Tottenham cherche à relancer sa saison après un début difficile
Tottenham Hotspur entame déjà sa saison sous pression. Aucun succès en Premier League, aucun but marqué, et une impression persistante d’équipe en chantier malgré un été à plus de 300 millions de livres dépensés. Pour un club qui a flirté dangereusement avec la relégation la saison dernière, le décor est posé : l’excuse du rodage ne tiendra pas longtemps.
La campagne a commencé par une gifle. Un 3-0 encaissé face à Brentford, avec une prestation terne, sans rythme ni tranchant. Derrière, le retour au Tottenham Hotspur Stadium n’a pas offert le rebond espéré : Newcastle United est venu s’imposer 2-0 à Londres, laissant les tribunes dans un mélange de frustration et d’incrédulité. Deux matches, deux défaites, zéro but. Pour une attaque largement renouvelée, le constat est brutal.
Un léger répit est venu avec un nul 0-0 sur la pelouse de Nottingham Forest. Un premier point, un peu d’ordre défensif retrouvé, mais toujours pas ce déclic offensif que tout le monde attend. Roberto De Zerbi sait qu’il ne peut pas se contenter de ce minimum. Pas après un tel investissement estival, pas après la peur vécue lors de la dernière journée de la saison passée.
Car c’est bien là que le contraste frappe. Tottenham a déjà montré qu’il savait répondre présent quand le couperet se rapproche. Lors de l’ultime journée du précédent exercice, une victoire 1-0 contre Everton avait sauvé le club d’un scénario catastrophe. Une soirée tendue, un but qui valait un maintien, et un stade qui avait enfin respiré.
Samedi, Everton revient au nord de Londres. Cette fois, l’enjeu n’est pas la survie immédiate, mais la relance d’un projet qui tarde à prendre forme. Les hommes de David Moyes arrivent avec un bilan plus stable : une victoire, deux nuls, dont un 2-2 spectaculaire face à Manchester United lors de leur dernière sortie. Une équipe qui sait frapper, qui sait aussi revenir dans un match. Tottenham est prévenu.
Pour les supporters qui ne feront pas le déplacement, le rendez-vous est clair : coup d’envoi à 17h30, heure britannique. La rencontre sera diffusée en direct sur Sky Sports Main Event et Sky Sports Football, avec une prise d’antenne dès 17h. Le pays entier pourra donc juger, en direct, si cette formation londonienne commence enfin à ressembler à ce que promettait son mercato.
Un élément joue toutefois en faveur des Spurs : leur jardin. Face à Everton, le Tottenham Hotspur Stadium a souvent été un refuge. Sur les 17 dernières réceptions des Toffees en championnat, Tottenham n’en a perdu qu’une seule. Mieux encore, le club londonien reste sur cinq victoires consécutives à domicile contre ce même adversaire depuis un revers 1-0 en septembre 2020.
Cette série ne garantit rien, mais elle offre un socle psychologique. Les tribunes savent qu’elles ont l’habitude de repartir avec le sourire quand Everton est en face. Les joueurs, eux, n’ignorent pas non plus ces chiffres. Quand les automatismes tardent à se mettre en place, s’accrocher à ce genre de repères peut faire la différence dans les moments de doute.
Reste que les chiffres ne marquent pas de buts. Et c’est bien là le cœur du problème actuel. Tottenham a investi pour donner de la vitesse, de la créativité et du poids à son attaque. Pour l’instant, elle ne produit que de la frustration. Le ballon circule, mais sans tranchant. Les occasions se font rares, les enchaînements manquent de fluidité. Une équipe chère, mais encore trop prévisible.
De Zerbi n’a pas besoin qu’on lui rappelle l’urgence de trouver la bonne formule. Entre la pression de l’investissement consenti, la peur de revivre une saison à l’agonie et l’impatience d’un public habitué à mieux, le technicien joue déjà gros. Everton, solide et accrocheur, n’aura aucune intention de servir de tremplin.
Tottenham, lui, n’a plus le luxe d’attendre. Le temps des promesses et des discours sur le “projet” touche à sa fin. Samedi soir, il faudra enfin des points, et surtout un but. La question n’est plus de savoir si les Spurs ont le potentiel. Elle est de savoir quand ce potentiel va enfin exploser.




