Mason Greenwood et Matteo Guendouzi sous enquête de l’UEFA après le chaos à Lyon
Mason Greenwood et Matteo Guendouzi dans le viseur de l’UEFA après le chaos de Lyon – Fenerbahçe
La qualification de Fenerbahçe pour la phase de ligue de la Ligue des champions devait être une soirée de fête. Elle restera surtout comme une nuit de tension. Et désormais, comme le point de départ d’une procédure disciplinaire de l’UEFA visant Mason Greenwood, Matteo Guendouzi et le club turc lui‑même.
Une fin de match qui dégénère
Sur le terrain, Fenerbahçe a fait le travail au Groupama Stadium, s’imposant 2-1 face à Lyon lors du barrage retour fin août. Mais le coup de sifflet final a ouvert une autre rencontre, beaucoup moins maîtrisée.
Les célébrations des joueurs stambouliotes ont rapidement été perturbées par des heurts avec des supporters lyonnais. Des fans ont tenté de forcer l’accès à la pelouse, créant un climat électrique autour de Mason Greenwood, pris dans la mêlée au milieu de ses coéquipiers.
La tension n’est pas restée cantonnée au terrain. Elle a glissé vers le tunnel, où joueurs et membres des staffs des deux camps se sont retrouvés au cœur d’une confrontation confuse. Une personne vêtue d’un survêtement semblant appartenir à Lyon est alors apparue et a tenté ce qui ressemblait à un coup de pied sauté en direction de Matteo Guendouzi. L’image a fait le tour des réseaux, symbole d’une soirée qui a largement dépassé le cadre sportif.
C’est dans ce contexte que l’UEFA a ouvert une enquête disciplinaire visant Greenwood pour son rôle dans ces incidents d’après‑match, et Guendouzi pour des gestes jugés provocateurs envers le public lyonnais au moment de quitter la pelouse.
Fenerbahçe monte au créneau
Le club turc n’a pas tardé à officialiser la procédure engagée par l’instance européenne et à afficher sa ligne de défense. Dans un communiqué, Fenerbahçe confirme que l’UEFA a ouvert un dossier concernant Guendouzi, Greenwood et le club lui‑même à la suite de ce barrage retour.
Le message est clair : le club entend se battre sur le terrain juridique comme il l’a fait sur la pelouse. Fenerbahçe annonce qu’il présentera ses arguments devant les commissions compétentes de l’UEFA afin de protéger les intérêts de ses deux joueurs et de l’institution. Dossiers, vidéos, rapports internes : tout sera transmis, assure le club, qui dit suivre de près l’évolution du dossier.
En filigrane, une volonté de reprendre la main sur un récit qui échappe depuis plusieurs jours, tant les images de la fin de match ont marqué les esprits.
Guendouzi raconte l’hostilité des tribunes
Au-delà de la procédure, Matteo Guendouzi a livré sa version du climat ressenti au Groupama Stadium. Le milieu français décrit une soirée sous un flot continu d’insultes venues des tribunes.
Il raconte avoir été pris pour cible, lui et ses proches, bien avant le coup d’envoi. Selon lui, près de 60 000 personnes ont passé la soirée à insulter sa famille, sa mère, ses enfants, sans que le corps arbitral n’intervienne pour calmer les tribunes ou interrompre le match.
Guendouzi rappelle qu’en France, dans ce type de situation, il arrive que le jeu soit arrêté et qu’un message soit adressé au public. Là, rien. Pendant l’échauffement, pendant les 90 minutes, au‑delà même du temps réglementaire, les mêmes attaques personnelles. Il parle d’un sentiment profond de manque de respect, et assume que, si l’on veut « chambrer », cela fonctionne dans les deux sens. Pour lui, la limite a été franchie lorsque les insultes ont visé sa mère et sa famille.
Dans ce contexte, ses réactions à chaud face au public lyonnais prennent une autre dimension : celle d’un joueur à bout de nerfs après une soirée passée sous les huées et les invectives.
Le vestiaire fait bloc
Ismail Kartal, entraîneur de Fenerbahçe, n’a pas laissé Guendouzi seul face à la tempête. Le technicien turc a publiquement assuré son milieu de terrain de tout son soutien. Il a insisté sur la solidarité du groupe, expliquant que l’équipe s’était immédiatement rassemblée autour du Français après ces événements.
Pour Kartal, ce réflexe d’unité incarne l’idée même du collectif : un vestiaire qui protège les siens, sur le terrain comme en dehors. Un message adressé autant à l’extérieur qu’à l’intérieur du club, alors que les regards se tournent désormais vers l’UEFA.
Greenwood, entre renaissance sportive et nouvelle tourmente
Pour Mason Greenwood, cette affaire vient troubler un début d’aventure déjà très scruté. L’attaquant anglais, ancien de Manchester United, a rejoint Fenerbahçe en juillet en provenance de Marseille avec un contrat de quatre ans. Sportivement, son intégration s’est traduite par une contribution à une qualification historique : le club stambouliote retrouve la phase principale de la Ligue des champions pour la première fois depuis 2009.
Cette montée en puissance sur la scène européenne le place à nouveau sous les projecteurs. Le tirage au sort l’a propulsé dans une phase de ligue relevée, avec des affiches face à AS Roma, Aston Villa, Slavia Praha, Liverpool, Shakhtar Donetsk, LASK, Villarreal et Atletico Madrid.
En toile de fond, une intrigue supplémentaire : Manchester United fait lui aussi son retour dans la compétition. Si les deux clubs parviennent à franchir la phase de ligue, la possibilité d’un duel entre Greenwood et son ancien club se dessinera. Une affiche lourde de symboles, sur laquelle plane désormais l’ombre de cette procédure disciplinaire.
Fenerbahçe avance donc avec un double enjeu : défendre ses joueurs dans les bureaux de l’UEFA, et capitaliser sur son retour au premier plan européen. La question est simple : jusqu’où ce groupe, déjà mis à l’épreuve hors du terrain, pourra‑t‑il aller quand la compétition basculera dans le très haut niveau ?




