La République tchèque renverse les États-Unis en Coupe Davis
La salle de Prague a vibré comme aux plus grandes heures de la Coupe Davis. Sous pression, dos au mur, la République tchèque a encore fait tomber les États-Unis, 3-2, pour s’ouvrir la porte des finales de novembre à Bologne. Et comme souvent dans cette compétition, tout s’est joué sur un homme, un point, un moment : Jiří Lehečka.
Lehečka, encore lui, pour conclure
Envoyé au front pour le cinquième match, Lehečka savait exactement ce qu’il avait entre les mains : la qualification, l’élan d’un groupe, la possibilité de faire plier une nation recordman des titres dans l’épreuve. Face à Learner Tien, le Tchèque a tenu son rang et ses nerfs : victoire 6-3, 7-5, et une salle debout.
Le scénario n’a pourtant rien eu de tranquille. Mené d’un break en début de première manche, Lehečka a dû serrer le jeu, retrouver sa longueur, imposer son poids de balle. Une fois revenu, il a pris le contrôle. Dans le deuxième set, le danger a resurgi : Tien a jailli à 3-0, porté par l’idée d’un retournement total. Mais la pression a changé de camp. Lehečka a grignoté, recollé, puis conclu sur sa quatrième balle de match. Froid, lucide, déterminé.
La veille déjà, il avait donné le ton en dominant Ben Shelton en deux manches. Mais il l’a rappelé après coup : en Coupe Davis, personne ne gagne seul. Sans le point arraché plus tôt par Jakub Menšík face au même Shelton, il n’aurait même pas eu l’occasion de disputer ce match décisif.
Les États-Unis encore brisés au même stade
Cette affiche avait un air de déjà-vu. Comme l’an dernier à Delray Beach, c’est au même stade de la compétition que la République tchèque a éjecté les États-Unis. En 2023, Jakub Menšík avait frappé un grand coup en battant Frances Tiafoe pour sceller le sort de la rencontre. Cette fois, le rôle de finisseur est revenu à Lehečka, mais la morale reste la même : les Tchèques aiment jouer les juges dans cette rivalité.
La journée avait démarré à 1-1, et les Américains ont d’abord cru prendre le contrôle. Christian Harrison et Austin Krajicek ont retourné un double mal embarqué face à Adam Pavlásek et Patrik Rikl, s’imposant 5-7, 6-3, 7-6 (10-8). Dans ce super tie-break, ils ont sauvé quatre balles de match, preuve d’un refus farouche de céder. À ce moment-là, les États-Unis menaient 2-1 et voyaient déjà la sortie.
Mais la réaction tchèque ne s’est pas fait attendre. Menšík est revenu sur le court avec une mission et un client sérieux en face : Shelton, finaliste tout frais de l’US Open. Le jeune Tchèque a plié sans rompre, cédé le premier set 5-7, puis changé de braquet. Plus agressif, plus constant, il a renversé le match 6-4, 6-3. Ce point a tout relancé. Il a aussi offert à Lehečka la scène pour conclure l’affaire.
La Coupe Davis, un autre parfum
Lehečka l’a souligné : gagner en Coupe Davis n’a rien à voir avec un tournoi classique. On joue pour un banc, un drapeau, une salle entière. Chaque point gagné fait bondir des coéquipiers, chaque erreur pèse davantage. Dans ce contexte, les Tchèques ont une nouvelle fois montré qu’ils savent se sublimer dans les rencontres couperet.
Pour les États-Unis, la frustration grandit. Avec 32 titres, ils restent la nation la plus titrée de l’histoire, mais la dernière victoire remonte à 2007. Depuis, les campagnes se succèdent, les générations changent, le trophée leur échappe.
La Corée du Sud écrit l’histoire, l’Autriche répond présente
Sur les autres courts, la journée a aussi façonné le tableau final. À Séoul, la Corée du Sud a signé une performance historique en atteignant pour la première fois de son histoire le Final 8 de la Coupe Davis. Succès 3-1 contre l’Inde, bouclé par Kwon Soon-woo, intraitable face à Sumit Nagal : 6-1, 6-2. Une démonstration, un message envoyé.
À Vienne, l’Autriche a validé son billet en dominant la Belgique 3-1. Jurij Rodionov a scellé la qualification en battant Zizou Bergs 7-6 (8-6), 6-3, solide dans les moments chauds, précis au tie-break.
Tout ce petit monde se retrouvera en novembre à Bologne, où l’Italie, à domicile, visera un quatrième titre consécutif. Les Tchèques, eux, arriveront avec la confiance d’une équipe qui vient de faire tomber les États-Unis deux années de suite. Reste à savoir si cette foi collective suffira à bousculer la hiérarchie installée.




