Surrey arrache sa place en phases finales de la One-Day Cup
Surrey a tenu jusqu’au bout. Un guichet d’avance, trois balles restantes, et tout The Oval debout pour un dénouement à couper le souffle. En dominant Somerset sur le fil, les Londoniennes ont décroché le dernier billet pour les phases finales de la One-Day Cup.
La donne était simple : duel direct entre le troisième et le quatrième, vainqueur qualifié. La réalité a été tout sauf simple.
Un total massif, une réponse sous pression
Surrey choisit de lancer en premier. Très vite, ce choix se transforme en longue séance de souffrance face à une association aussi patiente qu’implacable. Pour le troisième guichet, Sophie Luff et Niamh Holland cousent une partnership de 196 points qui étouffe progressivement les locales.
Capitaine de Somerset, Luff montre la voie avec un 108 de haute volée. Elle tombe, mais Holland refuse de lâcher. Elle atteint sa centaine en 113 balles, puis appuie brutalement sur l’accélérateur : 30 points supplémentaires en seulement 15 balles pour boucler une manche à 130*, superbe et cruelle pour les lanceuses adverses. Au total, Somerset ferme à 295-7 en 50 overs, un objectif lourd, digne d’un match couperet.
Surrey doit alors courir derrière presque 300 points, sous la pression d’une saison qui se joue sur une seule manche. Sune Luus tient la barre avec un 54 précieux, mais son départ fait vaciller toute l’ossature. Quand l’internationale sud-africaine est renvoyée au pavillon, le tableau d’affichage affiche 142-5. L’Oval se fige. Le scénario bascule dangereusement vers Somerset.
La capitaine Kira Chathli relève pourtant la tête. Son 51 maintient Surrey en vie, soutenue par les 46 de Phoebe Franklin. Les deux construisent patiemment, grignotent l’écart, refusent de laisser la pression dicter le tempo. Mais Franklin finit par céder. Nouveau coup de froid : 257-8 dans le 45e over. À ce moment-là, chaque erreur semble fatale.
Griffiths frappe, Surrey s’accroche
Dans ce chaos contrôlé, Kalea Moore, numéro neuf, apporte une contribution qui pèse bien plus que ses chiffres bruts. Ses 23 points valent de l’or. Elle stabilise, recolle, redonne un mince espoir. Puis survient un nouveau rebondissement : touchée, obligée d’appeler un coureur, elle est finalement piégée lbw dans l’avant-dernier over. Un coup dur de plus, signé Alex Griffiths, impériale avec la balle et récompensée par un 5-54 d’envergure.
Surrey se retrouve alors au bord du gouffre, dernière paire au bâton. La qualification tient sur un fil. Somerset sent la bascule, la pression change de camp.
Il reste six balles. Sept points à marquer.
Un dernier over irrespirable
Ellie Anderson prend la balle pour le dernier over, mission claire : défendre ces sept unités. Elle craque d’entrée avec une wide qui réduit immédiatement la marge. Derrière, une balle pleine et basse semble sous contrôle, mais la défense de Somerset se fissure : mésentente, misfield au mid-off, et la balle file jusqu’à la limite pour quatre. Kate Coppack, 16* au final, en profite pleinement. Le stade explose, la tension grimpe d’un cran.
La cible se rapproche dangereusement. Un leg-bye ramène les deux équipes à égalité. Et ce simple point change tout : Surrey, qui avait débuté la journée avec un point d’avance au classement, sait qu’un nul lui suffit pour passer. Mais sur le terrain, impossible de jouer pour le partage. L’instinct de compétitrice prend le dessus.
Coppack et la dernière batteuse, Dani Gregory, se jettent dans une nouvelle course folle entre les guichets. Une nouvelle course, un nouveau scramble, et cette fois, c’est la victoire. Surrey passe, par la plus étroite des marges, au terme d’un finish qui laisse Somerset à genoux.
Luff et Holland en héroïnes malheureuses
Le contraste est brutal. Luff, avec ses 108, et Holland, invaincue à 130, avaient pourtant posé les fondations idéales. Une partnership de 196 pour le troisième guichet, un final tonitruant, un total au-delà de 290 : tout y était pour envisager une qualification. Mais la ligne d’arrivée se dérobe dans les derniers mètres.
Pour Somerset, la désillusion est totale. Pour Surrey, le soulagement est à la hauteur de la frayeur.
Cross s’en va avec une victoire
Ailleurs, la journée avait aussi un parfum particulier. À Headingley, Kate Cross disputait le dernier match de sa carrière. L’ancienne internationale anglaise boucle la boucle avec une performance solide, 2-54, et une victoire nette de Lancashire sur Yorkshire par sept guichets. Une sortie par la grande porte, sobre mais marquante.
Dans l’autre rencontre de la journée, Durham domine Warwickshire de quatre guichets, complétant un tableau où chaque résultat compte, mais où tous les regards restaient braqués sur The Oval.
Cap sur Southampton
Avec The Blaze et Hampshire déjà assurés de terminer aux deux premières places de leur groupe, ce succès de Surrey vient sceller le casting des phases finales. Prochaine étape : un déplacement à Southampton pour affronter Hampshire mercredi. Le vainqueur y gagnera son billet pour la finale de samedi au Utilita Bowl, face à The Blaze.
Surrey a survécu à un test mental d’une rare intensité. La question est désormais simple : après avoir gagné au bord du précipice, jusqu’où cette équipe peut-elle aller quand tout se jouera, encore une fois, sur un match ?




