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Aryna Sabalenka s'offre une nouvelle demi-finale à l'US Open

Aryna Sabalenka a vu son titre lui filer entre les doigts. Elle y a cru, vraiment. Menée, bousculée, à deux points de la sortie, la double tenante du titre a vacillé… avant de se rebeller.

Au terme d’un combat nerveux et spectaculaire, la Biélorusse s’est imposée face à Linda Noskova en trois sets 7-6 (7-1), 3-6, 7-6 (10-7), après un peu moins de deux heures et demie d’un match tendu comme un fil.

Une reine au bord du précipice

Pour la première fois de cette édition, Sabalenka a été poussée dans ses retranchements. Décisif, ce troisième set l’a vue courir derrière le score : menée 4-2, puis 2-0 dans le super tie-break, elle semblait condamnée.

Elle l’a reconnu sans détour : à un moment, dans ce dernier acte, elle s’est dit que tout était terminé. Ce sentiment de fatalité l’a paradoxalement libérée. Relâchée, elle a recommencé à frapper sans retenue, à prendre la balle tôt, à imposer sa puissance plutôt que de la subir.

Le résultat est implacable : une 19e victoire consécutive à l’US Open, elle qui n’a plus perdu à New York depuis la finale 2023. Elle devient aussi la première joueuse depuis Serena Williams en 2016 à atteindre six demi-finales d’affilée à Flushing Meadows. Une série qui la place dans une catégorie à part.

Noskova frappe fort, Sabalenka plie mais ne rompt pas

Le début de match laissait pourtant penser à une formalité. Sabalenka démarre pied au plancher, break dès le premier jeu de service de la tête de série n°6, s’envole 5-2. Elle sert pour le set. Elle se fait reprendre.

Elle rectifie le tir dans le tie-break, survolé 7-1, mais les premières fissures apparaissent : une double faute sur son dernier jeu de service du set, l’une de ses quatre du match, et surtout une difficulté récurrente à convertir ses balles de break.

Le deuxième set confirme le retournement. Sabalenka gâche trois occasions de break d’entrée, puis cède son service dans le sixième jeu, encore sur une double faute à 30-40. Noskova en profite, impose son rythme, et arrache la manche pour forcer un troisième set.

Les chiffres racontent aussi une autre histoire : plus de coups gagnants, moins de fautes directes pour la Tchèque, sept balles de break sauvées sur neuf. Noskova a joué juste, longtemps, très longtemps.

Le mental comme arme principale

Le dernier acte ressemble à une chute lente. Deux nouvelles doubles fautes, un troisième break concédé, et Sabalenka se retrouve menée 4-2, Noskova enchaînant un jeu blanc pour asseoir son avance. À ce moment-là, la défenseure du titre paraît à bout, physiquement et mentalement.

Puis tout bascule. Sabalenka resserre le jeu, retrouve de la longueur, impose à nouveau sa puissance en fond de court. Trois jeux d’affilée, match renversé. Noskova, jusque-là si solide, commence à reculer.

Arrive le super tie-break. Noskova démarre mieux, 2-0. Sabalenka refuse de lâcher. Point après point, elle remonte, s’accroche, s’appuie sur son expérience et sur une série impressionnante : c’est son dixième tie-break remporté d’affilée à l’US Open, une série en cours depuis 2021.

Elle conclut avec un symbole fort : un ace sur deuxième balle, sans trembler, pour sceller la victoire. Une balle à très haut risque, parfaitement assumée.

Une saison chahutée, un repère retrouvé

Ce succès a une saveur particulière. Ce n’est que sa deuxième victoire en quart de finale depuis mars, loin de l’autorité qu’elle avait affichée en début de saison sur dur, avec des titres à Brisbane, Indian Wells et Miami.

Entre-temps, la machine s’était enrayée. Sur terre battue et sur gazon, Sabalenka n’a jamais vraiment trouvé le bon réglage. Elle a même encore laissé filer un match qu’elle contrôlait, en quart de finale de Roland-Garros, preuve que ses émotions continuent parfois de la déborder.

À New York, le décor change. Elle n’a toujours pas perdu le moindre quart de finale à l’US Open : six sur six. Sa victoire contre Taylor Townsend, déjà arrachée après avoir été menée 3-1 dans le deuxième set avec quatre breaks concédés, annonçait peut-être ce sursaut mental. Face à la championne de Wimbledon Linda Noskova, ce refus de céder a pris une autre dimension.

Classement, histoire et prochaine marche

Cette qualification lui permet, pour l’instant, de conserver sa place de n°1 mondiale. Mais la donne est claire : si Elena Rybakina bat Zheng Qinwen mercredi, la Kazakhe la délogera, quel que soit le parcours de Sabalenka jusqu’à la fin du tournoi.

La suite s’écrira contre une Américaine : soit Jessica Pegula, tête de série n°3, soit Emma Navarro, n°26. Une affiche lourde de sens pour une joueuse qui vise une quatrième finale consécutive à l’US Open.

Pour Linda Noskova, cette défaite met fin à une série de 11 victoires de rang en simple en Grand Chelem. Elle quitte le tournoi avec des regrets, mais aussi avec la confirmation qu’elle peut bousculer la patronne du moment sur l’un des plus grands courts du monde.

Sabalenka, elle, s’avance encore. Malmenée, sauvée, relancée. À Flushing Meadows, elle ne se contente plus de défendre un titre. Elle construit une dynastie. La question est simple désormais : qui va réussir à l’en déloger ici ?