Nicolo Tresoldi : un choix crucial entre l’Italie et l’Allemagne
Nicolo Tresoldi n’a pas encore tranché. Contrairement à ce qui a circulé fin août, l’attaquant du Club Brugge n’a pas définitivement choisi de porter le maillot de l’Italie. Les discussions avec Roberto Mancini, nouveau sélectionneur de la Nazionale, et Claudio Ranieri, directeur technique de la FIGC, n’ont pas débouché sur un engagement ferme.
À Coverciano, le message du buteur a été clair : il veut du temps. Du temps pour réfléchir, du temps pour terminer son cycle avec les espoirs allemands. Il a même demandé à ne pas être convoqué pour les prochaines rencontres de Nations League. Résultat : la FIGC a gelé, pour l’instant, la procédure de changement d’association auprès de la FIFA, comme le révèlent la Gazzetta dello Sport et La Repubblica.
Entre Cagliari, Hanovre et Bruges, un destin partagé
Le dossier Tresoldi est tout sauf banal. Né à Cagliari d’un père italien et d’une mère argentine, il a passé son enfance en Italie avant de déménager en Allemagne à l’âge de 13 ans. C’est là qu’il se construit comme joueur, dans le système du Hannover 96, dont il devient l’un des produits les plus prometteurs.
En 2025, il quitte la Bundesliga 2 pour la Belgique : le Club Brugge débourse 7,5 millions d’euros pour l’arracher à Hanovre. Un pari. Rapidement gagnant.
À Bruges, Tresoldi s’impose, marque, pèse. Ses performances déclenchent aussitôt une vague de rumeurs de transferts et attisent les convoitises des fédérations. L’Italie croit tenir son homme lorsque la Gazzetta annonce, fin août, qu’il a choisi la Nazionale. En Allemagne, Bild se montre plus prudente : pour le quotidien, l’ancien joueur de Hannover reste indécis. Les faits leur donnent raison.
Un buteur en feu avec Bruges et les espoirs allemands
Sur le terrain, Tresoldi ne doute pas. Avec les équipes de jeunes de la DFB, il empile les buts depuis les moins de 19 ans. Avec les moins de 21 ans, son bilan parle pour lui : 12 réalisations en 24 sélections. Une régularité qui n’a rien d’anodin à ce niveau.
Sa forme actuelle à Bruges confirme la tendance. Cinq buts en sept matchs depuis le début de la saison. Mardi, il a encore frappé, signant un nouveau but lors de la défaite 3-2 du Club Brugge face à Aston Villa en Champions League. Dans une soirée frustrante pour les Belges, son sens du but a de nouveau sauté aux yeux.
Nagelsmann l’avait déjà dans le viseur
Cette efficacité n’est pas passée inaperçue du côté de la Mannschaft. Lors de la dernière Coupe du monde, Nicolo Tresoldi figurait déjà dans les plans de Julian Nagelsmann. L’ancien sélectionneur l’a reconnu : l’attaquant était « vraiment très proche » d’une convocation.
Nagelsmann voyait en lui un joueur doté de « cet instinct spécial dans la surface ». Finalement, la liste s’est refermée sans lui, mais le technicien avait laissé une porte grande ouverte : le « temps » de Tresoldi en sélection allemande finirait par arriver.
Ce temps-là pourrait bien se rapprocher.
Klopp entre en scène, l’Italie se reconstruit
Depuis, le paysage a changé. L’Allemagne a vécu une Coupe du monde catastrophique aux États-Unis, au Canada et au Mexique. Julian Nagelsmann a quitté son poste. Jürgen Klopp a pris la relève, avec la mission de relancer une sélection en crise d’identité.
Klopp dévoilera sa première liste le 17 septembre. Il n’a pas encore commenté le cas Tresoldi. Silence stratégique ou simple prudence ? Une chose est sûre : l’attaquant de Bruges offre un profil rare, déjà mûr, habitué au haut niveau européen et encore jeune.
De l’autre côté, l’Italie traverse elle aussi une phase de reconstruction. Roberto Mancini est revenu aux commandes après un nouvel échec retentissant : la Nazionale a encore manqué la qualification pour la Coupe du monde. L’urgence est double, sportive et symbolique.
Lors de la prochaine trêve internationale, l’Italie affrontera la Belgique le 25 septembre, la France le 2 octobre, puis la Turquie à deux reprises, les 28 septembre et 5 octobre, en Nations League. Autant de rendez-vous taillés pour tester de nouveaux visages. Tresoldi aurait pu en être. Il a choisi d’attendre.
Un choix de carrière, un choix de vie
Pour l’instant, le dossier est suspendu. L’Italie patiente, l’Allemagne observe, la FIFA attend un signal. Tresoldi, lui, continue de marquer.
Entre le pays où il est né, celui où il a grandi et celui où il explose, l’attaquant du Club Brugge se retrouve au centre d’un triangle footballistique et identitaire. À 22 ans, il sait que la décision qu’il prendra sera définitive. Elle dira autant de choses sur sa carrière que sur la manière dont il se définit lui-même.
La prochaine liste de Jürgen Klopp, les choix de Roberto Mancini, la continuité de ses performances avec les moins de 21 ans allemands et avec Bruges : tout va désormais peser dans la balance.
La question n’est plus de savoir si Nicolo Tresoldi jouera un jour une grande compétition internationale. Elle est de savoir sous quel maillot il choisira d’écrire cette histoire.




