Championship : un premier virage décisif pour les clubs
Quatre journées seulement, et déjà les contours d’un classement qui commence à parler. Le Championship ne pardonne jamais, et certains clubs le savent déjà.
En haut, un trio se détache avec autorité : Swansea, QPR et Charlton, tous à 10 points. Trois équipes, trois dynamiques, une même impression : elles ont pris le bon wagon avant que la saison ne se durcisse. Pour Charlton, ce départ pourrait peser lourd quand la lutte pour le maintien s’installera vraiment. Ces points-là, pris en août, valent souvent de l’or en avril.
Swansea affiche une solidité et une fluidité qui frappent déjà les esprits. QPR suit le rythme, mais le Championship a souvent brisé des élans du même genre. Rien n’est acquis dans ce marathon.
Derrière, un peloton dense : Wolves, Boro, Bristol City, West Brom et Birmingham se tiennent en un point, entre 7 et 6 unités. Wolves ont souffert sur les trois premières journées avant de se faire balayer par West Ham, qui a rappelé au passage pourquoi le club reste l’un des grands favoris à la montée automatique. West Ham s’est réveillé, et quand ce club enclenche, il fait rarement semblant.
À l’autre bout du tableau, l’alerte est déjà déclenchée. Preston a tout perdu : quatre défaites en quatre matchs, aucun point, une spirale qui inquiète. Burnley n’a toujours pas gagné non plus et ne compte que 2 points, tandis que Stoke City n’en a pris que 3. Dans un championnat aussi brutal, partir avec un tel handicap oblige à une réaction rapide. Sinon, la saison se joue avant même l’hiver.
Top 8 actuel
- Swansea (10 pts)
- QPR (10 pts)
- Charlton (10 pts)
- Wolves (7 pts)
- Boro (7 pts)
- Bristol City (7 pts)
- West Brom (7 pts)
- Birmingham (6 pts)
Derniers
- Stoke City (3 pts)
- Burnley (2 pts)
- Preston NE (0 pt)
La trame est posée. Les premiers écarts aussi.
Pas de Coupe d’Europe cette saison. Pour Tottenham, c’est un manque de prestige, mais aussi une opportunité rare : un calendrier allégé, des semaines de travail complètes, un effectif presque stabilisé. Reste une incertitude majeure : le statut de Richarlison, qui conditionnera une partie du visage offensif de l’équipe.
Sur le papier, septembre ressemble à un tremplin. Quatre matchs seulement pour les hommes de Roberto De Zerbi, dont un déplacement brûlant à Anfield en EFL Cup. La marge d’erreur est faible, mais la fenêtre est idéale pour empiler des points avant un mois d’octobre annoncé bien plus rugueux.
Programme de Tottenham (hommes) en septembre
- Forest (5 septembre)
- Everton (12 septembre)
- à Liverpool, EFL Cup (15 septembre)
- Villa (19 septembre)
Face à Newcastle, Tottenham a laissé entrevoir des promesses, sans ramener le moindre point. Ce genre de scénario ne peut pas se répéter éternellement. Ce mois doit servir à transformer les bonnes intentions en résultats concrets, sous peine d’aborder l’automne déjà sous pression.
Chez les femmes, c’est le coup d’envoi d’une nouvelle ère. La saison débute ce week-end contre West Ham, avant deux déplacements à Liverpool puis Palace. L’été a emporté plusieurs cadres, dont Beth England et Molly Bartrip. Un vestiaire remodelé, une identité à redéfinir, et une question simple : jusqu’où ce nouveau visage peut-il aller ?
Programme de Tottenham (femmes)
- West Ham (6 septembre)
- à Liverpool (13 septembre)
- à Palace (20 septembre)
- West Ham, League Cup (23 septembre)
- Villa (27 septembre)
- à Brighton, League Cup (30 septembre)
Entre terrain et transition, le mois de septembre dira vite si les deux équipes de Tottenham ont trouvé leur ligne de conduite ou si elles tâtonnent encore.
Tottenham a ouvert grand les vannes. Plus de 300 millions de livres dépensés pour transformer une équipe qui a flirté dangereusement avec la relégation la saison passée. Le message de la direction est limpide : l’entraîneur est soutenu, et il n’a plus le droit à l’excuse du manque de moyens.
Des départs lourds d’abord : Cristian Romero et Guglielmo Vicario ont quitté le club. Des cadres, des repères. Mais la réponse a été brutale sur le marché : Mateus Fernandes incarne ce recrutement d’affirmation, celui qui dit à tout le monde que Tottenham ne veut plus regarder derrière.
Les signatures de Marcos Senesi et Andy Robertson, libres, relèvent du coup de maître comptable et sportif. Deux profils aguerris, deux joueurs rompus aux exigences du très haut niveau, intégrés sans indemnité de transfert. Sur les ailes, Tottenham a accepté de payer le prix fort pour Savio, censé injecter du talent brut et du déséquilibre dans les un-contre-un. Omar Marmoush apporte une option offensive supplémentaire, capable de varier les appels et les zones.
Le cas Mykhailo Mudryk intrigue davantage. Le pari est clair : tenter de relancer un joueur au potentiel énorme mais encore inabouti. La vraie question se niche ailleurs : si De Zerbi parvient à le débloquer, quel sera le bénéfice à long terme pour Tottenham ? Construction d’un pilier ou simple valorisation d’actif ?
L’arrivée de Sandro Tonali pèse lourd, elle aussi. Un milieu de terrain de ce calibre change le ton d’un vestiaire, la qualité d’une relance, le rythme d’un match. Sur le papier, l’ensemble dessine un mercato très réussi, structuré, ambitieux. La balle est désormais dans le camp de De Zerbi. Il a les armes. À lui de prouver qu’il sait les manier.
Tout n’est pourtant pas parfait. Le départ de Will Lankshear laisse un goût d’inachevé. Il existait sans doute une voie pour le développer via un prêt, le laisser grandir sans le perdre totalement. Tottenham a gardé une belle clause de revente, mais renonce à un potentiel interne qui aurait pu exploser sous ses propres couleurs.
Dans le but, les doutes persistent. Martin Dubravka ne semble pas armé pour une vraie concurrence frontale avec Antonin Kinsky. Et Kinsky lui-même ne dégage pas encore cette assurance qui rassure une défense sur la durée d’une saison. Tottenham avait une fenêtre pour frapper fort à ce poste stratégique. Elle est restée entrouverte.
Au final, la note est claire : B+. Un mercato dense, ambitieux, cohérent sur de nombreux points, mais avec quelques angles morts qui pourraient coûter cher. La structure est là, les moyens aussi. Reste une interrogation, simple et implacable : ce Tottenham-là, construit à coups de centaines de millions, saura-t-il enfin ressembler à un candidat crédible, semaine après semaine, quand la saison s’emballera vraiment ?




