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Boris Becker refuse de retravailler avec Zverev

Alexander Zverev vient de boucler l’année qui change tout. Celle qui fait basculer un très bon joueur dans une autre catégorie : celle des grands noms de l’histoire du tennis allemand.

Roland-Garros en premier, l’US Open ensuite, une finale à Wimbledon entre les deux, et, au bout de cette saison pleine, la place de numéro 1 mondial. Le palmarès a enfin rejoint le talent, et l’Allemagne tient, avec le joueur de 29 ans, son plus solide champion depuis… Boris Becker.

Dans l’histoire du tennis masculin allemand, seul Becker affiche encore un bilan supérieur. Les deux hommes se connaissent bien, ont collaboré par intermittence, et leurs trajectoires se croisent régulièrement depuis des années. Mais une chose est désormais claire : ils ne retravailleront plus ensemble.

« Je dois être le patron sur le ring »

Interrogé par Der Spiegel sur une éventuelle nouvelle collaboration avec Alexander Zverev, Boris Becker n’a pas laissé la moindre zone grise. Sa réponse a claqué, directe, presque sèche.

« Je dois être le patron sur le ring. Si un membre de la famille a ensuite une opinion différente, dans une langue que je ne comprends pas, en l’occurrence le russe, alors ce n’est pas acceptable. »

En quelques mots, l’ancien champion a levé le voile sur des tensions anciennes autour du clan Zverev. Il rappelle avoir été très présent : « J’étais dans sa box à beaucoup de matches, j’étais sur le court d’entraînement, et je l’ai soutenu activement. »

Le ton est factuel, mais le sous-texte est limpide : Becker ne veut plus se retrouver au cœur de ces jeux d’influence familiaux. Il revendique une position claire, celle de l’autorité sportive, non négociable.

Générations qui s’entrechoquent

Becker ne se contente pas de parler de langue ou de box. Il met aussi en avant le fossé générationnel.

« Nous avons eu des hauts et des bas. J’ai 30 ans de plus que lui ; j’ai des enfants de son âge. Il faut parfois dire à ces jeunes des choses qu’ils n’aiment pas entendre. »

La phrase résume bien la dynamique entre un monument du tennis et une star en pleine ascension. L’ancien numéro 1 mondial sait que ses critiques peuvent piquer, mais il y voit un moteur.

« Cela peut même les motiver encore plus ; ils se disent : “Qu’est-ce qu’il raconte ? Je vais montrer à ce vieux ce que je peux faire.” C’est très bien. L’essentiel, c’est qu’il gagne. Et il l’a fait cette année. »

Malgré la distance qu’il met aujourd’hui, Becker ne minimise pas ce qu’a réalisé Zverev. Il l’a déjà encensé après son premier titre du Grand Chelem à Paris, et il le répète à sa manière : le résultat, au bout du compte, lui donne raison.

Zverev au sommet, Becker en retrait… mais pas à la retraite

La relation entre les deux hommes reste donc marquée par une forme de respect mêlé de tension. Les succès de Zverev en 2026 n’ont pas effacé les cicatrices laissées par leur collaboration. Ils ont, au mieux, imposé une trêve silencieuse.

Pour autant, Becker ne tourne pas le dos au circuit. Loin de là.

En évoquant son avenir, il lâche une phrase qui en dira long aux directeurs de tournois et aux joueurs en quête d’un mentor : « Il y a eu plusieurs demandes ; bien sûr, je ne citerai aucun nom ! Voyons ce qui se passera l’année prochaine. »

Pas de retour auprès d’Alexander Zverev, donc. Mais la porte reste grande ouverte pour un autre projet sur l’ATP Tour. Et dans un vestiaire où l’aura des anciens champions continue de peser lourd, la question est simple : qui osera s’offrir la poigne, les exigences et le franc-parler de Boris Becker ?