Celtic en difficulté : Ferencvaros inflige une défaite aux Hoops
Celtic Park a déjà connu des nuits européennes compliquées. Celle‑ci s’ajoute à la liste. Trois jours après la débâcle de League Cup face aux Rangers, l’équipe de Martin O’Neill a replongé dans les mêmes travers : une défense friable, des erreurs individuelles criantes et une punition implacable. Ferencvaros repart de Glasgow avec une victoire nette, 3-1, et laisse les Hoops avec bien plus de questions que de certitudes pour lancer leur campagne de Ligue Europa.
Un départ prometteur, puis le trou noir
Le paradoxe saute aux yeux : Celtic a bien commencé. Le ballon circulait, James Forrest, aligné côté gauche, donnait l’impression de remonter le temps, enchaînant les courses et les centres. Dès la 8e minute, il dépose un ballon parfait sur Camilo Duran, qui se met en position… mais tergiverse. Double contact, frappe trop tardive, et le ballon file à côté. Premier avertissement.
La suite, les supporters la connaissent trop bien. À la 20e minute, un simple centre côté droit met toute la défense en difficulté. Kieran Tierney se troue, le ballon arrive sur Bamidele Yusuf dont la frappe est finalement déviée dans son propre but par Liam Scales. 0-1, et déjà ce sentiment de déjà-vu : une action gérable, transformée en catastrophe.
Celtic réagit. Haissem Hassan se montre, Forrest continue d’arroser la surface, Callum McGregor tente sa chance à l’entrée de la surface, mais sa frappe est déviée en corner. Les intentions sont là, la précision manque.
Juste avant la pause, le stade explose enfin. À la 44e minute, Tierney centre parfaitement et trouve Mika Baur, qui arrive lancé et claque le ballon au fond. 1-1, au meilleur moment. On se dit alors que le match a basculé.
Il a basculé, oui. Mais pas du bon côté.
Deux coups de massue en deux minutes
Le temps de savourer l’égalisation, Celtic replonge dans le chaos. Dans le temps additionnel de la première période, Yusuf efface trop facilement Tierney, puis McGregor, bien trop lent à dégager. Le ballon arrive sur Kristoffer Zachariassen, qui devance tout le monde et trompe Viljami Sinisalo d’un petit geste subtil. 1-2 à la 45e+1 minute. Un but qui résume tout : manque d’agressivité, absence de lucidité dans la surface.
Au retour des vestiaires, on attend une réaction. On assiste à une nouvelle erreur fatale. À la 47e minute, Celtic perd le ballon beaucoup trop facilement dans sa moitié de terrain. Colby Donovan, fraîchement appelé en sélection écossaise, se fait surprendre. Daniel Arzani récupère, fixe, arme une frappe somptueuse dans la lucarne. 1-3, et un Celtic Park médusé.
En moins de trois minutes de jeu effectif autour de la mi-temps, Ferencvaros a brisé l’élan des Hoops et mis à nu toutes leurs faiblesses.
Une fin de match sous tension, mais sans révolte décisive
Mené de deux buts, Celtic tente de réagir. Cameron Carter-Vickers s’emploie à casser les lignes, trouve Duran, dont le centre effleure Kasper Høgh sans le trouver. Benjamin Nygren enroule juste à côté pour les locaux, puis Sebastian Tounekti oblige Adam Varga à une belle parade sur une frappe puissante.
Nygren tente encore sa chance de loin, profitant d’un Varga avancé, mais sa tentative passe au-dessus. Les occasions s’enchaînent, jamais le déclic. Le temps file, les espoirs aussi.
Au coup de sifflet final, ceux qui sont restés jusqu’au bout ne se contentent pas de soupirer. Les sifflets descendent des tribunes, lourds, insistants. La frustration est totale. Pas seulement à cause du résultat, mais parce que les mêmes erreurs se répètent, match après match.
Des recrues qui ne pèsent pas, une défense en lambeaux
Martin O’Neill avait promis une réaction après la défaite contre les Rangers. Il a modifié son onze, procédé à quatre changements. Rien n’y fait. Les mêmes failles réapparaissent, presque mécaniquement.
Duran, Høgh, ces recrues estivales censées hausser le niveau dans les grandes soirées, peinent à peser dans les moments clés. Forrest, vétéran du vestiaire, reste l’un des rares à porter le danger de manière régulière. Le contraste est saisissant.
Derrière, le chantier est immense. Tierney se fait prendre dans son dos, McGregor manque de tranchant dans ses interventions défensives, Donovan se fait sanctionner à la moindre approximation. Les trois buts encaissés sont autant de coups de poignard… mais surtout, trois actions largement évitables.
O’Neill l’a reconnu : il cherche encore son onze type. Problème, le calendrier ne lui laisse aucun répit.
O’Neill sous pression avant un nouveau choc face aux Rangers
Après la rencontre, le manager ne se cache pas : « Nous sommes naturellement déçus d’avoir été battus. Ce n’est pas le départ que nous voulions. Nous avons sept matchs pour aller chercher des points. Il faut vraiment se concentrer maintenant sur dimanche. »
Il parle de « leçon européenne », de la nécessité de « se remettre ensemble » et de « se réénergiser ». Il insiste sur l’importance de ne plus gaspiller le ballon, tout en assumant l’idée de prendre des risques, mais dans les bonnes zones du terrain.
Quant aux sifflets, il les relativise : il connaît l’exigence de Celtic Park, l’a déjà vécue il y a 25 ans. Il sait que les supporters n’acceptent pas de voir leur équipe reculer, jouer en arrière alors que des espaces s’ouvrent devant.
Le constat reste brutal : deux défaites consécutives, une entrée manquée en Ligue Europa, une défense qui craque à chaque vague adverse, et un choc à venir face aux Rangers en Premiership. Même en restant en tête du championnat à l’approche de la trêve internationale, le contexte a changé.
Il y a quelques mois, O’Neill célébrait un doublé coupe-championnat. Aujourd’hui, la question n’est plus de savoir si Celtic peut briller en Europe, mais si le manager saura stopper l’hémorragie avant que la saison ne lui échappe.




