Rangers sortent la tête de l’eau après une victoire contre Aberdeen
Rangers sort la tête de l’eau. Un peu.
Le début de saison a frôlé le désastre : recrutement poussif, campagne européenne indigne du club, et un Derek McInnes semblant bricoler chaque week-end, changeant systèmes, hommes et idées comme on change de feuille de match. Dimanche, face à Aberdeen, on a enfin vu quelque chose qui ressemble à une équipe pensée, structurée, assumée.
Une base enfin solide
Ce Rangers-là n’a pas brillé, mais il a tenu. Solide derrière, discipliné au milieu, assez tranchant devant pour faire la différence. Le genre de victoire qui ne fait pas exploser les compteurs, mais qui apaise un vestiaire et une tribune. Le genre de match qui, dans une saison mal embarquée, peut servir de point de bascule.
On aurait pu s’attendre à ce visage dès la première journée. C’est sans doute ce que McInnes imaginait en juin. Il a fallu attendre Aberdeen pour que ses choix ressemblent à un plan cohérent plutôt qu’à une série de tentatives désespérées. Cette fois, son équipe a passé la ligne d’arrivée avec maîtrise, sans panique, sans ces trous d’air qui avaient coûté si cher ces dernières semaines.
Kim Min-Su et Djeidi Gassama, les rares étincelles
Dans le secteur offensif, seuls deux hommes ont vraiment marqué les esprits : Kim Min-Su et Djeidi Gassama.
Kim a joué comme un leader technique, réclamant le ballon, orientant le jeu, cherchant constamment à se placer au cœur des actions. On a senti chez lui l’envie d’être le point d’ancrage de cette attaque, la pièce autour de laquelle tout s’articule.
Gassama, lui, a apporté ce que l’équipe manquait cruellement : de la vivacité, de la percussion, du mouvement. Il a étiré la défense, provoqué, proposé des courses intelligentes. Pas encore un patron, mais clairement un agitateur de défenses, un joueur qui change le rythme d’un match par ses prises d’initiative.
Dans une attaque encore en chantier, ces deux-là ont offert un début de réponse. Pas suffisant pour masquer les manques, mais assez pour donner une direction.
L’arbitrage, les polémiques et Kevin Nisbet
Au milieu de ce contexte tendu, une autre constante de ce début de saison est revenue : la polémique arbitrale. Pourtant, sur ce match, Matthew MacDermid a tenu son rang. Les grandes décisions ont été justes, nettes, assumées.
L’action la plus commentée reste évidemment le but refusé à Kevin Nisbet. Sur les réseaux, les théories ont fleuri, les contestations aussi. Sur le terrain, la situation était beaucoup plus simple : deux fautes dans la même phase. D’abord une poussette sur Dujon Sterling, ensuite une position de hors-jeu. Deux raisons suffisantes pour annuler le but. Décision correcte, point final.
Rangers avait besoin d’un match sans scandale, sans sentiment d’injustice, sans ce bruit parasite qui entoure chaque coup de sifflet. Celui-ci en fait partie.
Falkirk, le premier vrai test de continuité
Cette victoire ne peut pas rester un simple sursaut. À Falkirk, mercredi, on saura si ce succès face à Aberdeen était un accident positif ou le début d’une remontée structurée. Le mot d’ordre est clair : bâtir sur cette assise, répéter la même rigueur, la même solidité, et ajouter un peu plus de tranchant.
En parallèle, l’urgence du mercato saute aux yeux. Le club est « fortement » lié à l’arrivée d’un attaquant, et ce n’est pas un luxe. Il faut un buteur, un vrai. Mais ce n’est pas tout : un ailier droit supplémentaire et deux milieux de terrain sont également ciblés. Sans ce renfort massif, ce groupe restera loin du niveau exigé par le blason qu’il porte.
Rangers a enfin posé une première pierre. Reste une question, brutale mais inévitable : le club va-t-il construire dessus… ou la laisser s’enfoncer dans le sable dès mercredi soir ?




