable, sous les sifflements étouffés et les applaudissements respectueux. New York rêvait de voir sa star filer en finale. C’est la puissance froide et méthodique de la Kazakhe qui s’impose.
Pour Gauff, la déception est brutale. L’été brillant ne pèse plus rien au moment de quitter le court, tant la douleur de cette défaite prend toute la place. Le public, lui, sait qu’il vient de voir une bataille de haute intensité. Mais il sait aussi que la joueuse la plus solide du soir a gagné.
Sabalenka en mode rouleau compresseur
Un peu plus tôt, Aryna Sabalenka avait déjà donné le ton de cette soirée : si quelqu’un veut l’empêcher de garder sa couronne à New York, il devra survivre à un ouragan.
Face à Jessica Pegula, finaliste en 2024, la numéro un mondiale a dégainé son arsenal habituel. Service dévastateur, coups gagnants à la pelle – 29 au total, assortis de sept aces – et une pression constante qui finit par user même les défenses les plus organisées.
Pegula démarre pourtant la rencontre avec une maîtrise exemplaire. Elle sauve une balle de break d’un coup droit gagnant, tient ses engagements, joue juste. En face, Sabalenka bouillonne, se frustre, laisse échapper une double faute dans le neuvième jeu et cogne sa raquette sur le court. Le volcan n’est pas loin d’exploser.
Mais c’est elle qui finit par faire sauter le verrou. Sur la fin du premier set, Sabalenka trouve enfin la bonne longueur, impose son rythme depuis le fond du court et arrache le break sur une balle de set parfaitement maîtrisée. Le visage se ferme, le regard se durcit : la machine est lancée.
La suite tourne au bras de fer déséquilibré. Sabalenka s’appuie sur ce qui fait sa force : une première balle écrasante, des frappes lourdes, des prises de risque assumées. Elle se détache rapidement 3-1 dans la deuxième manche, encore sur un coup droit gagnant depuis la ligne de fond. Pegula tente de s’accrocher, mais les fautes s’accumulent au pire moment. La précision du début s’évapore, les jeux filent.
La Biélorusse ne laisse plus rien passer. Elle obtient un nouveau break sur balle de match, frappe une dernière fois dans le camp américain, et c’est terminé : 7-5, 6-2, net, sans bavure. Arthur Ashe, acquis à Pegula au départ, finit par saluer la performance. Le respect s’impose face à une telle domination.
Sabalenka, elle, sait exactement où elle en est : au sommet physiquement, solide mentalement, prête à frapper encore. Trois titres de rang à l’US Open seraient une rareté dans l’ère moderne. Elle n’est plus qu’à une marche de cette place à part dans l’histoire.
Pegula, 32 ans, repart encore une fois sans ce premier titre en Grand Chelem qu’elle traque depuis des années. Ce soir, elle tombe sur plus forte, tout simplement. Quand Sabalenka joue à ce niveau, l’impression est claire : la marche ressemble à une paroi verticale.
Une finale sous haute tension
Rybakina contre Sabalenka. Deux cogneuses, deux championnes majeures, deux styles sans compromis. L’une vient de faire taire la favorite du public, l’autre écrase tout sur son passage depuis le début de la quinzaine.
D’un côté, la précision glaciale de Rybakina, capable de faire dérailler le jeu de n’importe qui quand sa mise en jeu tient. De l’autre, la furie contrôlée de Sabalenka, qui avance sans regarder derrière elle et vise un triplé à Flushing Meadows.
Le décor est planté. Il ne reste plus qu’une question : qui osera lâcher le premier coup fatal dans la nuit new-yorkaise ?




