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Maresca s’adapte avant le derby de Manchester

À deux jours d’un derby de Manchester déjà chargé de sous-entendus, Enzo Maresca a choisi son camp : celui de la normalité. Son Manchester City arrivera au rendez-vous de Premier League avec quarante-huit heures de repos de plus que Manchester United, mais l’Italien n’a aucune envie de transformer le calendrier en sujet central.

Mardi soir, City est allé s’imposer 2-0 à Porto en Ligue des champions. Jeudi, United a écrasé Sabah 4-0, avec un coup d’envoi deux jours plus tard et donc une récupération nettement plus courte avant le choc de dimanche. De quoi nourrir un discours sur l’injustice ? Pas pour Maresca.

Le précédent Napoli – Arsenal en tête

Le manager de City a immédiatement replongé dans un souvenir récent : septembre dernier. À l’époque, le club sortait d’un déplacement tardif à Napoli, avec un coup d’envoi à 20h00, avant d’affronter Arsenal deux jours plus tard. Les Gunners, eux, avaient joué leur match européen dès le mardi, en début de soirée, sur la pelouse de l’Athletic Club.

Le déséquilibre, City l’a déjà vécu. Et Maresca ne l’oublie pas.

« Pour être honnête, le club m’a dit que c’était exactement la même chose l’an dernier, quand le club a joué Napoli puis, deux jours après, Arsenal », a-t-il rappelé au micro de BBC Sport.

À l’époque, Pep Guardiola avait désamorcé le sujet par l’humour, évoquant une préparation façon « randonnée en montagne » avant d’aller à l’Emirates Stadium. Le fond, lui, reste le même : on joue, on récupère, on rejoue.

« Parfois, ça arrive dans le football. Je n’ai aucun doute que Manchester United sera prêt. Ce qui compte, c’est de s’adapter. »

Une saison étirée par la nouvelle Ligue des champions

Derrière cet épisode de calendrier, c’est toute la nouvelle architecture de la saison qui se dessine. L’élargissement de la Ligue des champions impose désormais deux matchs supplémentaires en phase de ligue avant la fin janvier. Pour les clubs anglais, ces dates viennent s’empiler sur un calendrier déjà saturé par la Premier League et les coupes nationales, dont la Carabao Cup.

La semaine prochaine, City recevra Norwich au troisième tour, jeudi. United accueillera Brighton la veille à Old Trafford. Les rotations seront scrutées, les états de forme disséqués, mais Maresca refuse d’y voir un complot ou un avantage durable.

Interrogé sur le fait de savoir si, à la longue, tout finit par s’équilibrer, il a répondu sans détour : « Je pense que ça arrive et qu’il faut s’adapter. C’est arrivé avec nous l’an dernier, cette saison avec eux, la saison prochaine ce sera une autre équipe. »

Pas de projection sur Carrick

L’autre homme au centre de cette équation, c’est Michael Carrick. Son United a démarré plus lentement en championnat, avec seulement quatre points en trois journées, et doit composer avec une préparation écourtée avant le rendez-vous le plus exposé de la saison.

Maresca, lui, refuse de parler à sa place. « C’est une question pour Michael », a-t-il tranché lorsqu’on lui a demandé comment son homologue pouvait vivre ce désavantage de calendrier. « La seule chose que je peux dire, c’est que ça arrive et qu’il faut s’adapter. »

Message répété, presque martelé : s’adapter, encore et toujours. Ni plainte, ni triomphalisme. Juste une manière de poser le décor avant son tout premier derby de Manchester sur le banc de City.

Un premier derby pour un City déjà lancé

Car derrière les débats sur les jours de repos, il y a le terrain. Et là, le contraste est net. City a démarré la saison à pleine vitesse : trois matchs de Premier League, trois victoires. Un début « superbe », pour reprendre le qualificatif qui circule déjà autour du groupe de Maresca.

United, de son côté, avance à pas plus mesurés. Quatre points pris sur neuf possibles, des interrogations qui persistent, et ce derby qui arrive très tôt, presque comme un révélateur.

Maresca sait ce que ce rendez-vous représente. « C’est très important pour différentes raisons, a reconnu l’Italien. Nous savons à quel point un derby est important, surtout ici. C’est un match spécial. »

Pas question, pour autant, de se perdre dans l’émotion ou la dramaturgie. Son fil conducteur reste limpide : « La chose la plus importante que nous puissions faire, c’est essayer d’être nous-mêmes. Ensuite, on verra le résultat final. »

Le décor est planté. Le calendrier a parlé, les entraîneurs beaucoup moins. Dimanche, ce ne sera plus une question de jours de repos, mais de savoir quelle Manchester impose sa loi.