Quarts de finale à Flushing Meadows : Sabalenka et Alcaraz en lice
Le tableau se resserre à Flushing Meadows. Place aux quarts de finale du simple, chez les femmes comme chez les hommes, avec huit affiches en deux jours pour ne garder que quatre survivants de chaque côté.
Sabalenka en chasse de Serena, l’Amérique retient son souffle
Aryna Sabalenka avance comme un rouleau compresseur. Tête de série n°1, double tenante du titre à New York, elle n’a pas concédé le moindre set en quatre matchs. Une cadence de patronne, pour une joueuse qui vise un triplé que seule Serena Williams a réussi dans l’ère récente, entre 2012 et 2014.
Face à elle, mardi à 11 h 30 (heure de la côte Est), Linda Noskova, tête de série n°6, devra briser un mur. La Tchèque s’avance sans complexe, mais le contexte est brutal : Sabalenka n’a pas seulement une place en demi-finale à défendre, elle joue aussi son rang de n°1 mondiale.
Les espoirs américains, eux, se divisent entre deux noms qui résonnent déjà fort à New York. Jessica Pegula, n°3, finaliste ici il y a deux ans avant de s’incliner face à Sabalenka, et Coco Gauff, n°4, sacrée pour la première fois en Grand Chelem à l’US Open 2023 puis titrée à Roland-Garros en 2025.
Mardi soir (19 h), Pegula aura d’abord un duel 100 % américain à gérer face à Emma Navarro, tête de série n°26. Selon les projections de Scooby Axson, Pegula doit passer ce cap pour s’offrir une demi-finale face à Linda Noskova. Un scénario qui suppose un séisme : l’élimination de Sabalenka par la Tchèque, avec à la clé une conséquence lourde, la perte annoncée du trône mondial pour la Biélorusse.
Mercredi, le ton montera encore d’un cran. Mirra Andreeva, n°5, défiera Coco Gauff dans un choc de reines de la terre battue, les deux dernières lauréates de Roland-Garros. La pression, l’énergie du public, la vitesse du ciment new-yorkais : tout semble converger vers Gauff, portée par son histoire avec ce tournoi. Axson la voit s’imposer et retrouver en demi-finale Elena Rybakina, tête de série n°2, annoncée victorieuse de Qinwen Zheng. Rybakina, nouvelle n°1 mondiale et championne en titre de l’Open d’Australie, serait alors l’obstacle ultime avant la finale.
Si ces prédictions se confirment, le dernier carré offrirait un mélange explosif : Gauff contre Rybakina d’un côté, Pegula contre Noskova de l’autre. Une Américaine en finale est presque une obsession ici. En voir deux, ce serait un rêve éveillé.
Alcaraz, Zverev et la révolte américaine
Chez les hommes, l’histoire est plus cruelle avec les États-Unis. Aucun vainqueur américain à l’US Open depuis Andy Roddick en 2003. Vingt-trois ans de disette. Pourtant, cette édition ouvre une brèche : trois joueurs du pays ont atteint les quarts de finale.
Ben Shelton, tête de série n°8, Frances Tiafoe, n°11, et Alex Michelsen, non tête de série, portent ce renouveau. Et déjà une certitude : le public aura au moins un représentant en demi-finale, Tiafoe et Michelsen se retrouvant face à face mardi à 13 h.
Dans ce duel, Axson penche pour l’expérience. Tiafoe, déjà demi-finaliste à New York en 2022 et 2024, connaît chaque souffle de ce court, chaque montée de décibels dans la nuit new-yorkaise. Michelsen, lui, vit une campagne inattendue, presque irréelle. L’analyste le voit s’arrêter là, stoppé par un Tiafoe lancé vers une troisième demi-finale à Flushing Meadows.
La soirée offrira ensuite une affiche taillée pour les projecteurs : Carlos Alcaraz, tête de série n°2 et double vainqueur du tournoi (2022, 2025), contre Ben Shelton à 20 h 30. Le tableau masculin a déjà perdu sept des dix premières têtes de série avant les quarts, preuve d’un chaos permanent. Dans ce contexte, Alcaraz fait figure de point fixe, de favori naturel. Axson le donne gagnant face à Shelton, malgré la puissance et l’audace du gaucher américain.
Mercredi, la partie haute du tableau devrait, sur le papier, suivre une trajectoire plus linéaire. Alexander Zverev, n°1, est annoncé en gestionnaire solide face à Botic van de Zandschulp. Le Néerlandais sort d’un marathon : cinq sets, trois tie-breaks lundi pour arracher sa place en quarts. Zverev, lui, avance avec une impression de contrôle. Axson le voit profiter de la fatigue de son adversaire pour continuer sa route sans trop trembler.
La surprise pourrait venir de l’autre quart de cette moitié de tableau. Karen Khachanov, non tête de série, a déjà bousculé la hiérarchie. Il est pronostiqué vainqueur d’Alexander Blockx, n°28, pour s’offrir une demi-finale face à Zverev. Un choc de styles, un duel entre un n°1 en quête de confirmation et un outsider sans complexe.
Si les prévisions se réalisent, les demi-finales masculines aligneraient donc Carlos Alcaraz contre Frances Tiafoe d’un côté, Alexander Zverev contre Karen Khachanov de l’autre. Un mélange de certitudes et d’inattendu, d’anciens vainqueurs et de chasseurs de première couronne.
Les tableaux sont dessinés, les scénarios esquissés. Reste la part la plus imprévisible : la nuit new-yorkaise, ce public qui bascule un match, et ces joueurs qui, en deux sets gagnés ou perdus, peuvent changer le visage d’un tournoi et, parfois, d’une carrière. Qui osera briser la logique annoncée ?




