logo

Coco Gauff brille à New York avec une victoire en quarts de finale

Sous la chaleur moite d’un soir de Labour Day à New York, Coco Gauff a rappelé à tout le monde qu’elle reste chez elle à Flushing Meadows. L’Américaine de 22 ans, tenante du titre, a dompté la fougue de la jeune Iva Jovic pour filer en quarts de finale de l’US Open, 6-1, 6-4, en 1h33.

Le score est sec. L’histoire, un peu moins.

Un départ fébrile, puis la mise au point

La nuit avait pourtant commencé par un accroc. Première mise en jeu de Gauff, double faute, break offert à Jovic. À 18 ans, la jeune Américaine, encore presque inconnue du grand public, profite de ce cadeau et s’installe dans le match. L’ombre d’un doute traverse le Arthur Ashe.

Ça ne dure pas.

Piquée, Gauff resserre tout. Le service, les appuis, le regard. Jovic, elle, laisse apparaître ses propres nerfs. La championne en titre empile alors les jeux comme à l’entraînement : six d’affilée, 6-1 en 33 minutes, et un premier set qui tourne à la démonstration. La différence d’expérience saute aux yeux.

La jeunesse résiste, Gauff accélère

Jovic refuse pourtant de servir de figurante. Elle tient enfin sa mise en jeu pour entamer le deuxième set, s’accroche à la ligne de fond, tente d’allonger les échanges. Mais Gauff hausse encore le ton dans les courses vers l’avant, ces fameuses séquences où elle transforme une défense désespérée en contre foudroyant.

À 2-2, trois points d’anthologie résument sa soirée : poursuites de balles dans tous les coins, glissades, volées de dernière seconde. Le public rugit, le break tombe pour 3-2. La benjamine réplique immédiatement, break dans la foulée, un sursaut d’orgueil qui arrache des applaudissements nourris.

La réponse de Gauff est brutale : jeu blanc, break à zéro. Plus un regard en arrière. Elle verrouille sa mise en jeu derrière, ferme la porte et conclut l’affaire avec l’autorité d’une joueuse qui n’a toujours pas perdu un set depuis le début du tournoi.

La championne et l’héritière

Au filet, le contraste est saisissant : d’un côté, la championne installée, de l’autre, le talent brut qui découvre les hauteurs de la deuxième semaine en Grand Chelem. Gauff, qui a connu ces nuits-là très tôt, prend le temps de parler à Jovic, de la rassurer, presque de la conseiller.

Elle insiste sur le niveau de jeu de sa jeune compatriote, sur sa maturité, sur ces défaites qui marquent plus qu’elles ne brisent. Elle se souvient de ses propres montagnes russes émotionnelles à 18 ans. Ce n’est pas un discours de façade : on sent une joueuse qui se voit déjà en grande sœur d’une nouvelle génération américaine.

Le message est clair : Jovic n’est pas passée à côté. Elle est simplement tombée sur plus forte, plus tôt dans son histoire.

Mirra Andreeva, le choc des générations précoces

La suite pour Gauff ? Un quart de finale qui a des allures de rendez-vous d’exception face à Mirra Andreeva, récente lauréate de Roland-Garros. Les chiffres parlent : cinq confrontations, cinq victoires pour l’Américaine. Mais la donne a changé.

Andreeva arrive désormais avec un statut de championne du Grand Chelem, une confiance nouvelle, une place affirmée tout en haut du circuit. Gauff le sait, elle s’attend à un match différent, plus dur, plus piégeux, où chaque point peut basculer d’un côté comme de l’autre.

Pendant ce temps, le tableau féminin s’est figé pour les quarts : Aryna Sabalenka affrontera Linda Noskova, Jessica Pegula défiera Emma Navarro, Qinwen Zheng se mesurera à Elena Rybakina. Et au milieu de ce casting, Gauff-Andreeva sonne déjà comme un test de vérité.

Gauff n’a pas encore lâché un set à New York. La question est simple désormais : qui, dans ce dernier carré en construction, osera vraiment la faire vaciller sur son propre territoire ?