logo

Les Nuggets à un mois du départ : enjeux clés à Denver

Dans exactement un mois, les Denver Nuggets relancent la machine. Un premier test XXL, loin de leurs bases, sur le parquet de l’Oklahoma City Thunder, avec un duel de franchise players qui sent déjà la nuit de playoffs : Nikola Jokic face à Shai Gilgeous-Alexander. Le camp d’entraînement arrive dans une semaine, la présaison dans deux. Le décor se met en place. Les interrogations, elles, sont déjà bien là.

DeMar DeRozan, star de banc ou problème de riche ?

La question domine toutes les autres : comment DeMar DeRozan va-t-il s’intégrer dans cette équipe ?

Denver a perdu Tim Hardaway Jr. et Peyton Watson pendant l’intersaison. Sur le papier, la réponse a été brutale : un six fois All-Star, 37 ans, un CV de futur Hall of Famer, débarque pour combler le vide. DeRozan, c’est du scoring sûr, du playmaking propre, une maîtrise des tempos qui manque cruellement à une deuxième unité longtemps trop fragile.

Mais cette fois, le décor change pour lui. Radicalement. DeRozan n’a plus quitté un cinq majeur en NBA depuis sa saison rookie, en 2009-10. Quinze ans à commencer les matches, à être une option offensive majeure, à avoir la balle dans les mains quand ça compte. À Denver, la logique le pousse vers un rôle de sixième homme.

Acceptera-t-il de mener la seconde unit, d’entrer dans le match quand Jokic sort, de porter l’attaque des remplaçants plutôt que d’ouvrir le bal ? Les Nuggets ont besoin que la réponse soit oui. Pas plus, pas moins.

Sans lui, le banc ressemblait à un pari risqué, presque un aveu de faiblesse. Il leur faut un vétéran capable de poser le jeu, de créer pour les autres et d’aller chercher des points quand l’attaque se grippe. DeRozan sait faire tout cela. Il le fait depuis 16 ans, sans variation majeure.

Les doutes ne portent pas sur son niveau, ni sur sa capacité à s’adapter au système. Ils se concentrent sur son ego de titulaire historique, sur sa gestion d’un nouveau statut. À Denver, le succès de la saison pourrait bien se jouer dans ces premières minutes où il se lèvera du banc.

Lonnie Walker IV, dernière place ou dernière chance ?

L’autre dossier chaud se joue en bout de banc, mais il n’a rien d’anecdotique. Lonnie Walker IV tente un nouveau retour en NBA. Son deuxième après un passage en EuroLeague, où il a porté les couleurs du Maccabi Tel-Aviv lors de la saison 2025-26.

Les Nuggets lui ont offert un contrat d’un an non garanti. Traduction : ils ont jusqu’à la soirée d’ouverture pour décider s’il reste ou non. À 27 ans, le guard a le talent pour la ligue, il l’a déjà montré. La question n’est pas de savoir s’il est au niveau, mais si Denver veut utiliser sa dernière place d’effectif sur lui.

Une partie du front office aimerait garder ce spot libre, pour garder une marge de manœuvre pendant la saison. Mais la réalité du terrain est plus brutale : la rotation arrière derrière les titulaires n’est pas gravée dans le marbre.

Lors de son dernier passage en NBA, sous le maillot des Philadelphia 76ers en fin de saison 2024-25, Walker tournait à 12,4 points, 3,2 rebonds et 2,5 passes sur 20 matches. Des chiffres solides pour un joueur de rotation. Un scoreur capable de créer son tir, de poser la balle au sol, et d’apporter un punch offensif immédiat.

Face à lui, la concurrence interne n’est pas insurmontable. Sur le papier, Tyus Jones et Julian Strawther forment le backcourt remplaçant projeté. Walker, lui, offre un profil plus explosif, plus porté sur le scoring pur.

Les Nuggets doivent trancher : la sécurité d’un spot ouvert, ou l’option d’un guard offensif déjà rôdé aux joutes NBA. Pour Walker, chaque séance d’entraînement à Denver ressemble déjà à un camp d’évaluation.

David Adelman face à l’heure de vérité

Au-dessus de tout cela plane un autre enjeu, plus lourd, plus structurant : le banc, cette fois au sens large. David Adelman aborde sa deuxième saison complète comme head coach des Nuggets, après avoir pris les rênes à trois matches du début de la campagne de playoffs 2025. Depuis, les résultats en séries ont un goût amer.

En 2025, l’aventure s’est arrêtée au deuxième tour. Cette année, la chute a été encore plus brutale : une élimination dès le premier tour, vécue comme une humiliation pour une équipe bâtie autour de Nikola Jokic et Jamal Murray.

Le constat est clair. L’an dernier, Denver a terminé avec la meilleure attaque de la ligue. Mais la défense, elle, a plongé au 21e rang. Une fracture trop profonde pour viser le titre. Adelman doit rééquilibrer cette équipe. Rendre l’attaque toujours aussi létale, tout en durcissant le ton de l’autre côté du terrain. L’arrivée de Dave Joerger comme nouveau top assistant va dans ce sens : un technicien réputé pour sa rigueur défensive, sa capacité à structurer un collectif sans ballon.

Reste à savoir si cela suffira. Car la vérité est implacable : aussi brillants soient-ils, Jokic et Murray ne peuvent pas compenser indéfiniment les failles structurelles. Cette version des Nuggets ira seulement aussi loin que son coach saura l’emmener.

Jusqu’ici, Adelman n’a pas prouvé qu’il pouvait les guider jusqu’au titre. La saison qui arrive ressemble déjà à un examen final. À Denver, personne ne le dira publiquement, mais la question flotte dans l’air : si ce n’est pas maintenant, quand ? Et surtout, avec qui sur le banc ?