Santner avertit : Kohli et Rohit, maîtres du jeu en Nouvelle-Zélande
Mitchell Santner sait exactement ce qui l’attend. Quand Virat Kohli et Rohit Sharma remettront le pied en Nouvelle-Zélande à l’automne 2026, ce ne sera pas une tournée de gala. Ce sera un test de nerfs, de plans de jeu et de caractère.
Les deux géants indiens, désormais spécialisés en ODI, mèneront l’attaque lors d’une longue tournée : cinq T20I, cinq ODI et deux Tests entre octobre et novembre. Des formats différents, une seule constante : leur capacité à dompter les conditions, y compris celles de la Nouvelle-Zélande, où ils ont déjà brillé.
« Ça va être un défi. Ils restent de très bons joueurs, on le voit depuis longtemps, des maîtres du format ODI. Ils ont déjà apprécié certaines pelouses néo-zélandaises par le passé. Espérons que ce ne soit pas le cas cette fois », glisse Santner à l’agence PTI.
Derrière la formule polie, il y a un vrai avertissement : l’Inde arrive avec du poids lourd, et la marge d’erreur sera minime pour les Blackcaps.
Objectif numéro un : battre l’Inde chez soi
Le calendrier néo-zélandais est clair. D’abord, l’Inde. Ensuite, le Sri Lanka. Puis l’Angleterre, en septembre 2027, pour préparer la Coupe du monde.
« On a cinq matchs contre l’Inde, trois contre le Sri Lanka à domicile, puis la préparation de la Coupe du monde en Angleterre, juste avant le tournoi », détaille Santner.
Mais il refuse de voir trop loin. Tout commence par cette série face à l’Inde, sur leurs terres à eux.
« Avant tout, tu veux gagner une série contre l’Inde à la maison, ce serait quelque chose d’énorme. Ensuite, il s’agit de trouver à quoi pourrait ressembler la meilleure composition pour octobre prochain », ajoute-t-il.
Les dates donnent le ton :
- Les T20I ouvriront le bal à partir du 22 octobre 2026, entre Hagley Oval, Sky Stadium, Eden Park et Seddon Park.
- Les cinq ODI suivront du 4 au 15 novembre, entre Auckland, Wellington, Hamilton et le Bay Oval de Mount Maunganui.
- Puis viendront les deux Tests, du 19 au 23 novembre à Basin Reserve, puis du 27 novembre au 1er décembre à Hagley Oval.
Un marathon. Et chaque bloc de la tournée servira de laboratoire avant la Coupe du monde d’ODI de l’année suivante.
Le souvenir qui pique : le 3-0 en Inde
Quand Santner évoque l’Inde, sa mémoire remonte tout de suite à une série qui a marqué les esprits. La dernière confrontation en Tests entre les deux équipes, sur le sol indien, s’est soldée par un 3-0 historique pour la Nouvelle-Zélande. Une claque pour l’Inde, qui a mis fin à une invincibilité à domicile longue de plus de 12 ans et 18 séries.
Santner avait alors frappé fort, notamment à Pune, avec des chiffres de 7/53 et 6/104 lors du deuxième Test, verrouillant la série.
Cette fois, le décor change. Ce sera la Nouvelle-Zélande, des balles qui bougent, des conditions plus fraîches, et un groupe indien en transition.
« Ce dont on a parlé, c’est de la capacité à s’adapter vite », explique le spinner. « Pour une Inde au nouveau visage, ce sera probablement la première fois que certains joueront au red-ball ici, avec des terrains un peu étrangers. Ça fera sûrement un peu plus que chez eux. »
Pour les nouveaux venus indiens, ce ne sera pas une simple découverte, mais une épreuve. Le moindre retard d’adaptation se paiera cher.
Une Inde « très bien équilibrée »
Santner n’essaie pourtant pas de minimiser la force de l’adversaire. Au contraire, il insiste sur la densité de cette équipe de Test en pleine recomposition.
« Si tu regardes leur effectif, c’est un groupe très bien équilibré. Tu remets Jasprit Bumrah dans l’attaque, tu as Mohammed Siraj, Prasidh Krishna avec le rebond. Tu as Ravindra Jadeja et Manav Suthar pour le spin. Tu as probablement un quatrième seamer en plus. »
La phrase claque comme un constat lucide : l’Inde arrive avec des armes partout. Vitesse, variation, spin, profondeur.
« Ça se met bien en place. Je pense que ce sera une super série. Traditionnellement, à cette période de l’année, ça peut un peu bouger en Nouvelle-Zélande », prévient-il.
Les batteurs indiens le savent : ici, le couloir du off-stump n’est pas un concept théorique, c’est une zone de danger permanent.
« Combattre le feu par le feu »
Comment attaquer une série de Tests dans ces conditions ? Santner esquisse la feuille de route. Elle ne repose pas sur la prudence extrême, mais sur un équilibre délicat.
« Il faudra parfois combattre le feu par le feu, jouer ses coups. Il y aura des moments où il faudra s’asseoir un peu, laisser les bowlers envoyer, essayer de faire partir la brillance de la balle », décrit-il.
Une approche à deux vitesses : agresser quand la fenêtre s’ouvre, survivre quand la balle est neuve et vivante. Les Tests en Nouvelle-Zélande offrent rarement des phases mortes. Les nuages, le vent, la lumière, tout peut faire basculer une session.
« Il peut se passer beaucoup de choses dans un Test en Nouvelle-Zélande. Ça va être une série excitante, et on a hâte », lâche Santner.
On le croit sans peine. Entre l’envie de confirmer la gifle infligée à l’Inde en Tests il y a quelques années et la nécessité de marquer des points au classement du World Test Championship, l’enjeu dépasse largement le simple prestige.
Deux Tests seulement, mais un enjeu majeur
Une question revient pourtant : pourquoi seulement deux Tests dans une affiche de ce calibre ? Santner ne se cache pas derrière des discours vagues.
« Pendant longtemps, la Nouvelle-Zélande a joué des séries de deux matchs. Il y a évidemment l’aspect financier », reconnaît-il.
Le Test cricket coûte cher, les calendriers sont serrés, et le public local se déplace davantage pour le white-ball. « Les formats courts amènent les foules en Nouvelle-Zélande, ils amènent l’argent. C’est pour ça qu’on a ce partage 10-2. »
Le constat est froid, mais réaliste. Les cinq T20I et les cinq ODI pèsent lourd dans les comptes et dans la préparation des grandes compétitions. Les deux Tests, eux, concentrent la valeur symbolique.
Et même réduite à ce format, l’affiche reste un rendez-vous majeur pour les joueurs néo-zélandais.
« Quand l’Inde vient, même si ce n’est que pour deux Tests, c’est excitant. Tout le monde veut se mesurer aux meilleurs du monde, et ils en font partie. Pour nous, ce sera une série importante, comme pour l’Inde, avec les points du World Test Championship en jeu. »
La scène est posée : Kohli et Rohit de retour sur des pelouses qu’ils connaissent, une Nouvelle-Zélande qui veut frapper fort chez elle, un calendrier qui pointe déjà vers une Coupe du monde et un WTC sous tension.
Reste une seule inconnue : qui imposera sa loi quand la balle commencera à danser dans l’air néo-zélandais ?




