Alex Michelsen : Ascension fulgurante à l'US Open 2026
Personne ne l’avait vu venir. Ou presque.
Si vous aviez misé sur Alex Michelsen en quart de finale de l’US Open avant le début du tournoi, vous faites partie d’une infime minorité… et vous pouvez encaisser tranquillement. À 22 ans, l’Américain non tête de série traverse ce tableau new-yorkais comme une rafale : quatre matches, quatre victoires, aucun set concédé. Une montée en puissance brutale, presque déroutante.
Le plus dur commence maintenant.
Un service qui claque, un calme qui déstabilise
Michelsen n’a rien du prototype du jeune joueur encore en rodage. Deux mains fermes sur le revers, un service qui devient parfois intouchable, et surtout une façon clinique de terminer les points dès que la balle revient dans son camp. Face à Tomas Martin Etcheverry au quatrième tour, il a arrosé le court de 44 coups gagnants. Quarante-quatre. Sur un huitième de finale de Grand Chelem.
Quand l’échange s’installe, il ne panique pas. Il prend la balle tôt, frappe à plat, accélère sans prévenir. L’adversaire recule, subit, finit par craquer. Le scénario se répète match après match.
Son parcours à Flushing Meadows, jusqu’ici, ressemble à une démonstration :
- 1er tour : victoire contre Federico Cina 6-4, 6-1, 6-0
- 2e tour : victoire contre la tête de série n°16 Brandon Nakashima 6-3, 6-4, 6-4
- 3e tour : victoire contre Daniel Merida 7-6 (7-5), 6-4, 6-3
- 4e tour : victoire contre la tête de série n°27 Tomas Martin Etcheverry 7-6 (8-6), 6-4, 6-4
Personne ne l’a encore poussé au cinquième set. Personne ne lui a même pris une manche.
D’Athens à… nulle part : le virage brutal vers le monde pro
Ce qui frappe chez Michelsen, ce n’est pas seulement la qualité de son tennis. C’est la vitesse à laquelle tout s’est emballé.
Originaire d’Aliso Viejo, en Californie, il sort diplômé de Laurel Springs School avec une étiquette flatteuse : meilleur joueur américain né aux États-Unis de la promotion 2023. Logiquement, il signe une lettre d’intention avec le programme masculin de l’Université de Georgia. La route semble tracée : NCAA, progression tranquille, passage chez les pros dans quelques années.
Elle ne durera pas. Il ne mettra jamais les pieds à Athens.
En 2023, il bascule directement chez les professionnels. Sans filet. Sans transition universitaire. Mais pas sans références : un titre en double chez les juniors à Wimbledon en 2022, une finale en double à l’Open d’Australie juniors la même année, puis un premier pas en Grand Chelem en double à l’US Open 2022, conclu par une défaite au premier tour. La courbe est claire : il apprend vite.
En 2023, il découvre le tableau principal en simple en Grand Chelem grâce à une invitation à l’US Open. Avant cette édition 2026, son meilleur résultat restait un huitième de finale à l’Open d’Australie 2025. Correct. Prometteur. Mais rien qui laissait présager une percée aussi brutale à New York.
Une ascension au classement… et sur le compte en banque
Aujourd’hui, Michelsen pointe au 46e rang mondial sur le circuit ATP. Une position déjà respectable pour un joueur qui n’a pas encore atteint sa pleine maturité. À New York, il joue plus qu’un simple quart de finale.
S’il se hisse en demi-finales, il fera un bond dans le top 30, décrochant le meilleur classement de sa jeune carrière. Une étape symbolique, mais aussi stratégique : têtes de série plus fréquentes, tirages plus cléments, statut qui change dans les vestiaires.
Les chiffres financiers suivent la même courbe. Depuis le début de l’année 2026, il a déjà dépassé le million de dollars de gains en prize money. Sa seule présence en quart de finale à l’US Open lui rapporte 780 000 dollars supplémentaires. Une confirmation, en quelques jours, que son pari de zapper la fac pour le monde pro n’avait rien d’un caprice.
Face à Tiafoe, le premier vrai mur
La belle histoire, toutefois, se heurte maintenant à un obstacle d’un autre calibre : Frances Tiafoe, tête de série n°11, autre visage fort du tennis américain. Un duel 100 % USA, mais pas un duel équilibré sur le papier.
Les deux hommes se sont déjà affrontés deux fois. Deux fois, Michelsen a perdu. Le passif est clair, et il n’est pas en sa faveur.
Cette fois, le décor change. Ce n’est plus un tournoi lambda, ni un tour précoce. C’est un quart de finale de Grand Chelem, mardi 8 septembre, à l’US Open, avec la nuit new-yorkaise, la ferveur des tribunes et la pression qui écrase les jambes ou transcende les épaules.
Tiafoe connaît ce genre de scène. Michelsen, beaucoup moins. Mais il arrive porté par une dynamique parfaite, sans set perdu, avec un jeu qui s’affûte à chaque tour.
La question n’est plus de savoir s’il a surpris tout le monde. Il l’a déjà fait. La vraie question, désormais : jusqu’où peut-il pousser les portes de ce tournoi qui, en une semaine, est en train de changer le cours de sa carrière ?




